Dans le cadre d'une vaste initiative européenne visant à réduire la dépendance stratégique vis-à-vis des fournisseurs américains de services cloud et de logiciels, la France a choisi Scaleway pour héberger le Health Data Hub national, en remplacement de Microsoft Azure, selon Euronews FR. Cette décision s'inscrit dans un contexte où les gouvernements européens cherchent à réduire leur dépendance aux géants américains du numérique.
La base de données de cet établissement public regroupe les informations de santé de millions de Français. Elle avait vocation à reproduire l'ensemble du système national des données de santé (SNDS), géré par l'Assurance maladie, et à servir de ressource numérique pour les chercheurs ayant besoin de données à grande échelle et sur le long terme.
Ce qu'il faut retenir
- La France a choisi Scaleway pour héberger le Health Data Hub national, en remplacement de Microsoft Azure.
- La base de données regroupe les informations de santé de millions de Français.
- La décision s'inscrit dans un contexte de réduction de la dépendance aux géants américains du numérique.
- Le système doit rassembler les dossiers de santé de plusieurs dizaines de millions de citoyens et devrait être pleinement opérationnel entre la fin de 2026 et le début de 2027.
Contexte et motivations
En 2019, Microsoft avait été retenu pour fournir l'infrastructure cloud et héberger les données de la plateforme. Cependant, le projet n'a toutefois pas avancé comme prévu, l'autorité française de protection des données, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a rendu un avis critique soulignant des inquiétudes en matière de confidentialité et de sécurité des données.
Les autorités françaises de régulation ont souligné que, même lorsque les données sont stockées en France, elles peuvent toujours être consultées ou réclamées par les autorités américaines en vertu du droit américain si le prestataire est une entreprise des États-Unis. La France s'inquiétait aussi du contrôle juridique sur l'accès, la protection ou la divulgation de données médicales hautement sensibles.
Impact et conséquences
En février, le gouvernement français a annoncé son intention de retirer à Microsoft l'hébergement de cette plateforme particulièrement sensible d'ici la fin de l'année. En 2024, il a adopté une loi qui impose désormais un hébergement « garanti souverain » pour les données sensibles.
La migration des données de santé publique vers un cloud français s'inscrit dans « un effort de longue date pour maintenir un haut niveau de sécurité et de confiance pour l'ensemble des utilisateurs de la plateforme », a déclaré Hela Ghariani, la directrice de la Plateforme des données de santé, dans un communiqué de presse.
Et maintenant ?
La décision de la France de transférer les données de santé publique de Microsoft vers un cloud français pourrait avoir des implications significatives pour les autres pays européens. La Commission européenne a conforté ce mouvement en attribuant un contrat cloud de 180 millions d'euros à un consortium réunissant Scaleway, OVHcloud, STACKIT et Post Telecom.
Les prochaines étapes seront de suivre la mise en œuvre de cette décision et de voir comment les autres pays européens réagiront à cette initiative. La question de la souveraineté des données et de la dépendance aux géants américains du numérique devrait continuer à être un sujet de débat et de préoccupation pour les gouvernements et les citoyens européens.