La cour d’appel de Paris a rendu, jeudi 2 juillet 2026, un verdict de relaxe en faveur de Josu Urrutikoetxea Bengoetxea, une figure majeure de l’organisation séparatiste basque ETA. Ce dernier était poursuivi pour « association de malfaiteurs terroriste », un chef d’accusation qui pèse désormais sur son passé. Selon RFI, cette décision intervient alors que l’Espagne réclame son extradition, notamment dans le cadre d’une enquête sur un attentat meurtrier perpétré en 1987.
Ce qu’il faut retenir
- La cour d’appel de Paris a relaxé Josu Urrutikoetxea Bengoetxea pour « association de malfaiteurs terroriste » le 2 juillet 2026.
- L’intéressé est une figure historique de l’organisation séparatiste basque ETA.
- L’Espagne réclame son extradition, notamment pour son implication présumée dans un attentat de 1987.
- Le verdict a été rendu en première instance par la cour d’appel de Paris, sans préciser si l’État espagnol fera appel.
Un procès sous haute tension judiciaire
Josu Urrutikoetxea Bengoetxea, âgé de 69 ans, a comparu devant la cour d’appel de Paris pour des faits remontant à plusieurs décennies. Les charges retenues contre lui portaient sur une période où ETA menait une campagne armée pour l’indépendance du Pays basque, marquée par des centaines d’attentats et de victimes. « La relaxe prononcée aujourd’hui marque un tournant dans ce dossier complexe », a indiqué un porte-parole du parquet général près la cour d’appel, sans préciser si le ministère public comptait se pourvoir en cassation. Selon RFI, les débats ont été suivis de près par les autorités espagnoles, qui considèrent Urrutikoetxea comme un responsable clé de l’organisation.
L’ombre persistante de l’attentat de 1987
L’une des raisons de la demande d’extradition de l’Espagne réside dans l’implication présumée d’Urrutikoetxea dans l’attentat à la voiture piégée de Barcelone en juin 1987, qui avait coûté la vie à 21 personnes. « Les éléments versés au dossier ne permettent pas d’établir avec certitude sa participation directe », a souligné l’avocat de la défense, Me Jean-Jacques Neuer, lors des plaidoiries. L’Espagne, qui avait transmis un mandat d’arrêt européen en 2024, maintient sa position malgré cette décision française. « Nous étudions les voies légales pour obtenir son extradition », a réagi un haut responsable du ministère espagnol de l’Intérieur, cité par RFI.
Contexte historique et tensions persistantes
Josu Urrutikoetxea, surnommé « Josu Ternera » dans les milieux séparatistes, a été l’un des dirigeants les plus influents d’ETA au cours des années 1980 et 1990. L’organisation a officiellement cessé ses activités en 2018, après avoir annoncé la dissolution de ses structures militaires. Pourtant, des tensions persistent entre la France, l’Espagne et les mouvements indépendantistes basques, notamment sur la question des prisonniers politiques. « Ce verdict ne met pas fin aux débats sur la responsabilité pénale des anciens membres d’ETA », a rappelé un historien spécialiste du conflit basque, contacté par RFI. La décision de la cour d’appel s’inscrit dans un cadre juridique strict, mais elle rouvre aussi des questions politiques sensibles.
La situation reste donc en suspens, avec des implications à la fois juridiques et diplomatiques. Les prochaines semaines pourraient voir émerger de nouvelles étapes, tant en France qu’en Espagne.
L’Espagne considère que Josu Urrutikoetxea reste responsable d’actes terroristes commis dans les années 1980, notamment l’attentat de Barcelone en 1987. Même si la justice française a prononcé une relaxe pour les charges actuelles, Madrid pourrait invoquer d’autres chefs d’accusation ou tenter une nouvelle procédure d’extradition sur la base d’autres éléments du dossier.