Une étude internationale révèle que des taux de glucose sanguin élevés pourraient accélérer le vieillissement du cerveau et augmenter significativement le risque de troubles cognitifs et neurologiques. Selon Futura Sciences, des chercheurs des universités du Jilin (Changchun, Chine) et de l’université médicale chinoise (Taïwan) ont mis en évidence ce lien en analysant des données biomédicales issues de la UK Biobank, une base de données regroupant des informations sur plus de 500 000 participants britanniques.
Ce qu'il faut retenir
- Une glycémie élevée est associée à un vieillissement cérébral accéléré, avec un écart moyen de 3,26 ans entre l’âge réel et l’âge cérébral estimé.
- Neuf molécules sanguines, dont le glucose, ont été identifiées comme facteurs d’accélération du vieillissement cérébral.
- Les personnes avec une glycémie élevée présentent un risque accru de développer sept maladies cérébrales, dont la démence, Alzheimer et Parkinson.
- Cette étude s’appuie sur l’analyse de données de neuroimagerie et de métabolomique issues de 37 458 participants.
- Les résultats soulignent l’importance de surveiller sa glycémie pour préserver la santé cognitive à long terme.
Le sucre, un facteur de vieillissement cérébral prématuré
Le vieillissement du cerveau est un processus naturel, mais il peut être accéléré par divers facteurs biologiques et environnementaux. Selon les chercheurs, les processus métaboliques, notamment la gestion du glucose, jouent un rôle clé dans cette accélération. Dans leur étude publiée dans la revue Molecular Psychiatry, ils ont examiné des données de neuroimagerie et de métabolomique de plus de 37 000 individus pour évaluer l’impact du glucose sur la structure et le fonctionnement du cerveau.
En entraînant des algorithmes d’apprentissage automatique à prédire l’âge cérébral à partir des caractéristiques cérébrales, les scientifiques ont découvert que les personnes avec une glycémie élevée présentaient un cerveau plus âgé que leur âge réel. « Le modèle de régression LASSO utilisé a permis d’estimer un écart d’âge cérébral (EAC) moyen de 3,26 ans », précisent-ils. Cet écart reflète le vieillissement prématuré des tissus cérébraux, visible sur les examens d’imagerie.
Sept maladies cérébrales liées à une glycémie élevée
Les chercheurs ont également établi un lien entre une glycémie élevée et un risque accru de développer sept troubles neurologiques et psychiatriques. Parmi ces affections, on retrouve la démence toutes causes confondues, la maladie d’Alzheimer, la démence vasculaire, la maladie de Parkinson, l’accident vasculaire cérébral (AVC), ainsi que la dépression et l’anxiété. « Cliniquement, une glycémie élevée était positivement associée à ces sept troubles, et négativement associée aux performances cognitives, à la fonction motrice et à la santé mentale », indiquent-ils dans leur publication.
Par ailleurs, les résultats montrent que des taux élevés de glucose dans le sang sont corrélés à une réduction du volume de certaines régions cérébrales. Ces observations renforcent l’hypothèse selon laquelle le métabolisme du glucose joue un rôle direct dans la santé cérébrale. « Ces effets négatifs sur le cerveau démontrent que ce mécanisme est une cible potentielle pour des stratégies de prévention », soulignent les auteurs.
Un mécanisme encore méconnu, mais des pistes pour la prévention
Cette étude n’est pas la première à suggérer un lien entre excès de sucre et santé cérébrale. En décembre 2025, des travaux publiés dans la revue Diabetes, Obesity and Metabolism avaient déjà montré qu’une prédisposition génétique à des pics de glycémie postprandiale augmentait de près de 69 % le risque de développer la maladie d’Alzheimer. À l’époque, aucune lésion cérébrale ni modification structurelle n’avait été identifiée pour expliquer cette association. Les auteurs de cette étude évoquaient alors des mécanismes plus subtils : inflammation chronique, stress métabolique des neurones ou perturbation de l’utilisation du glucose par le cerveau.
Les nouvelles données apportent donc un éclairage complémentaire sur les effets insidieux d’une glycémie mal régulée. Si le vieillissement cérébral reste un processus multifactoriel, cette étude met en lumière un levier d’action concret : la gestion de la glycémie. Les chercheurs insistent sur l’importance de surveiller son taux de sucre dans le sang tout au long de la vie pour préserver sa santé cognitive à long terme.
Comment limiter l’impact d’une glycémie élevée sur le cerveau ?
Si ces découvertes soulignent un risque accru, elles offrent également des pistes pour agir. Les chercheurs recommandent une surveillance régulière de la glycémie, notamment chez les personnes présentant des facteurs de risque comme l’obésité ou des antécédents familiaux de diabète. Une alimentation équilibrée, pauvre en sucres ajoutés et riche en nutriments essentiels, pourrait ainsi contribuer à préserver la santé cérébrale.
Par ailleurs, des études complémentaires seront nécessaires pour affiner ces conclusions. En attendant, les auteurs appellent à une prise de conscience collective sur l’impact des choix alimentaires sur le cerveau. « Le métabolisme du glucose est une cause du vieillissement cérébral sur laquelle on peut agir », rappellent-ils. Une raison de plus pour prêter attention à ce que l’on met dans son assiette.
Les chercheurs recommandent une alimentation riche en fibres, en oméga-3 et en antioxydants, comme les légumes verts, les noix, les poissons gras et les fruits à coque. Ces aliments aident à réguler la glycémie et à protéger les cellules cérébrales. À l’inverse, les sucres ajoutés, les aliments ultra-transformés et les excès de glucides raffinés devraient être limités.