Alors que leurs parts de marché s’effritent en Chine, des géants de l’automobile comme Volkswagen, Peugeot, Kia ou encore Nissan misent désormais sur leurs sites de production locaux pour conquérir les marchés internationaux. Selon Frandroid, cette stratégie de reconversion vise à rentabiliser des usines parfois sous-utilisées, en y fabriquant des véhicules destinés à l’export plutôt qu’au marché chinois.
Ce qu'il faut retenir
- Recul marqué des ventes des constructeurs occidentaux et japonais en Chine, leur faisant perdre des parts de marché face à la concurrence locale.
- Les usines de Volkswagen, Peugeot, Kia et Nissan sont désormais réorientées vers la production pour l’export afin de maintenir leur rentabilité.
- Cette stratégie permet de compenser la baisse de la demande chinoise par des ventes sur d’autres continents.
- Les modèles exportés pourraient cibler l’Europe, l’Amérique du Nord ou l’Asie du Sud-Est, selon les opportunités commerciales.
- Cette réorientation s’inscrit dans un contexte de concurrence accrue avec les constructeurs chinois, qui dominent désormais leur marché national.
Un marché chinois de plus en plus hostile aux marques étrangères
Depuis plusieurs années, les constructeurs automobiles occidentaux et japonais peinent à maintenir leur position en Chine. Les consommateurs locaux se tournent massivement vers les marques nationales, souvent perçues comme plus adaptées à leurs besoins et plus compétitives en termes de prix. Selon des données sectorielles citées par Frandroid, les ventes de Volkswagen en Chine ont reculé de 12 % en 2025, tandis que celles de Peugeot ont chuté de 9 % sur la même période. « Le marché chinois est devenu extrêmement concurrentiel, et les marques étrangères doivent désormais justifier leur présence », a expliqué un analyste du secteur, cité par Frandroid.
Face à cette situation, les constructeurs ont dû trouver des solutions pour préserver la rentabilité de leurs sites de production. Plutôt que de fermer des usines ou de réduire drastiquement leurs capacités, certains ont choisi de les reconvertir. Volkswagen, par exemple, a annoncé en début d’année qu’il allait produire davantage de modèles pour l’export depuis ses usines chinoises, notamment des véhicules électriques et hybrides destinés à l’Europe. Peugeot, de son côté, a indiqué qu’il allait exporter des modèles compacts fabriqués en Chine vers l’Amérique latine et l’Afrique.
Une stratégie gagnante pour certains, risquée pour d’autres
Cette réorientation vers l’export présente des avantages évidents pour les constructeurs. Elle leur permet de maintenir une activité industrielle dans un marché en déclin, tout en diversifiant leurs sources de revenus. « Produire en Chine pour exporter vers d’autres régions du monde nous permet de réduire nos coûts de production et de rester compétitifs », a déclaré un porte-parole de Nissan, interrogé par Frandroid. Cependant, cette stratégie n’est pas sans risques. D’une part, elle expose les constructeurs à une dépendance accrue vis-à-vis des chaînes d’approvisionnement chinoises, souvent critiquées pour leur manque de transparence. D’autre part, elle pourrait entraîner des tensions commerciales, notamment avec l’Union européenne, qui surveille de près les subventions accordées aux constructeurs chinois.
Pour l’instant, les premiers résultats semblent encourageants. Selon des chiffres préliminaires, les exportations automobiles chinoises ont progressé de 18 % au premier semestre 2026, par rapport à la même période en 2025. Parmi les modèles les plus demandés figurent des SUV compacts et des véhicules électriques, deux segments en forte croissance à l’international. Peugeot, qui a lancé sa gamme « e-3008 » en Chine avant de l’exporter vers l’Europe, a déjà enregistré des commandes significatives pour ces modèles.
Quels marchés pour ces véhicules « made in China » ?
Si l’Europe et l’Amérique du Nord apparaissent comme des débouchés naturels pour ces véhicules, d’autres régions pourraient aussi tirer parti de cette offre. En Afrique, par exemple, la demande en véhicules abordables et adaptés aux routes locales est en hausse. Plusieurs constructeurs, dont Volkswagen, ont déjà commencé à y expédier des modèles produits en Chine, avec des tarifs compétitifs. « Nous ciblons en priorité les marchés émergents, où la demande en véhicules fiables et économiques est forte », a précisé un responsable de Kia, cité par Frandroid.
Cependant, cette stratégie soulève des questions sur la qualité perçue des véhicules « made in China ». Longtemps associée à des produits bon marché et peu innovants, l’image de l’industrie automobile chinoise a évolué ces dernières années. Les constructeurs locaux, comme BYD ou NIO, ont su imposer des standards élevés, notamment dans le domaine des véhicules électriques. Une évolution que les marques occidentales et japonaises doivent désormais prendre en compte pour réussir leur reconversion.
Pour l’instant, les observateurs restent prudents. Si cette transition permet de sauver des emplois et de maintenir une activité industrielle, elle ne garantit pas une rentabilité à long terme. Comme le souligne Frandroid, « le vrai défi pour ces constructeurs sera de prouver que leurs véhicules fabriqués en Chine peuvent rivaliser avec ceux produits en Europe ou au Japon, tant sur le plan de la qualité que de l’innovation ».
Selon Frandroid, Volkswagen exporte notamment des modèles électriques comme l’ID.4, Peugeot mise sur le e-3008, tandis que Nissan et Kia privilégient des SUV compacts et des véhicules hybrides adaptés aux marchés européens et africains.
Oui, selon des analystes cités par Frandroid. L’UE surveille de près les subventions accordées aux constructeurs chinois, et une augmentation des exportations de véhicules fabriqués en Chine pourrait déclencher des mesures de rétorsion, comme des droits de douane supplémentaires.