Un groupe de députés européens s’est saisi d’un sujet qui agite actuellement le monde du football : la suspension contestée de l’attaquant américain Folarin Balogun, évitée grâce à une intervention de l’administration Trump auprès de la FIFA. Selon Euronews FR, des eurodéputés ont lancé une initiative visant à faire la lumière sur le rôle du président de la FIFA, Gianni Infantino, dans cette affaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Un carton rouge infligé à Folarin Balogun lors du match États-Unis – Bosnie-Herzégovine aurait dû entraîner une suspension automatique pour le huitième de finale contre la Belgique.
  • Donald Trump a reconnu avoir contacté Gianni Infantino pour contester cette sanction, jugée « injuste » par le président américain.
  • La FIFA a finalement levé la suspension de Balogun en invoquant une faille juridique, une première en Coupe du monde.
  • Vingt-sept associations nationales de football de l’UE sont appelées à demander une enquête sur les pressions politiques dans ce dossier.
  • L’UEFA et la Fédération belge de football ont critiqué cette décision, qualifiée de « sans précédent et injustifiable ».

Le 7 juillet 2026, alors que la Coupe du monde bat son plein, un groupe de députés européens a saisi l’institution pour exiger des comptes sur la gestion de ce dossier. La lettre, adressée aux 27 fédérations de football de l’Union européenne, leur demande d’engager une démarche officielle auprès de la FIFA afin qu’une enquête soit menée sur les conditions ayant conduit à la levée de la suspension de l’international américain. « Nous estimons qu’il est temps que les associations européennes de football, toutes membres de la FIFA, interviennent et demandent à la FIFA d’enquêter sur les processus de prise de décision liés au cas Balogun », peut-on lire dans ce texte, dont Euronews FR a pu consulter une copie.

L’affaire trouve son origine lors du match États-Unis – Bosnie-Herzégovine, où Folarin Balogun a été expulsé pour un carton rouge contesté par la partie américaine. En temps normal, cette sanction aurait dû entraîner une suspension automatique pour le huitième de finale contre la Belgique, un match à élimination directe. Pourtant, quelques heures avant la rencontre, la FIFA a annoncé lever cette suspension, s’appuyant sur une faille juridique encore jamais utilisée en Coupe du monde. Une décision qui a provoqué un tollé en Europe, où plusieurs instances ont réagi avec fermeté.

Des pressions politiques évoquées par l’administration Trump

Selon les informations rapportées par Euronews FR, Donald Trump a confirmé avoir appelé Gianni Infantino pour discuter du carton rouge infligé à Balogun. Le président américain a affirmé avoir jugé la sanction « injuste », tout en précisant n’avoir formulé aucune demande en contrepartie. « J’ai juste dit que c’était une grande injustice », a-t-il déclaré, avant de remercier le président de la FIFA pour avoir « corrigé cette erreur ». Infantino, de son côté, a assuré que l’instance disciplinaire de la FIFA était indépendante et que les règles avaient été respectées.

Cette intervention a été perçue comme une ingérence politique dans les affaires de la FIFA, une organisation censée rester neutre. Le commissaire européen Glenn Micallef, chargé du sport, n’a pas hésité à qualifier cette décision de « mauvaise décision ». Quant à l’UEFA, elle a dénoncé une mesure « sans précédent, incompréhensible et injustifiable », tandis que la Fédération belge de football a immédiatement contesté la qualification de Balogun pour le match contre son équipe.

Une mobilisation des eurodéputés pour exiger des comptes

À l’initiative des députés européens Barry Andrews (Renew Europe), Lara Wolters et Niels Fuglsang (S&D), une lettre circule actuellement au sein du Parlement européen afin de recueillir des signatures avant mercredi 18 heures, heure d’Europe centrale. Les signataires appellent les fédérations nationales à s’assurer que « les hauts responsables de la FIFA soient tenus pour responsables si des éléments laissent penser qu’ils enfreignent les règles de neutralité politique ».

Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre le football européen et les instances internationales. Les eurodéputés rappellent également une précédente lettre, signée par cinquante d’entre eux, qui réclamait une enquête sur l’attribution du Prix de la paix de la FIFA au président Trump. Autant dire que la relation entre la FIFA et le monde politique fait l’objet d’une surveillance accrue de la part des institutions européennes.

Une faille juridique controversée au cœur du débat

La FIFA justifie sa décision en invoquant une faille juridique, jamais utilisée auparavant en Coupe du monde depuis l’introduction des cartons rouges. Cette approche a été largement critiquée, notamment par les instances européennes, qui y voient une tentative de contourner les règles établies. La question se pose désormais : cette faille existe-t-elle réellement, ou a-t-elle été activée sous la pression ?

Les fédérations européennes sont désormais appelées à jouer un rôle clé dans cette affaire. Leur réponse pourrait influencer la crédibilité de la FIFA et, plus largement, celle du football mondial. Si elles choisissent de soutenir l’enquête demandée, cela pourrait ouvrir la voie à une réforme des mécanismes disciplinaires au sein de l’instance dirigeante du football. À l’inverse, un refus risquerait d’alimenter les suspicions de partialité politique.

Et maintenant ?

La lettre des députés européens doit être signée avant mercredi 18 heures, heure d’Europe centrale. Si elle obtient suffisamment de soutiens, les fédérations nationales de football de l’UE pourraient déposer une demande officielle d’enquête auprès de la FIFA. Dans le même temps, la polémique autour de l’attribution du Prix de la paix de la FIFA au président Trump devrait continuer de nourrir les débats au sein des institutions européennes. Reste à voir si ces initiatives aboutiront à des changements concrets ou si elles resteront sans suite.

Quoi qu’il en soit, cette affaire rappelle les tensions récurrentes entre le football et le monde politique, un équilibre délicat que la FIFA devra gérer avec la plus grande prudence pour préserver sa crédibilité.

La FIFA a justifié cette décision en invoquant une faille juridique, une première en Coupe du monde. Cette approche a été largement critiquée, notamment par l’UEFA et la Fédération belge de football, qui y voient une tentative de contourner les règles établies.