La cour d’appel de Montpellier a confirmé, vendredi 3 juillet 2026, la condamnation de l’influenceur algérien Boualem Naman, alias Doualemn, à cinq mois de prison avec sursis pour « incitation à la violence », selon BFM – Faits Divers. Cette décision s’inscrit dans le prolongement d’un litige judiciaire entamé en février 2025, à la suite d’un live diffusé sur TikTok où il appelait à « donner une sévère correction » à un opposant au régime algérien. Son avocate, Me Vanessa Edberg, a souligné que « cinq mois avec sursis » reflétaient une qualification juridique mesurée de ses propos, sans gravité extrême.
Ce qu'il faut retenir
- Condamnation confirmée : La cour d’appel de Montpellier a maintenu la peine de cinq mois de prison avec sursis prononcée en première instance contre Boualem Naman, alias Doualemn, pour « incitation à la violence ».
- Origine du litige : Un live TikTok diffusé en 2025 dans lequel il appelait à « donner une sévère correction » à un opposant politique en Algérie.
- Signalements multiples : L’affaire avait été signalée par le maire de Montpellier et le préfet de l’Hérault, avant d’être relayée par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bruno Retailleau.
- Situation administrative : Sous le coup d’un arrêté d’expulsion depuis 2025, il est assigné à résidence depuis dix-huit mois, une mesure qui devrait se prolonger « tout l’été », selon son avocate.
- Réactions de l’intéressé : Doualemn se présente comme une « victime collatérale » des tensions franco-algériennes et affirme avoir tourné la page des réseaux sociaux.
Une condamnation en appel pour des propos tenus en direct
Le 24 février 2025, Boualem Naman se présentait devant la cour d’assises de Montpellier pour répondre d’un live diffusé sur TikTok, dans lequel il avait appelé à « corriger » un opposant au régime algérien. Selon BFM – Faits Divers, cette vidéo avait suscité de vives réactions, conduisant à son signalement par les autorités locales. Lors de son procès, l’influenceur, âgé de 60 ans et agent de nettoyage de profession, avait nié toute intention violente, se décrivant comme une « victime collatérale » des tensions diplomatiques entre Paris et Alger. Son avocate a d’ailleurs rappelé que la peine avec sursis témoignait d’une appréciation modérée de ses actes par la justice.
Le ministère public, représenté lors de l’audience, avait maintenu l’accusation d’« incitation à la violence », soulignant la portée publique des propos tenus en direct. Dans un contexte où les tensions entre la France et l’Algérie restent sensibles, cette affaire avait rapidement pris une dimension politique. Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur et actuel président des Républicains, avait lui-même relayé l’interpellation de Doualemn sur X (ex-Twitter), en affichant une ligne ferme envers Alger. Emmanuel Macron, pour sa part, avait récemment dénoncé cette posture, qualifiant certaines prises de position de « dangereuses » pour les relations bilatérales.
Une situation administrative toujours en suspens
Boualem Naman, connu sous le pseudonyme de Doualemn sur les réseaux sociaux, est sous le coup d’un arrêté d’expulsion depuis mars 2025. Après avoir été placé en centre de rétention administrative pendant trois mois, il en était ressorti libre, faute d’accord obtenu avec les autorités algériennes. Depuis, il est assigné à résidence depuis dix-huit mois, une mesure qui, selon son avocate, « constitue une vraie privation de liberté ». L’audience prévue le 2 juillet 2026 pour statuer sur son recours contre cette assignation a été renvoyée sine die, prolongeant ainsi une incertitude juridique qui pèse sur son avenir en France.
Me Vanessa Edberg a vivement critiqué ce délai, estimant que cette situation illustrait les difficultés rencontrées par les étrangers en situation irrégulière dans l’attente d’une régularisation ou d’une expulsion. Pour Doualemn, cette affaire dépasse désormais le cadre judiciaire : il affirme avoir « tourné la page des réseaux sociaux », bien que son influence passée reste au cœur des débats. Son profil, à la croisée des tensions politiques franco-algériennes et des enjeux de modération des réseaux sociaux, soulève des questions sur la frontière entre liberté d’expression et incitation à la violence en ligne.
Un profil controversé entre engagement politique et influence en ligne
Boualem Naman, qui se présente comme un simple agent de nettoyage plutôt que comme un influenceur, a toujours assumé ses sympathies pour le gouvernement algérien. Son compte TikTok, où il cumulait des milliers d’abonnés, servait de tribune à ses prises de position en faveur d’Alger, notamment lors de périodes de crispation diplomatique. L’affaire qui l’oppose aujourd’hui à la justice française illustre les risques encourus par les personnalités publiques lorsqu’elles franchissent la ligne rouge de l’incitation à la violence, même de manière indirecte.
Cette condamnation intervient dans un contexte où les plateformes comme TikTok renforcent leurs dispositifs de modération, sous la pression des régulateurs européens. Pour Doualemn, le procès et sa condamnation pourraient marquer un tournant : après avoir été une figure des débats franco-algériens en ligne, il se retrouve aujourd’hui au cœur d’une procédure judiciaire dont les conséquences dépassent largement le cadre virtuel. Son cas rappelle également les défis posés par la gestion des contenus haineux ou violents sur les réseaux sociaux, surtout lorsqu’ils s’inscrivent dans des tensions géopolitiques.
Cette affaire soulève en effet des questions plus larges sur la responsabilité des créateurs de contenu face à des propos susceptibles de provoquer des violences, surtout dans un contexte de tensions internationales. Avec la montée en puissance des régulations européennes sur les plateformes numériques, les prochains mois pourraient voir émerger de nouvelles jurisprudences en la matière.
Il a été reconnu coupable d’« incitation à la violence » après avoir appelé, lors d’un live TikTok en 2025, à « donner une sévère correction » à un opposant au régime algérien. La cour d’appel de Montpellier a confirmé cette peine, estimant que ses propos, bien que condamnables, ne relevaient pas d’une gravité extrême justifiant une peine de prison ferme.
Il est assigné à résidence depuis dix-huit mois et fait l’objet d’un arrêté d’expulsion depuis mars 2025. Une audience prévue le 2 juillet 2026 pour son recours contre cette mesure a été reportée sine die, prolongeant ainsi son incertitude juridique.