La sonde japonaise Hayabusa 2, célèbre pour avoir rapporté sur Terre des échantillons de l'astéroïde Ryugu en 2020, vient d'offrir un nouveau chapitre à sa mission en survolant à faible distance l'astéroïde (98943) Torifune. Selon Futura Sciences, cet astéroïde géocroiseur, classé comme potentiellement dangereux, a été approché à seulement 1 kilomètre de distance le 5 juillet 2026 à 11h35, heure française. Les données et images collectées révèlent pour la première fois sa nature de système binaire, composé de deux corps rocheux probablement issus de l'agglomérat de deux astéroïdes distincts.

Ce qu'il faut retenir

  • Hayabusa 2 a survolé l'astéroïde (98943) Torifune à 1 km de distance le 5 juillet 2026 à 11h35, heure française, après un trajet de plus de onze ans dans le système solaire.
  • Les images transmises montrent que Torifune est un astéroïde binaire, formé de deux corps rocheux agglomérés, une découverte qui pourrait éclairer les stratégies de déviation en cas de menace pour la Terre.
  • (98943) Torifune appartient à la famille des astéroïdes Apollon, des géocroiseurs dont 2 130 sont classés comme potentiellement dangereux parmi les 21 083 identifiés à ce jour.
  • Ce type d'astéroïde, composé majoritairement de silicates, représente environ 17 % des astéroïdes connus, ce qui en fait une cible privilégiée pour les missions d'exploration.
  • Hayabusa 2, lancée en 2014, avait déjà marqué l'histoire en rapportant 5,4 grammes de matière de l'astéroïde Ryugu, un autre géocroiseur de type C.

Un géocroiseur binaire sous l'œil de Hayabusa 2

L'astéroïde (98943) Torifune, nommé d'après la divinité japonaise Ame-no-torifune (dieu des navires), est un représentant typique des astéroïdes Apollon. Selon Futura Sciences, ces corps célestes, dont l'orbite croise celle de la Terre, sont particulièrement surveillés par les agences spatiales en raison de leur potentiel de collision. Les images capturées lors du survol du 5 juillet révèlent une structure binaire, un phénomène rare qui intrigue les scientifiques. « Ces observations confirment que Torifune est issu de l'agglomération de deux astéroïdes, un scénario qui pourrait expliquer la formation de nombreux géocroiseurs », explique Patrick Michel, astrophysicien au CNRS et membre de l'équipe scientifique de la mission Hayabusa 2, cité par la Cité de l'espace.

Hayabusa 2 : une mission historique aux multiples succès

Lancée le 3 décembre 2014 par la JAXA (agence spatiale japonaise), Hayabusa 2 a déjà accompli plusieurs exploits. Après avoir étudié et prélevé des échantillons sur l'astéroïde Ryugu en 2019, la sonde a entamé une mission étendue visant à explorer de nouveaux corps célestes. Son survol de Torifune s'inscrit dans cette phase prolongée, marquée par une propulsion innovante grâce à quatre moteurs ioniques. « Ces moteurs, bien que moins puissants que les propulseurs chimiques, offrent une grande efficacité sur le long terme », précise Futura Sciences. La vitesse relative lors du survol était de 5 km/s, une vitesse permettant des observations détaillées malgré la brièveté du passage.

Torifune, un cas d'école pour la défense planétaire

Comprendre la composition et la structure des astéroïdes géocroiseurs est crucial pour anticiper les risques de collision avec la Terre. Selon les données de la JAXA, Torifune, de type S (siliceux), est composé de roches riches en silicates, un matériau courant dans le système solaire interne. « Les astéroïdes de type S représentent environ 17 % de la population totale, mais ils sont surreprésentés parmi les géocroiseurs », indique Futura Sciences. Leur étude permet d'affiner les modèles de déviation, comme la mission DART de la NASA, qui avait réussi à modifier l'orbite d'un astéroïde en 2022. « Ces données sont précieuses pour évaluer les stratégies de déviation, qu'il s'agisse de l'impact cinétique ou de l'utilisation de tracteurs gravitationnels », ajoute Patrick Michel.

Un pas de plus vers la compréhension des géocroiseurs

Les images et données transmises par Hayabusa 2 lors de ce survol devraient être analysées dans les mois à venir. La JAXA et ses partenaires internationaux, dont l'Observatoire de la Côte d'Azur, prévoient de publier des résultats détaillés d'ici la fin de l'année 2026. Ces informations pourraient révéler des indices sur la formation du système solaire, car les astéroïdes, témoins des premières étapes de la formation planétaire, conservent des traces de l'environnement primitif. « Torifune, comme Ryugu, est une capsule temporelle », souligne Patrick Michel. « Chaque échantillon ou image nous rapproche un peu plus des origines de notre système planétaire. »

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pour Hayabusa 2 restent incertaines, mais l'équipe scientifique pourrait cibler un autre astéroïde dans le cadre de sa mission étendue. Parallèlement, les agences spatiales mondiales, dont la NASA et l'ESA, continuent de développer des missions de surveillance et de déviation des géocroiseurs. La prochaine échéance majeure est la publication des analyses complètes des données de Torifune, prévue pour le premier trimestre 2027. Ces résultats pourraient influencer les décisions relatives aux futures missions de défense planétaire, notamment pour les astéroïdes classés comme « potentiellement dangereux ».

Pour rappel, la Journée internationale des astéroïdes, célébrée chaque 30 juin, rappelle l'importance de ces objets célestes dans la compréhension des risques cosmiques. Créée en 2016, cette initiative met en lumière les efforts de recherche et de prévention menés à l'échelle mondiale.

Les astéroïdes de type S, composés majoritairement de silicates, sont fréquents parmi les géocroiseurs. Leur étude permet de mieux comprendre leur composition et leur structure, essentielles pour concevoir des stratégies de déviation en cas de menace pour la Terre. Selon Futura Sciences, ces corps rocheux représentent un cas d'école pour évaluer les méthodes de défense planétaire.

La JAXA n'a pas encore annoncé officiellement la suite de la mission Hayabusa 2, mais les responsables ont évoqué la possibilité de cibler un autre astéroïde dans les années à venir. Les données recueillies sur Torifune pourraient orienter ce choix, en fonction des découvertes réalisées.