Alors que la Coupe du monde 2026 bat son plein aux États-Unis, au Canada et au Mexique, la jeune pépite espagnole Lamine Yamal, 18 ans, fait figure de leader au sein de la Roja, championne d’Europe en titre. Pourtant, le prodige né à Mataró, dans la banlieue de Barcelone, aurait pu revêtir le maillot des Lions de l’Atlas. Selon RMC Sport, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) revient aujourd’hui sur les tentatives d’attirer le joueur sous le maillot marocain, ainsi que sur les déclarations récentes de son président, Fouzi Lekjaa.

Ce qu'il faut retenir

  • Lamine Yamal, 18 ans, est l’une des stars de l’Espagne en Coupe du monde 2026, malgré le fait qu’il aurait pu jouer pour le Maroc, pays d’origine de son père.
  • Le joueur a choisi l’Espagne en 2023, après avoir brièvement envisagé de représenter le Maroc, notamment après son parcours en demi-finale de la Coupe du monde 2022.
  • La FRMF avait multiplié les initiatives pour convaincre Yamal, organisant des rencontres au Maroc et en Espagne sans succès.
  • Le président de la FRMF, Fouzi Lekjaa, a déclaré dans un entretien à Onze Mondial : « Je ne connais pas d’Espagnol qui s’appelle Jamel. »
  • Yamal a expliqué son choix par la reconnaissance envers deux hommes ayant aidé sa famille pendant sa grossesse, donnant ainsi les prénoms Lamine et Yamal à son fils.
  • Les deux équipes pourraient s’affronter en demi-finale de la Coupe du monde le 14 juillet 2026 si le Maroc élimine la France et l’Espagne les Diables Rouges.

Un choix définitif en 2023, après une période d’hésitation

Lamine Yamal, dont le nom complet est Lamine Yamal Nasraoui Ebana, a toujours évolué sous les couleurs espagnoles dans les sélections jeunes. Pourtant, comme le rapporte RMC Sport, son père, Mounir Nasraoui, originaire du Maroc, aurait pu lui ouvrir la voie vers les Lions de l’Atlas. En 2022, après le parcours historique du Maroc en demi-finale de la Coupe du monde au Qatar, le joueur avait brièvement envisagé de changer d’allégeance sportive. Mais en 2023, il a finalement tranché en faveur de l’Espagne, une décision qu’il a justifiée par un acte de gratitude.

En effet, les deux prénoms Lamine et Yamal correspondent à ceux de deux hommes ayant soutenu sa famille alors que sa mère, d’origine équatoguinéenne, traversait une période difficile pendant sa grossesse. « C’est une façon pour moi de leur rendre hommage », avait-il expliqué à l’époque. Depuis, Yamal est devenu un élément central de la Roja, marquant des buts décisifs et incarnant l’avenir du football espagnol.

La FRMF respecte son choix, mais rappelle ses racines

Malgré l’échec de leurs démarches, la Fédération royale marocaine de football n’a jamais remis en cause la décision de Lamine Yamal. Fouzi Lekjaa, son président, a tenu à souligner dans un entretien accordé à Onze Mondial, selon RMC Sport, que « le choix de Jamel, on l’a respecté, on ne l’a jamais contesté. On n’a jamais changé de comportement envers Jamel, ni sa famille, qui, à ma connaissance, viennent souvent passer les vacances, surtout au niveau des provinces du Nord, leur terre natale. Ils seront toujours les bienvenus ».

Mais c’est une phrase en particulier qui a retenu l’attention : « Lamine Jamel. Moi, je ne connais pas d’Espagnol qui s’appelle Jamel. » Une remarque teintée d’ironie, en référence au fait que le jeune joueur a choisi de floquer uniquement ses deux prénoms sur son maillot de club et en équipe nationale. Fouzi Lekjaa a précisé que « notre histoire et notre civilisation nous rendent fiers et capables d’être encore plus fiers quand, effectivement, la nation marocaine participe à l’épanouissement d’une équipe nationale amie, voisine comme l’Espagne. »

Un échange public qui relance le débat

Avant le Mondial 2026, Fouzi Lekjaa avait déjà lancé une boutade à l’attention de Lamine Yamal, déclarant à Aljazeera360, toujours selon RMC Sport : « J’espère maintenant que nous affronterons l’Espagne en finale de la Coupe du monde pour voir s’il a vraiment fait le bon choix. » Une provocation amicale qui prend une nouvelle dimension alors que les deux équipes pourraient bien se retrouver en demi-finale le 14 juillet prochain. Si le Maroc élimine la France et que l’Espagne bat la Belgique, le choc entre les deux sélections serait historique.

Cette déclaration intervient alors que plusieurs figures du football marocain, comme Mustapha Hadji, ont exprimé leur regret quant au choix de Yamal. Le joueur, lui, semble désormais concentré sur son parcours avec l’Espagne, où il incarne déjà l’avenir du football européen.

« Jouer dans une équipe avec une nationalité administrative, avec un choix, ne changeront en rien les liens avec le pays. Pour nous, c’est le football, l’universalité du football. »
— Fouzi Lekjaa, président de la FRMF, selon RMC Sport

Et maintenant ?

Si l’Espagne et le Maroc devaient s’affronter en demi-finale le 14 juillet 2026, le match prendrait une dimension symbolique particulière. Pour le Maroc, une victoire signifierait une finale inédite dans l’histoire de la Coupe du monde. Pour l’Espagne, elle serait l’occasion de prouver la justesse du choix de Lamine Yamal. La FRMF, de son côté, a d’ores et déjà indiqué qu’elle maintiendrait une relation étroite avec le joueur et sa famille, indépendamment de ses choix sportifs. La Coupe du monde 2026 pourrait ainsi offrir une conclusion inattendue à ce dossier.

Alors que le Mondial bat son plein, la question du double choix sportif de Lamine Yamal reste d’actualité, entre respect des décisions individuelles et fierté nationale. Une chose est sûre : le jeune prodige continue de faire parler de lui, bien au-delà des pelouses.

Lamine Yamal a expliqué son choix par un acte de gratitude envers deux hommes ayant soutenu sa famille pendant la grossesse de sa mère. Il a donc adopté les prénoms Lamine et Yamal en hommage à ces personnes, tout en évoluant sous le maillot espagnol depuis ses débuts en sélection jeune.