Près de 15 % des salariés français travaillent selon des horaires atypiques, un rythme qui perturbe leur santé et leur vie familiale, selon une alerte publiée ce mercredi 2 septembre 2026 par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Dans un avis rendu public, l’agence recommande un meilleur encadrement de ces organisations de travail, qu’il s’agisse de postes du matin ou du soir en décalé, de week-ends travaillés ou d’horaires longs dépassant huit heures par jour.
Ce qu'il faut retenir
- L’Anses met en garde contre les risques sanitaires et sociaux des horaires atypiques, pratiqués par environ 15 % des actifs en France.
- Ces rythmes incluent les travaux de nuit ou en soirée, les postes du week-end et les journées de plus de huit heures.
- L’agence souligne des conséquences sur la santé mentale (anxiété, dépression) et le sommeil, ainsi que sur la vie familiale.
- Elle appelle à un cadre réglementaire plus strict pour limiter ces pratiques, jugées nocives à long terme.
Des risques avérés pour la santé et l’équilibre personnel
Selon l’Anses, les horaires décalés — qu’ils soient nocturnes, en soirée ou répartis sur le week-end — ont un impact direct sur la santé des travailleurs. L’agence cite notamment des troubles du sommeil, une augmentation de l’anxiété et un risque accru de dépression. Ces effets sont documentés par de nombreuses études épidémiologiques, rappelle l’agence dans son communiqué. « Ces rythmes perturbent le cycle circadien, ce qui a des répercussions sur le métabolisme, le système immunitaire et même la santé cardiovasculaire », explique-t-elle.
Outre les conséquences physiques, l’Anses souligne les difficultés dans la vie familiale. Les travailleurs en horaires atypiques peinent souvent à concilier leurs impératifs professionnels avec leur vie personnelle, ce qui génère des tensions au sein des foyers. Autant dire que ce déséquilibre peut, à terme, fragiliser les relations conjugales et parentales. L’agence insiste sur le fait que ces problèmes ne concernent pas uniquement les salariés en horaires de nuit, mais aussi ceux dont les plannings varient constamment, comme c’est le cas dans certains secteurs comme la santé, la restauration ou la logistique.
Des secteurs particulièrement touchés par ces pratiques
Certains domaines d’activité sont plus exposés que d’autres aux horaires décalés. Les soignants, par exemple, sont régulièrement confrontés à des nuits travaillées ou à des gardes prolongées, une organisation qui, selon l’Anses, favorise l’épuisement professionnel. « Dans le milieu hospitalier, près d’un tiers des infirmiers et aides-soignants déclarent souffrir de troubles du sommeil liés à leurs horaires », précise l’agence. Les travailleurs de la restauration et de la logistique sont également concernés, avec des postes souvent organisés en équipes tournantes ou en horaires coupés.
Ces pratiques, bien que parfois nécessaires pour assurer la continuité du service public ou de l’activité économique, ne sont pas sans conséquences. L’Anses rappelle que les travailleurs en horaires longs — définis comme des journées de plus de huit heures — cumulent un risque accru de burn-out et de troubles musculo-squelettiques. Bref, l’agence ne remet pas en cause la nécessité de ces emplois, mais elle en pointe les limites en termes de santé et de qualité de vie.
L’Anses propose des pistes pour limiter les dégâts
Face à ces constats, l’Anses formule plusieurs recommandations pour mieux encadrer les horaires atypiques. Parmi elles, la limitation systématique des horaires longs, une meilleure rotation des équipes pour éviter les nuits répétées, et un accompagnement renforcé des salariés exposés. L’agence propose également d’intégrer ces questions dans les accords d’entreprise et les conventions collectives, afin de trouver un équilibre entre les impératifs économiques et le bien-être des travailleurs.
« Il ne s’agit pas d’interdire ces horaires, mais de les réguler pour en limiter les effets négatifs », souligne un membre du collège de l’Anses. L’agence plaide aussi pour une meilleure information des salariés sur les risques encourus et les moyens de les prévenir, notamment via des formations sur la gestion du stress et l’hygiène de vie. Ces mesures pourraient s’accompagner d’un suivi médical renforcé pour les travailleurs concernés, afin de détecter précocement d’éventuels problèmes de santé.
Une chose est sûre : la question des horaires atypiques dépasse le cadre individuel pour s’inscrire dans une réflexion plus large sur la qualité de vie au travail. Alors que le gouvernement a déjà annoncé vouloir renforcer la prévention en santé mentale, cette alerte de l’Anses tombe à point nommé pour rappeler que le bien-être des travailleurs est un enjeu collectif.
Selon l’Anses, les secteurs de la santé (soignants), de la restauration, de la logistique et du transport sont les plus exposés. Dans ces domaines, les horaires décalés ou en équipes tournantes sont fréquents, ce qui impacte directement la santé et la vie familiale des salariés.