Deux manifestants ont été grièvement blessés, ce mardi 1er septembre 2026, à Bezannes, une commune située au sud-ouest de Reims, dans la Marne. Selon Franceinfo – Faits divers, ils ont été percutés par un bus de l’entreprise Dewitte de services ambulanciers alors qu’ils participaient à un piquet de grève devant les locaux de l’entreprise. Le patron de cette société, soupçonné d’être au volant du véhicule au moment des faits, a été placé en garde à vue pour « violences avec arme », le bus devenant selon la procédure une « arme par destination ».
Ce qu’il faut retenir
- Deux manifestants, une femme de 24 ans et un homme de 45 ans, ont été blessés lors de l’incident survenu à Bezannes, près de Reims.
- Le patron de l’entreprise Dewitte, suspecté d’avoir conduit le bus ayant percuté les grévistes, est en garde à vue pour « violences avec arme ».
- Les victimes ont été transportées en urgence relative au CHU de Reims.
- Le mouvement de grève, qui a débuté la veille, rassemble une trentaine de salariés dénonçant leurs conditions de travail et l’absence de primes.
- Un syndicat, la CFDT Transports, a annoncé son intention de déposer plainte.
Un mouvement social qui dégénère en incident violent
Le conflit social à l’entreprise Dewitte, spécialisée dans les services ambulanciers, a pris une tournure dramatique ce matin. Une trentaine de salariés avaient entamé un mouvement de grève dès lundi 31 août 2026 pour protester contre leurs conditions de travail jugées précaires et l’absence de revalorisation salariale, notamment l’absence de primes depuis plusieurs mois. Les négociations avec la direction, déjà tendues, se sont encore envenimées mardi matin, conduisant à l’occupation du site par les grévistes.
C’est dans ce contexte qu’un bus de l’entreprise, conduit selon les premières investigations par le dirigeant lui-même, aurait foncé sur les manifestants présents devant les locaux. Une vidéo, filmée par des témoins et relayée par des médias locaux, montre le véhicule s’élancer vers l’un des employés avant de les percuter. Les images, dont Franceinfo – Faits divers a eu connaissance, corroborent les témoignages des grévistes et des passants présents sur place.
Deux blessés graves hospitalisés, le parquet ouvre une enquête
Les deux victimes, une femme de 24 ans et un homme de 45 ans, ont été prises en charge par les secours sur place avant d’être transportées en urgence relative au CHU de Reims. Leurs blessures, bien que sérieuses, ne seraient pas selon les premiers rapports « en danger vital ». Le pronostic vital des deux manifestants n’est donc pas engagé, mais leur état de santé reste suivi de près par les équipes médicales.
Le parquet de Reims a ouvert une enquête pour « violences volontaires avec arme par destination ». Le procureur de la République a confirmé à nos confrères de Franceinfo – Faits divers que le dirigeant de l’entreprise Dewitte était bien en garde à vue, soupçonné d’avoir conduit le bus au moment des faits. « Le véhicule est considéré comme une arme par destination dès lors qu’il est utilisé pour porter atteinte à l’intégrité physique d’autrui », a précisé le magistrat, sans pour autant confirmer si d’autres personnes pourraient être mises en cause dans les prochaines heures.
La CFDT Transports dénonce un acte « volontaire » et annonce une plainte
Le syndicat CFDT Transports, qui représente une partie des salariés grévistes, a vivement réagi à l’incident. Interrogé par ICI Champagne-Ardenne, relayé par Franceinfo – Faits divers, Jean-Marie Hommet, secrétaire de la CFDT Transports de Reims, a affirmé que le conducteur avait « volontairement » percuté les manifestants. « Il s’agit d’un acte prémédité, d’une volonté claire d’écraser la mobilisation », a-t-il déclaré, précisant que le syndicat allait déposer plainte dans les prochains jours pour « tentatives d’homicide et violences aggravées ».
De son côté, Madison, une salariée de l’entreprise présente sur les lieux, a témoigné sous couvert d’anonymat auprès de nos confrères. « Je suis sous le choc. On savait que le patron était colérique, mais pas à ce point-là. On avait peur qu’il y ait des tensions, mais pas une telle violence », a-t-elle confié, ajoutant que les employés redoutaient une réaction brutale de la direction face à leur mouvement.
« On appréhendait notre venue ici aujourd’hui. On savait que le patron était sanguin, mais pas au point de nous attaquer avec son propre bus. »
— Madison, salariée de Dewitte et témoin des faits
Un climat social tendu dans le secteur des ambulanciers
L’incident survient dans un secteur déjà marqué par des tensions récurrentes. Les entreprises de transport sanitaire, comme Dewitte, font face à une charge de travail accrue et à des conditions de travail difficiles, souvent dénoncées par les syndicats. Les grèves dans ce milieu sont fréquentes, mais elles dégénèrent rarement en violences physiques. Selon les observateurs, la dégradation des relations sociales pourrait s’expliquer par l’accumulation de frustrations liées aux salaires et aux primes, mais aussi par la pression exercée sur les petites structures du secteur.
Le mouvement de grève à Dewitte s’inscrit dans une série de mobilisations nationales dans le transport sanitaire, où les revendications portent notamment sur la revalorisation des salaires, la réduction du temps de travail et l’amélioration des conditions de sécurité pour les employés. Les syndicats dénoncent un secteur sous-financé et appellent à une réforme structurelle pour éviter de nouvelles crises.
Reste à savoir si cet incident, qui marque une escalade inédite dans les conflits sociaux du secteur, servira de catalyseur pour une médiation ou, au contraire, aggravera les tensions entre la direction et les employés. Les prochaines heures seront déterminantes pour comprendre l’impact de cet événement sur le climat social local et national.
Le parquet de Reims a ouvert une enquête pour « violences volontaires avec arme par destination ». Le dirigeant, toujours en garde à vue au moment de la rédaction de cet article, devrait être présenté dans les prochaines 48 heures devant le juge d’instruction pour une éventuelle mise en examen. Une prolongation de sa garde à vue est possible si les enquêteurs estiment nécessaire des investigations complémentaires, notamment pour déterminer si d’autres personnes, au sein de l’entreprise, ont pu participer à l’organisation ou à la réalisation de l’acte.