D’après Reporterre, Donald Trump a annoncé vendredi 28 août 2026 la signature du « plus grand accord pétrolier de l’histoire », un investissement de près de 100 milliards d’euros destiné à exploiter les réserves vénézuéliennes, les plus importantes au monde. Selon nos confrères de Reporterre, cet accord s’inscrit dans une stratégie d’expansion économique et géopolitique visant à sécuriser l’approvisionnement énergétique des États-Unis.

Ce qu'il faut retenir

  • Un investissement de 100 milliards d’euros pour exploiter le pétrole du Venezuela, les réserves les plus vastes de la planète.
  • L’accord intervient neuf mois après l’arrestation de Nicolás Maduro par les autorités américaines, dans le cadre d’une offensive politique et économique contre le régime vénézuélien.
  • L’exploitation du pétrole vénézuélien pourrait aggraver la crise climatique, selon les critiques de cet accord.

Un accord stratégique après la chute de Maduro

Selon Reporterre, l’annonce de Donald Trump survient dans un contexte de recomposition politique au Venezuela. Nicolás Maduro a été arrêté en décembre 2025 par les États-Unis, dans le cadre d’une opération judiciaire et militaire qui a marqué un tournant dans les relations entre Washington et Caracas. Depuis, les autorités américaines ont accéléré leur prise de contrôle des ressources naturelles du pays, à commencer par son pétrole, dont les réserves prouvées s’élèvent à près de 300 milliards de barils, selon les dernières estimations de l’OPEP.

L’accord signé le 28 août prévoit une exploitation conjointe entre des entreprises américaines et des acteurs vénézuéliens sous contrôle de Washington. Reporterre souligne que cet accord s’accompagne de garanties juridiques et financières pour les investisseurs, mais aussi de clauses environnementales jugées insuffisantes par les ONG écologistes.

Une politique d’expansion énergétique critiquée

Pour Reporterre, cet accord s’inscrit dans une logique d’impérialisme économique, où les États-Unis s’assurent le contrôle des ressources stratégiques à l’étranger. L’investissement de 100 milliards d’euros, réparti sur dix ans, doit permettre de développer des infrastructures pétrolières modernes, mais aussi de financer une partie de la transition énergétique américaine en s’appuyant sur des ressources fossiles abondantes et peu coûteuses à extraire.

Les opposants à cet accord rappellent que le Venezuela a déjà été sanctionné par les États-Unis pendant des années, sous prétexte de violations des droits de l’homme et de corruption. Aujourd’hui, la situation a radicalement changé : le régime de Maduro, affaibli par son arrestation, a dû négocier sous la pression américaine. Reporterre note que les revenus générés par l’exploitation du pétrole seront en partie reversés à un fonds de reconstruction vénézuélien, mais sous contrôle strict des États-Unis.

« Cet accord est une victoire pour l’indépendance énergétique des États-Unis, mais il marque aussi un retour en force de l’impérialisme américain à l’ancienne. Le Venezuela, déjà pillé par les multinationales, va encore payer le prix fort. »
— Un expert en géopolitique énergétique cité par Reporterre

Un impact environnemental et social sous-estimé

D’après Reporterre, l’exploitation massive du pétrole vénézuélien risque d’aggraver la crise climatique. Le Venezuela abrite l’une des plus grandes réserves de pétrole lourd au monde, dont l’extraction est particulièrement polluante. Les ONG environnementales craignent une accélération de la déforestation et de la pollution des sols dans une région déjà fortement touchée par la crise écologique.

Sur le plan social, Reporterre s’interroge sur les retombées pour la population locale. Les promesses d’emplois et de développement économique sont présentées comme majeures, mais les précédents accords pétroliers en Amérique latine montrent souvent que les bénéfices locaux restent limités. Les communautés autochtones et les petits producteurs de pétrole artisanal pourraient être les premiers sacrifiés au profit des grands groupes américains.

Et maintenant ?

Les premières étapes de l’accord devraient être lancées d’ici la fin 2026, avec l’arrivée des premières équipes techniques américaines et la signature des contrats avec les entreprises partenaires. Une commission mixte américano-vénézuélienne, supervisée par le département d’État, sera chargée de superviser la mise en œuvre du projet. Reste à voir si les promesses d’emplois et de développement seront tenues, ou si cet accord ne servira qu’à renforcer la dépendance énergétique des États-Unis à une ressource fossile.

Pour les observateurs, l’un des enjeux sera la réaction des autres grandes puissances, notamment la Chine et la Russie, qui pourraient voir d’un mauvais œil cette mainmise américaine sur les ressources vénézuéliennes. Une escalade diplomatique n’est pas à exclure dans les mois à venir.