Pascal Despierres, administrateur de Heat 4T° Solutions, a présenté lors de l’émission « Vision d’entreprises » sur BFM Business une innovation destinée à faciliter l’intégration des pompes à chaleur dans les bâtiments tertiaires existants. Une solution qui permet de concilier transition énergétique et maîtrise des coûts, tout en évitant des travaux lourds.

Ce qu'il faut retenir

  • Heat 4T° Solutions propose un kit breveté permettant d’adapter les systèmes de chauffage et de climatisation existants pour les rendre compatibles avec les pompes à chaleur.
  • Le dispositif, développé depuis 2023, limite les travaux et réduit les coûts de rénovation énergétique jusqu’à 2 millions d’euros sur un immeuble de 11 000 m² à Bruxelles.
  • Les pompes à chaleur fonctionnant à basse température (40°C) consomment jusqu’à 35 % d’électricité en moins qu’une installation classique, tout en réduisant les émissions de CO₂ de 40 à 80 %.

Une technologie brevetée pour valoriser les installations existantes

Heat 4T° Solutions, fondée sur une innovation brevetée, se distingue en ne proposant pas une pompe à chaleur classique, mais un kit d’adaptation pour les réseaux de climatisation à eau glacée. Pascal Despierres, administrateur de l’entreprise et ingénieur spécialiste du chauffage et de la climatisation depuis plus de 25 ans, explique cette approche :

« Nous voulons apporter une réponse concrète au défi de la décarbonation des bâtiments existants en rendant les pompes à chaleur plus simples à intégrer, plus performantes et économiquement accessibles. »

Ce système permet de réutiliser les infrastructures existantes dans les grands immeubles tertiaires, évitant ainsi le remplacement coûteux des équipements intérieurs. Les propriétaires peuvent ainsi accélérer la rénovation énergétique de leurs bâtiments sans interrompre leur exploitation ni déplacer les occupants, ce qui constitue un avantage majeur pour les acteurs de l’immobilier tertiaire.

Une solution économique et environnementale pour les grands ensembles

L’enjeu principal réside dans la réduction des émissions de CO₂ tout en maîtrisant les coûts. Grâce à un fonctionnement à basse température (40°C), les pompes à chaleur deviennent bien plus efficaces. Selon BFM Business, elles consomment jusqu’à 35 % d’électricité en moins qu’une installation classique à haute température, ce qui se traduit par des économies substantielles sur la facture énergétique.

Les données recueillies sur des projets pilotes montrent une réduction de 40 à 80 % des consommations de gaz et des émissions de CO₂. Par ailleurs, les consommations de chauffage électrique terminal peuvent être divisées par trois ou quatre. Ces résultats confirment l’intérêt économique et écologique de cette approche, particulièrement pour les grands propriétaires immobiliers soumis à des exigences croissantes en matière de performance environnementale.

Un cas concret : 2 millions d’euros d’économies sur un immeuble de bureaux

Les premiers retours d’expérience confirment l’efficacité du dispositif. Sur un projet de rénovation d’un immeuble de bureaux de 11 000 m² situé à Bruxelles, le maintien des équipements existants a permis de ramener le coût des travaux de 2,7 millions d’euros à 700 000 euros. Une économie de 2 millions d’euros pour le propriétaire, qui illustre parfaitement les avantages de cette solution.

Cette approche s’adresse exclusivement aux acteurs de l’immobilier tertiaire : grands propriétaires, foncières, gestionnaires d’actifs, bureaux d’études et exploitants de bureaux, hôtels ou bâtiments publics. Heat 4T° Solutions cible ainsi les grands ensembles soumis à des normes environnementales de plus en plus strictes, sans ambition pour le marché résidentiel.

Pourquoi cette innovation répond-elle à un besoin urgent ?

La rénovation énergétique des bâtiments existants est un défi majeur pour atteindre les objectifs de décarbonation fixés par les pouvoirs publics. En France comme en Europe, les bâtiments tertiaires représentent une part significative de la consommation énergétique et des émissions de gaz à effet de serre. Selon BFM Business, les solutions existantes, souvent coûteuses et complexes à mettre en œuvre, freinent la transition écologique dans ce secteur.

Heat 4T° propose une alternative pragmatique, permettant de réduire rapidement les émissions de CO₂ tout en limitant les investissements. Cette solution s’inscrit dans un contexte où les réglementations environnementales se durcissent, poussant les acteurs du tertiaire à agir sans tarder. Pascal Despierres souligne :

« Nous apportons une réponse concrète et immédiate aux propriétaires qui souhaitent se conformer aux nouvelles exigences sans subir des coûts prohibitifs ni des perturbations importantes. »

Et maintenant ?

Cette innovation pourrait se généraliser dans les prochains mois, à mesure que les acteurs du tertiaire prendront conscience des économies réalisables. D’autres projets pilotes sont en cours en Europe, notamment en France et en Allemagne, où la pression réglementaire sur les émissions de CO₂ s’accentue. Les prochaines étapes pourraient inclure des partenariats avec des foncières ou des collectivités locales pour étendre l’application de cette solution. Reste à voir si d’autres acteurs émergeront sur ce créneau, ou si Heat 4T° parviendra à s’imposer comme un acteur clé de la rénovation énergétique.

Une solution adaptée aux défis futurs du secteur

Alors que les objectifs de neutralité carbone se précisent pour 2050, les bâtiments tertiaires devront nécessairement évoluer. Les solutions comme celle proposée par Heat 4T° Solutions pourraient jouer un rôle central en offrant une voie rapide et économique pour décarboner un parc immobilier vieillissant. Pascal Despierres insiste sur l’importance de rendre ces technologies accessibles :

« Notre objectif est de démocratiser l’accès à des solutions performantes, sans imposer aux propriétaires des investissements démesurés ou des travaux interminables. »

Avec des résultats déjà tangibles et des économies prouvées, cette approche mérite l’attention des décideurs du secteur. Elle pourrait bien devenir un modèle pour les années à venir, alors que la transition énergétique des bâtiments tertiaires devient une priorité absolue.

La solution s’adresse exclusivement aux acteurs de l’immobilier tertiaire, comme les grands propriétaires, les foncières, les gestionnaires d’actifs, les bureaux d’études ou les exploitants de bureaux, hôtels et bâtiments publics. Elle n’est pas conçue pour le marché résidentiel.

Sur un immeuble de bureaux de 11 000 m² à Bruxelles, les économies réalisées ont atteint 2 millions d’euros en évitant le remplacement des équipements intérieurs. Par ailleurs, les consommations de chauffage électrique terminal peuvent être divisées par trois ou quatre, et les émissions de CO₂ réduites de 40 à 80 %.