Un homme de 37 ans a été interpellé en Turquie après la mort de son épouse, enceinte de sept mois, tombée du balcon de leur appartement à Bursa, dans l’ouest du pays, comme le rapporte Le Figaro.

Ce qu'il faut retenir

  • Le décès de la victime, âgée de 35 ans et de nationalité soudanaise, est survenu le 3 août 2026 dans un immeuble du troisième étage à Bursa.
  • L’époux, admettant une addiction aux solvants et des disputes fréquentes avec son épouse, a été placé en garde à vue.
  • Selon l’agence Anadolu, la victime avait été accueillie en juin dans un centre d’hébergement pour victimes de violences familiales avant de rentrer chez elle le 8 juillet.
  • En 2025, l’organisation « Nous mettrons fin aux féminicides » avait recensé 294 féminicides et 297 décès suspects, dont des chutes mortelles classées comme « suicides » ou « non élucidés ».
  • La Turquie a dénoncé en juillet 2021 la convention d’Istanbul, qui impose une enquête systématique sur les morts violentes de femmes.

Un drame survenu en pleine dispute familiale

L’époux de la victime, âgé de 37 ans, était présent au domicile du couple au moment où son épouse de 35 ans est tombée du balcon de leur appartement situé au troisième étage d’un immeuble de Bursa. La scène s’est déroulée le 3 août 2026, selon les informations relayées par les médias turcs et l’agence Anadolu, reprise par Le Figaro.

Selon les premières investigations, l’homme a affirmé aux autorités que son épouse avait sauté après une nouvelle dispute. Il a également reconnu souffrir d’une addiction aux solvants, un problème qu’il évoquait régulièrement avec sa femme, qu’il avait rencontrée au Soudan. Le couple avait une fille de trois ans.

Un parcours marqué par la précarité et les violences conjugales

La victime, de nationalité soudanaise, avait été accueillie en juin 2026 dans un centre d’hébergement spécialisé dans l’accueil des victimes de violences familiales à Bursa. Elle y était restée quelques semaines avant de rentrer chez elle le 8 juillet, comme l’a précisé l’agence Anadolu. Ce retour dans le foyer conjugal intervient alors que le pays fait face à une recrudescence des violences à l’encontre des femmes.

La Turquie ne publie pas de chiffres officiels sur les féminicides, laissant cette tâche à des associations locales. Selon les données compilées par l’organisation « Nous mettrons fin aux féminicides », 215 femmes ont été tuées ou retrouvées mortes dans des circonstances suspectes au cours des sept premiers mois de 2026.

Un contexte national marqué par l’augmentation des violences faites aux femmes

En 2025, l’association avait recensé 294 féminicides, c’est-à-dire des meurtres perpétrés par des hommes sur des femmes en raison de leur genre, ainsi que 297 décès suspects supplémentaires. Parmi ces derniers figuraient des chutes mortelles depuis des balcons, souvent classées comme « suicides » ou « non élucidés » par les autorités. Ces chiffres illustrent une tendance alarmante, alors que la Turquie avait dénoncé en juillet 2021 la convention d’Istanbul, un traité international visant à lutter contre les violences faites aux femmes et à garantir une enquête systématique sur les morts violentes.

« La Turquie ne publie pas de statistiques officielles sur les féminicides, ce qui rend difficile l’évaluation précise de l’ampleur du phénomène. Les associations doivent s’appuyer sur des articles de presse pour compiler leurs données », a souligné un représentant de l’organisation « Nous mettrons fin aux féminicides ».

Bursa, une ville sous le choc

La ville de Bursa, située à l’ouest de la Turquie, est désormais sous le choc après ce drame. Les voisins du couple ont déclaré aux autorités avoir souvent entendu des disputes au sein du foyer, sans pour autant intervenir. « On entendait parfois des éclats de voix, mais on ne savait pas que c’était aussi grave », a témoigné un résident du quartier, sous couvert d’anonymat. L’immeuble où s’est produit le drame a été placé sous scellés par la police, qui mène une enquête pour déterminer les circonstances exactes de la chute.

Les autorités turques n’ont pas encore communiqué de détails supplémentaires sur l’enquête en cours. Cependant, l’interpellation de l’époux laisse présager une qualification pénale pour ce décès, bien que les motivations exactes restent à établir.

Et maintenant ?

L’enquête devrait se poursuivre dans les prochaines semaines pour déterminer si le décès doit être requalifié en féminicide ou en homicide involontaire. Les résultats de l’autopsie, attendus d’ici la fin du mois d’août, pourraient apporter des éléments déterminants. Par ailleurs, les associations locales appellent à une meilleure application de la convention d’Istanbul, dont le retrait par la Turquie en 2021 avait suscité une vive polémique internationale.

Dans l’immédiat, le mari de la victime reste en garde à vue, tandis que la famille de la défunte, toujours sous le choc, a demandé le soutien des autorités consulaires soudanaises pour les démarches administratives liées au rapatriement du corps.

La Turquie ne publie pas de statistiques nationales sur les féminicides, contrairement à de nombreux pays européens. Les associations locales, comme « Nous mettrons fin aux féminicides », doivent donc s’appuyer sur des articles de presse et des signalements pour compiler leurs propres données. Cette absence de transparence officielle complique l’évaluation précise de l’ampleur du phénomène et limite la mise en place de politiques publiques adaptées.