Alors que les événements météorologiques extrêmes se multiplient à travers le globe, le mécanisme international dédié aux « pertes et préjudices » liés au changement climatique pourrait franchir une étape décisive dès cette semaine. Selon RFI, une première série de décaissements, destinée aux pays les plus touchés par les effets du réchauffement, devrait être annoncée à l’issue de la réunion du conseil d’administration de ce fonds, qui s’ouvre ce mardi 7 juillet 2026 pour cinq jours.

Ce qu'il faut retenir

  • Quatre projets pilotes de réparation des dégâts climatiques, situés dans les Caraïbes et en Afrique, devraient être validés dès cette semaine.
  • Ce mécanisme, appelé « fonds pertes et préjudices », a été créé il y a deux ans et demi pour répondre aux besoins des pays vulnérables face aux conséquences du réchauffement climatique.
  • Les financements visent à compenser des dégâts déjà subis, et non à prévenir de futurs risques.

Un fonds créé pour réparer des dégâts irréversibles

Créé lors de la COP27 en 2022, le fonds « pertes et préjudices » a pour objectif de venir en aide aux pays en développement qui subissent des dégâts climatiques dont les coûts dépassent leur capacité de résilience. Selon RFI, ce mécanisme est le premier du genre à être opérationnel, après des années de négociations entre États. Les quatre projets sélectionnés cette semaine concernent des pays particulièrement exposés aux cyclones, sécheresses et montées des eaux, deux phénomènes aggravés par l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre.

Parmi les zones concernées, les Caraïbes et plusieurs pays d’Afrique subsaharienne figurent en tête de liste. « Ces projets sont conçus pour répondre à des besoins urgents et concrets », a indiqué un membre du conseil d’administration, cité par RFI. Les montants exacts des décaissements n’ont pas encore été communiqués, mais les experts soulignent qu’ils pourraient s’élever à plusieurs dizaines de millions de dollars pour chacun des quatre dossiers.

Des financements attendus depuis des années

L’annonce de ces premiers décaissements intervient après des mois de retard dans la mise en place des structures de gouvernance. Le conseil d’administration du fonds, composé de représentants des pays développés et en développement, devait initialement se réunir dès 2024. Or, les désaccords sur les critères d’éligibilité et les modalités de répartition des fonds ont retardé le processus. « Il a fallu trouver un équilibre entre rapidité et équité », a précisé un responsable du fonds à RFI. Les quatre projets retenus cette semaine devraient servir de test pour évaluer l’efficacité du mécanisme avant son extension à d’autres régions.

Les pays bénéficiaires devront présenter des preuves tangibles des dégâts subis, comme des rapports d’experts ou des évaluations réalisées par des organismes internationaux. « L’enjeu est de s’assurer que l’argent est utilisé là où il est le plus nécessaire », a souligné un expert climatique joint par RFI.

Et maintenant ?

Si les quatre projets sont approuvés, les fonds pourraient être versés d’ici la fin de l’été 2026, sous réserve des dernières vérifications. Une seconde réunion du conseil d’administration est déjà prévue en octobre 2026 pour examiner de nouvelles demandes. À plus long terme, l’objectif reste d’élargir le mécanisme à d’autres pays et d’augmenter les contributions des États riches, principaux émetteurs historiques de gaz à effet de serre.

Un mécanisme sous haute surveillance

L’efficacité de ce fonds sera scrutée de près par les ONG et les pays en développement, qui réclament depuis des années un système de solidarité climatique. « Ce n’est qu’un début, mais c’est une avancée majeure », a déclaré une représentante d’une organisation environnementale à RFI. Les montants engagés cette semaine ne suffiront pas à couvrir l’ensemble des besoins, mais ils pourraient ouvrir la voie à des financements plus ambitieux. Les prochaines étapes dépendront notamment de la capacité des pays donateurs à honorer leurs engagements.

Les observateurs soulignent également que ce fonds ne doit pas se substituer aux politiques de prévention et d’adaptation, mais les compléter. « Réparer les dégâts, c’est indispensable, mais il faut aussi agir pour limiter les futures pertes », a rappelé un climatologue. La réunion de cette semaine sera donc un premier test pour ce mécanisme, dont l’avenir dépendra largement de sa crédibilité et de sa transparence.

Les projets doivent démontrer des dégâts climatiques déjà subis, comme des destructions de cultures, des pertes de logements ou des perturbations économiques majeures. Les dossiers sont évalués par des experts indépendants avant validation par le conseil d'administration du fonds.