Dans l'État de Borno, situé dans le nord-est du Nigeria, des hommes armés ont perpétré un nouvel enlèvement de masse dans un établissement scolaire secondaire. Comme le rapporte RFI, l'attaque s'est produite lundi 29 juin 2026, lorsque des assaillants ont pris pour cible le lycée de la ville de Lassa, dans le district d'Askira-Uba. Selon les autorités locales, cette zone reste l'épicentre de l'insurrection jihadiste qui secoue la région depuis plus de quinze ans.
Ce qu'il faut retenir
- 30 juin 2026 : date de l'enlèvement de masse dans le lycée de Lassa, district d'Askira-Uba, dans l'État de Borno.
- Dizaines d'élèves enlevés par des hommes armés lors d'une attaque en matinée.
- 3 morts dont un soldat, selon les autorités nigérianes.
- La région de Borno est un foyer historique de l'insurrection jihadiste au Nigeria.
- Cette attaque s'inscrit dans une série de violences récurrentes contre les populations civiles et les établissements scolaires.
Un établissement scolaire ciblé en pleine matinée
L'établissement secondaire de Lassa, où les faits se sont déroulés, est situé dans une zone déjà marquée par une forte présence des groupes armés. Les assaillants, dont l'identité n'a pas été officiellement confirmée, ont agi en début de journée, alors que les élèves étaient en cours. Selon les premières informations transmises par les autorités locales, plusieurs dizaines de lycéens auraient été emmenés de force par les kidnappeurs. L'opération a également coûté la vie à trois personnes, dont un militaire, lors des affrontements avec les forces de sécurité.
Les motivations derrière cet enlèvement restent pour l'instant inconnues. Cependant, les écoles du nord-est du Nigeria sont régulièrement prises pour cible par les groupes jihadistes, qui les considèrent comme des symboles de l'influence occidentale ou des cibles stratégiques pour semer la terreur et extorquer des rançons.
Borno, épicentre d'une insurrection persistante
Depuis plus de quinze ans, l'État de Borno est le théâtre d'une insurrection jihadiste menée principalement par le groupe Boko Haram, dont l'influence s'étend également au-delà des frontières nigérianes. Cette organisation, dont l'idéologie repose sur l'opposition à l'éducation occidentale et à l'intervention de l'État, a perpétré des milliers d'attaques contre des civils, des forces de sécurité et des infrastructures. Les enlèvements d'écoliers sont devenus une tactique récurrente pour ces groupes, visant à déstabiliser les communautés et à obtenir des gains financiers.
Les autorités nigérianes, soutenues par des forces régionales et internationales, mènent depuis des années une lutte acharnée contre ces groupes. Pourtant, malgré des succès militaires ponctuels, les attaques persistent, alimentant un climat d'insécurité chronique dans la région. Les populations locales, notamment les familles des victimes, se retrouvent souvent sans solution immédiate, tandis que les négociations pour la libération des otages peuvent s'étendre sur de longues périodes.
Une réponse sécuritaire en question
Dans les heures qui ont suivi l'attaque, les forces de sécurité nigérianes ont lancé une opération de recherche pour localiser les ravisseurs et tenter de libérer les élèves. Cependant, comme c'est souvent le cas dans cette région, les défis logistiques et sécuritaires rendent ces missions particulièrement complexes. Les autorités ont appelé à la prudence, craignant que des mouvements précipités ne mettent en danger la vie des otages.
Les réactions au niveau international n'ont pas tardé à se manifester. Plusieurs organisations non gouvernementales ont dénoncé une nouvelle violation des droits humains, tandis que certains gouvernements étrangers ont réaffirmé leur soutien à Abuja dans sa lutte contre le terrorisme. Pour autant, la question de la protection des civils et des infrastructures éducatives reste entière, alors que les groupes armés continuent de profiter des failles sécuritaires pour mener leurs actions.
Les principaux groupes actifs dans la région sont Boko Haram, dirigé par Abubakar Shekau jusqu'à sa mort en 2021, et son faction dissidente, l'État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP). Ces deux organisations mènent des attaques régulières contre les civils, les forces de sécurité et les infrastructures, avec pour objectif de déstabiliser le gouvernement nigérian et d'imposer leur vision rigoriste de l'islam.