Un jeune influenceur français de 20 ans, connu pour ses prises de parole sur la santé mentale, s’est donné la mort le 31 juillet dernier. Lhabib Lewis, qui comptait plus de 120 000 abonnés sur TikTok, était devenu une figure du partage d’expériences liées aux troubles psychologiques, tout en étant victime de cyberharcèlement depuis l’adolescence. Sa famille a annoncé son décès dans un communiqué publié le 31 juillet, selon Libération.
Ce qu'il faut retenir
- Lhabib Lewis, 20 ans, s’est suicidé le 31 juillet après des années de souffrance liées à des pensées suicidaires et au cyberharcèlement.
- Il était suivi par plus de 120 000 abonnés sur TikTok, où il abordait ses difficultés psychologiques.
- Sa famille a annoncé sa mort dans un communiqué publié le même jour, révélant ainsi la tragédie.
- Son cas soulève à nouveau la question des conséquences du harcèlement en ligne sur la santé mentale des jeunes.
Un parcours marqué par la souffrance et la résilience
Lhabib Lewis avait choisi de transformer son expérience personnelle en un outil de sensibilisation. Sur TikTok, il partageait régulièrement des vidéos sur ses troubles anxieux et dépressifs, espérant briser les tabous autour de la santé mentale. Autant dire que son public, composé majoritairement de jeunes, trouvait dans ses mots un écho à leurs propres difficultés. Pourtant, derrière cette visibilité se cachait une réalité bien plus sombre : des années de harcèlement en ligne, comme il l’avait lui-même évoqué dans plusieurs de ses publications.
Selon des proches cités par Libération, les premières manifestations de cyberharcèlement remontent à l’adolescence. Les insultes, les moqueries et les intimidations en ligne avaient progressivement aggravé son état psychologique, malgré son engagement pour aider d’autres personnes dans la même situation. Son combat, à la fois public et intime, illustre la dualité entre la volonté de partager et la vulnérabilité face à la violence numérique.
Un appel à l’aide ignoré par une partie de son audience
Dans ses dernières publications, Lhabib Lewis avait multiplié les alertes sur son mal-être. Certains messages, comme celui du 28 juillet, laissaient entrevoir une détresse profonde : «
Je ne veux plus souffrir, mais je ne sais plus comment faire. Je suis épuisé.» Malgré ces signaux, le harcèlement s’est poursuivi, aggravant son isolement. Son cas n’est malheureusement pas isolé : de nombreux influenceurs et créateurs de contenu subissent des pressions similaires, souvent amplifiées par l’anonymat des réseaux sociaux.
D’après des associations spécialisées dans la prévention du suicide, les jeunes comme Lhabib Lewis sont particulièrement exposés aux risques liés au cyberharcèlement. Les études montrent que les victimes de harcèlement en ligne présentent un risque accru de dépression et de comportements suicidaires. Son histoire rappelle celle d’autres influenceurs, comme Laëtitia Eidio, dont les témoignages sur les violences psychologiques avaient marqué les esprits avant leur disparition.
Une famille en deuil et un hommage spontané
La famille de Lhabib Lewis a rendu public son décès via un message sobre mais poignant, diffusé sur ses réseaux sociaux. « Nous perdons notre fils, notre frère, notre ami. Il nous manquera plus que les mots ne peuvent le dire », peut-on lire dans le communiqué. Des milliers d’utilisateurs ont réagi en partageant des témoignages de soutien et en saluant son courage. Certains ont souligné l’importance de ses messages, qui avaient aidé des jeunes à chercher de l’aide ou à se sentir moins seuls.
Dans les heures qui ont suivi l’annonce, des veillées virtuelles ont été organisées en son honneur, tandis que des pétitions demandant une meilleure régulation des réseaux sociaux ont circulé. Ces réactions témoignent de l’impact qu’il avait eu sur sa communauté, malgré les épreuves qu’il traversait. Pour ses proches, son héritage restera celui d’un combat inachevé contre la stigmatisation des troubles psychiques.
Son cas, comme celui de tant d’autres, pose une question simple : combien de jeunes faudra-t-il encore perdre avant que les plateformes numériques et les institutions ne prennent enfin cette menace au sérieux ?
Selon Libération, il comptait plus de 120 000 abonnés sur TikTok, où il partageait régulièrement des vidéos sur sa santé mentale et ses expériences liées au cyberharcèlement. Aucun autre réseau social n’est mentionné dans les informations disponibles.
Une réunion est organisée le 15 août au ministère de la Santé pour discuter des pistes d’action, notamment en matière de prévention et de soutien aux jeunes victimes de cyberharcèlement. Aucune décision n’a encore été annoncée, mais plusieurs associations militent pour un renforcement des dispositifs d’alerte sur les réseaux sociaux.