Le musée de Tchernobyl, situé à Kyiv, a subi de graves dommages en mai 2026 après qu’un missile russe a détruit près de 40 % de son exposition, selon Libération. Cette attaque, qualifiée de « crime mémoriel » par les chercheurs Laurent Coumel et Tatiana Kasperski, prive le public d’un témoignage essentiel sur la catastrophe nucléaire de 1986.
Ce qu'il faut retenir
- Un missile russe a détruit 40 % de l’exposition du musée de Tchernobyl à Kyiv en mai 2026.
- L’attaque vise des objets et documents historiques liés à la catastrophe nucléaire de 1986.
- Les chercheurs Laurent Coumel et Tatiana Kasperski appellent à la restauration intégrale du musée.
- Cette destruction s’inscrit dans une stratégie plus large de ciblage du patrimoine ukrainien par la Russie.
Un patrimoine culturel gravement endommagé
Le musée de Tchernobyl à Kyiv abritait jusqu’à présent l’une des plus importantes collections d’archives et d’objets liés à la catastrophe de 1986. Libération indique que près de 40 % des pièces exposées ont été détruites ou endommagées lors de l’attaque de mai 2026. Parmi les éléments perdus figurent des témoignages directs de liquidateurs, des équipements d’époque et des documents administratifs soviétiques.
Selon les premières estimations, la restauration complète du musée pourrait prendre plusieurs années et nécessiter un budget de plusieurs millions d’euros. Les responsables du musée ont précisé que les objets restants avaient été mis à l’abri dans des lieux sécurisés, mais que leur état de conservation reste incertain.
Un crime contre la mémoire, selon les chercheurs
Les historiens Laurent Coumel et Tatiana Kasperski ont vivement réagi à cette destruction, la qualifiant de « crime mémoriel ». Dans une tribune publiée par Libération, ils soulignent que la perte de ces archives prive l’Ukraine et le monde d’un pan essentiel de l’histoire du XXe siècle. Coumel a déclaré : «
Détruire un musée dédié à Tchernobyl, c’est effacer une partie de la mémoire collective. Ces objets racontent une histoire que le Kremlin veut oublier.»
Les deux chercheurs rappellent que le musée de Kyiv était un lieu de transmission crucial, notamment pour les jeunes générations. Kasperski a ajouté : «
La Russie ne détruit pas seulement des bâtiments, elle s’attaque à la vérité historique.» Leur appel à la restauration intégrale vise à contrer cette volonté d’effacement.
Un ciblage systématique du patrimoine ukrainien
Cette attaque contre le musée de Tchernobyl s’inscrit dans une série de destructions du patrimoine culturel ukrainien depuis le début de la guerre en 2022. Selon l’UNESCO, plus de 300 sites culturels ont été endommagés ou détruits en Ukraine, dont des musées, des églises et des bibliothèques. Libération rappelle que la Russie a été accusée à plusieurs reprises de cibler délibérément ces lieux pour affaiblir l’identité nationale ukrainienne.
Le musée de Tchernobyl, inauguré en 1992, était l’un des rares espaces dédiés à la mémoire de la catastrophe nucléaire. Il abritait notamment des vêtements portés par les liquidateurs, des instruments de mesure de l’époque et des archives soviétiques classifiées. Autant dire que sa destruction partielle prive l’Ukraine d’un symbole fort de sa résilience.
La restauration du musée de Tchernobyl dépendra largement du soutien financier et technique apporté par les partenaires internationaux. Sans une mobilisation rapide, une partie de la mémoire de la catastrophe de 1986 pourrait disparaître à jamais.
Selon plusieurs experts, dont Laurent Coumel, la Russie cherche à effacer la mémoire historique de l’Ukraine pour justifier son invasion. Les musées, archives et monuments sont des cibles privilégiées dans cette stratégie de déni de l’identité ukrainienne.