Deux ans après l’assassinat de Philippine Le Noir de Carlan, 19 ans, dans le bois de Boulogne, sa famille réclame des comptes. L’étudiante, brillante et prometteuse, a été victime d’un homme déjà connu des services de police pour des faits de viol et visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Comme le rapporte Le Figaro, les proches de la jeune femme, déterminés à obtenir des réponses, n’excluent pas d’engager la responsabilité de l’État et des autorités judiciaires dans les semaines à venir.
Ce qu'il faut retenir
- Le 20 septembre 2024, Philippine Le Noir de Carlan, 19 ans, était tuée dans le bois de Boulogne.
- Son meurtrier présumé, Taha Oualidat, 22 ans, était déjà condamné pour viol et visé par une OQTF.
- La famille dénonce des dysfonctionnements multiples dans le parcours judiciaire et administratif du suspect.
- Les proches prévoient d’engager la responsabilité de l’État et de l’autorité judiciaire.
- L’affaire rappelle celle de Lyhanna, dont le cas avait révélé des lacunes similaires.
Un parcours judiciaire et administratif déjà entaché
Le drame s’est produit le 20 septembre 2024, alors que Philippine quittait les locaux de l’université Paris-Dauphine. Son agresseur, Taha Oualidat, était un Marocain de 22 ans déjà condamné pour viol et sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Pour la famille, le profil de l’accusé révèle des failles majeures : comment un individu aux antécédents aussi lourds a-t-il pu échapper à une surveillance stricte ?
Me Virginie Le Roy, avocate de la famille, insiste sur cette question. « Les différents acteurs du parcours judiciaire et administratif du suspect doivent des réponses à la famille de Philippine », a-t-elle déclaré au Figaro. Selon elle, les dysfonctionnements ne se limitent pas à une simple erreur, mais relèvent d’une chaîne de défaillances à analyser.
Une famille en quête de vérité et de justice
Pour Blandine Le Noir de Carlan, mère de Philippine, l’horreur de la situation reste intacte. « Je suis horrifiée par la tragédie qu’a vécue Lyhanna et je ressens une tristesse infinie pour ses parents et sa famille », a-t-elle confié. Mais son combat dépasse désormais l’émotion. Elle exige des explications sur la manière dont son agresseur a pu évoluer dans le système judiciaire et administratif sans que des mesures adéquates ne soient prises.
Deux ans après les faits, les questions restent nombreuses. Comment Taha Oualidat a-t-il pu être en France malgré son OQTF ? Pourquoi les alertes n’ont-elles pas permis d’éviter le pire ? Autant dire que la famille attend des réponses concrètes, et pas seulement des excuses.
Un précédent qui alourdit la colère des proches
Cette affaire rappelle celle de Lyhanna, une jeune femme dont le meurtre avait déjà révélé des lacunes dans la gestion des individus dangereux. Comme le souligne Le Figaro, le cas de Philippine s’inscrit dans une série de dysfonctionnements qui ont conduit à des plaintes contre l’État et le ministre de la Justice. La famille de Philippine ne compte pas en rester là et envisage, elle aussi, de saisir la justice pour obtenir réparation.
Le parcours de Taha Oualidat, de son arrivée en France à son crime, est aujourd’hui scruté à la loupe. Les révélations sur son passé, notamment un premier viol dissimulé à sa famille, ont choqué l’opinion publique. Pourtant, malgré ces antécédents, il est resté en France, où il a pu commettre l’irréparable.
Cette affaire, comme celle de Lyhanna avant elle, pose une question de fond : comment mieux protéger les citoyens face à des individus déjà condamnés pour des crimes graves ? La réponse dépendra des mesures qui seront prises suite à ces tragédies.
La famille estime que les dysfonctionnements du parcours judiciaire et administratif de Taha Oualidat, notamment son maintien en France malgré une OQTF et ses antécédents judiciaires, relèvent d’une responsabilité de l’État et des autorités judiciaires. Elle souhaite obtenir réparation pour le préjudice subi.