La sonde chinoise Tianwen-2 est désormais à moins de 20 kilomètres de sa cible, l’astéroïde Kamo’oalewa, selon les dernières annonces de l’Administration spatiale nationale chinoise (CNSA) rapportées par Futura Sciences. Ce petit corps céleste, en orbite autour de la Terre depuis plusieurs décennies, suscite un vif intérêt scientifique en raison de sa proximité et de sa possible origine lunaire.
Ce qu'il faut retenir
- Objectif principal : prélever un échantillon de 200 grammes à 1 kilogramme sur Kamo’oalewa d’ici avril 2027.
- Distance parcourue : Tianwen-2 a déjà couvert 1 milliard de kilomètres depuis son lancement en mai 2025.
- Taille de l’astéroïde : entre 40 et 100 mètres de diamètre, ce qui en fait la plus petite cible jamais approchée par une sonde spatiale.
- Origine possible : certains scientifiques estiment que Kamo’oalewa pourrait être un fragment de la Lune arraché lors d’un impact.
- Deuxième mission : après le prélèvement, Tianwen-2 se dirigera vers l’astéroïde 311P/Panstarrs pour des analyses complémentaires.
- Retour sur Terre : la capsule contenant les échantillons est attendue d’ici fin 2027.
Selon les données transmises par la CNSA, la sonde chinoise a entamé une phase d’approche progressive depuis le début du mois de juillet 2026. À cette distance réduite, les instruments de Tianwen-2 peuvent désormais commencer leurs investigations scientifiques. L’enjeu est de taille : jamais une mission n’avait tenté de s’approcher d’un astéroïde aussi petit, ce qui rend l’opération particulièrement complexe sur le plan technique. « Cette mission représente un défi sans précédent en matière de navigation et de précision », a souligné un porte-parole de la CNSA cité par Futura Sciences.
L’astéroïde Kamo’oalewa, découvert en 2016, orbite autour de la Terre à une distance comprise entre 14 et 40 fois la distance Terre-Lune. Son étude revêt un double intérêt : d’une part, sa proximité en fait une cible accessible pour une mission de retour d’échantillons, et d’autre part, sa composition pourrait fournir des indices sur les mécanismes de formation des astéroïdes géocroiseurs. « Si Kamo’oalewa s’avère être un fragment lunaire, cela ouvrirait de nouvelles perspectives sur l’histoire de notre satellite naturel », a expliqué un chercheur spécialiste des astéroïdes, cité par la même source.
Une approche méthodique pour un prélèvement risqué
La phase de collecte des échantillons, prévue pour avril 2027, sera précédée de plusieurs mois d’analyses à distance. Tianwen-2 est équipée de radars et de capteurs sophistiqués pour cartographier la surface de l’astéroïde et identifier un site de prélèvement sûr. Contrairement aux missions précédentes, comme Hayabusa2 ou Osiris-Rex, la sonde chinoise n’aura pas nécessairement besoin de se poser sur Kamo’oalewa. Selon les caractéristiques du sol, elle pourrait utiliser un bras robotique pour creuser ou des brosses mécaniques pour collecter de la poussière en vol stationnaire.
« L’opération dépendra entièrement des conditions locales », a précisé un ingénieur de la mission. Si le terrain est trop accidenté, la sonde pourrait opter pour une collecte en surface sans atterrissage. Dans le cas contraire, elle s’ancrera brièvement pour ramasser les échantillons. Quelle que soit la méthode retenue, la quantité visée se situe entre 200 grammes et 1 kilogramme, une masse suffisante pour des analyses approfondies en laboratoire. « Ces échantillons pourraient révolutionner notre compréhension des astéroïdes et, peut-être, de la Lune », a ajouté le chercheur.
Un voyage de plus d’un milliard de kilomètres
Lancée en mai 2025 depuis le centre spatial de Wenchang, dans le sud de la Chine, Tianwen-2 a dû parcourir un trajet complexe pour atteindre Kamo’oalewa. Après son décollage à bord d’une fusée Longue Marche 5, la sonde a effectué plusieurs manœuvres d’assistance gravitationnelle pour ajuster sa trajectoire. Selon les données de suivi radio, elle a réalisé une série de corrections de trajectoire au printemps 2026, réduisant progressivement sa vitesse pour se rapprocher de sa cible.
Ce périple s’inscrit dans le cadre du programme Tianwen, qui vise à explorer les corps célestes du système solaire. Après Kamo’oalewa, Tianwen-2 poursuivra son voyage vers l’astéroïde 311P/Panstarrs, un objet hybride mi-astéroïde mi-comète, dont les propriétés pourraient éclairer les scientifiques sur la frontière floue entre ces deux types d’astres. « Cette mission illustre l’ambition croissante de la Chine dans l’exploration spatiale », a commenté un expert spatial indépendant, soulignant que Pékin multiplie les projets ambitieux ces dernières années, allant des missions lunaires aux explorations interplanétaires.
L’étude de Kamo’oalewa soulève également des questions sur l’origine des astéroïdes géocroiseurs. Si ce corps s’avère être un fragment lunaire, cela confirmerait les théories selon lesquelles des impacts majeurs sur la Lune ont pu éjecter des débris en orbite terrestre. « Cela donnerait un éclairage nouveau sur l’histoire des collisions dans le système Terre-Lune », a indiqué un astronome de l’Observatoire de Paris, cité par Futura Sciences.
Pour l’heure, les scientifiques attendent avec impatience les premières analyses détaillées de Kamo’oalewa. Si la mission Tianwen-2 réussit, elle pourrait ouvrir la voie à d’autres explorations similaires, notamment vers des astéroïdes encore plus petits ou plus éloignés. « Chaque nouvelle mission nous rapproche un peu plus des réponses sur nos origines cosmiques », a résumé le chercheur.
Kamo’oalewa orbite autour de la Terre à une distance variable, mais reste gravitationnellement lié à notre planète. Sa trajectoire et sa proximité en ont fait un quasi-satellite, d’où cette appellation informelle. Il ne s’agit pas d’un véritable satellite comme la Lune, mais d’un astéroïde dont l’orbite est influencée par la gravité terrestre.
Après la collecte, prévue pour avril 2027, la capsule contenant les échantillons sera larguée dans l’atmosphère terrestre. Tianwen-2 poursuivra ensuite sa mission vers l’astéroïde 311P/Panstarrs pour des observations supplémentaires, avant de rejoindre une orbite stable autour du Soleil.