L’enquête sur l’explosion survenue à Monaco lundi 29 juin, qui a blessé trois personnes dont un oligarque ukrainien, prend une nouvelle tournure. D’après BFM - Faits Divers, le procureur adjoint de la principauté, Morgan Raymond, a indiqué ce vendredi 3 juillet que les éléments recueillis « semblent indiquer que la personne ayant posé l’engin explosif n’a pas agi seule ». Une conférence de presse tenue dans la matinée a permis de préciser le déroulement des investigations et le profil de la principale suspecte, une ressortissante ukrainienne de 39 ans actuellement localisée en Allemagne.
L’attentat a visé, dans un quartier résidentiel de Monaco, un homme d’affaires ukrainien dont l’identité n’a pas été divulguée. Les autorités judiciaires monégasques ont saisi deux juges d’instruction pour mener l’enquête, tandis que la suspecte fait l’objet d’un mandat d’arrêt international délivré par Interpol. Deux hommes interpellés en début de semaine ont été placés en garde à vue avant que leur libération ne soit prononcée, faute d’éléments suffisants pour établir leur participation active.
Ce qu'il faut retenir
- L’explosion du lundi 29 juin à Monaco a blessé trois personnes, dont un oligarque ukrainien.
- Le procureur adjoint Morgan Raymond a déclaré que « la personne ayant posé l’engin n’a pas agi seule », évoquant la sophistication de la bombe et le modus operandi.
- La principale suspecte, Anastasiia Berezovska, est une Ukrainienne de 39 ans localisée en Allemagne, identifiée via Interpol.
- Elle aurait grimé en homme lors de l’attentat et effectué des repérages dans les jours précédents, selon les enquêteurs.
- Deux hommes interpellés en début de semaine ont été libérés après des gardes à vue infructueuses.
- L’enquête est désormais dirigée par deux juges d’instruction saisis par le parquet monégasque.
Une attaque « sophistiquée » nécessitant des complices
Lors de sa prise de parole ce vendredi 3 juillet, le procureur adjoint Morgan Raymond a détaillé les éléments recueillis par les enquêteurs. Selon lui, « la relative sophistication de l’engin explosif et le modus operandi semblent indiquer que la personne ayant posé l’engin explosif n’a pas agi seule ». Il a précisé que l’enquête a porté sur l’existence de complices et de commanditaires, sans pour autant pouvoir établir formellement leur rôle dans les jours qui viennent.
L’engin, dont la nature exacte n’a pas été précisée, a provoqué trois blessures légères parmi les victimes. L’une d’elles, l’oligarque ukrainien, a été transportée à l’hôpital pour des soins avant d’être rapidement autorisée à quitter le territoire. Les deux autres personnes blessées sont des passants, touchés par des éclats lors de la détonation.
Une suspecte identifiée après 53 heures de recherches
Les investigations ont permis d’identifier la principale suspecte, Anastasiia Berezovska, une ressortissante ukrainienne de 39 ans. Selon l’avis de recherche diffusé par Interpol, celle-ci est localisée en Allemagne, où les autorités locales ont été saisies pour une éventuelle arrestation. Son signalement a été largement diffusé : elle est décrite comme une femme brune aux cheveux mi-longs, portant un tatouage « possiblement un serpent » sur le haut du bras droit.
D’après les éléments recueillis par les enquêteurs, Berezovska aurait grimé en homme lors de l’attentat, ce qui aurait retardé son identification. Elle aurait également effectué plusieurs repérages dans les jours précédant l’explosion, selon les constatations des forces de l’ordre. Il aura fallu 53 heures pour établir son identité, un délai que le procureur adjoint craint de voir s’allonger pour retrouver ses éventuels complices.
Deux gardes à vue levées faute de preuves
Dans le cadre de l’enquête, deux hommes ont été interpellés à Monaco en début de semaine. Placés en garde à vue mercredi et jeudi, ils ont finalement été libérés jeudi soir après que les auditions et investigations n’ont « pas permis de mettre en évidence une participation active », selon les termes de Morgan Raymond. Leur implication directe dans l’attentat n’a donc pas été retenue, mais leur statut de suspect n’est pas totalement exclu dans le cadre d’une éventuelle enquête élargie.
Les autorités monégasques ont précisé que les gardes à vue avaient été levées faute de preuves tangibles, sans pour autant écarter totalement leur rôle dans l’organisation ou la logistique de l’attentat. L’enquête se poursuit sous la direction des deux juges d’instruction saisis par le parquet de Monaco.
Un contexte géopolitique sous haute tension
L’attentat survient dans un contexte où les tensions entre l’Ukraine et la Russie restent vives, notamment depuis l’invasion russe de février 2022. Plusieurs personnalités ukrainiennes, notamment des oligarques et des responsables politiques, ont été la cible d’attaques ou de tentatives d’assassinat en Europe ces dernières années. Monaco, en tant que place financière internationale, attire régulièrement des fortunes ukrainiennes, ce qui en fait une cible potentielle pour des groupes ou des individus souhaitant exercer des pressions ou se venger.
Pour l’instant, aucune revendication n’a été enregistrée. Les autorités monégasques appellent à la prudence et invitent toute personne disposant d’informations à se manifester. L’enquête, ouverte pour « tentative d’assassinat » et « association de malfaiteurs », devrait s’étaler sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois, selon la complexité des pistes à explorer.
Reste à savoir si les investigations permettront de faire la lumière sur l’ensemble des complices éventuels ou si, au contraire, la piste de l’action individuelle, bien que peu probable au regard des éléments avancés par le procureur, devra être privilégiée. Une chose est sûre : l’affaire dépasse désormais largement le cadre monégasque, impliquant plusieurs pays et une collaboration policière internationale.
Selon le procureur adjoint Morgan Raymond, la suspecte, Anastasiia Berezovska, aurait grimé en homme lors de l’attentat, ce qui a retardé son identification. De plus, elle aurait utilisé des méthodes de repérage discrètes dans les jours précédents, compliquant la tâche des enquêteurs. Il aura fallu 53 heures pour établir son identité, un délai que les autorités craignent de voir s’allonger pour retrouver ses éventuels complices.