La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, a réclamé ce mercredi une « nationalisation temporaire » de l’usine de pâte à papier Fibre Excellence, située à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), afin de lui accorder un sursis face à une liquidation judiciaire imminente. Selon nos confrères de BFM Business, elle a demandé à l’État une prise de participation publique majoritaire, assortie d’un apport financier de 15 millions d’euros, pour permettre à l’établissement de bénéficier d’un délai supplémentaire dans la recherche d’un repreneur industriel.
Cette annonce intervient alors que l’usine, à l’arrêt depuis avril 2026, emploie 270 salariés et risque une liquidation judiciaire dès le 8 septembre si le Tribunal de commerce de Toulouse ne valide pas une offre de reprise améliorée d’ici jeudi 4 septembre. Carole Delga a justifié cette demande par la nécessité de « trois à quatre mois supplémentaires » pour séduire un investisseur étranger, précisant qu’un industriel portugais avait visité les locaux mardi. Elle a souligné que les dispositifs actuels du Tribunal de commerce ne permettaient pas d’accorder ce délai, estimant que « dans ce pays, il faut arrêter l’immobilisme ».
Ce qu'il faut retenir
- L’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), spécialisée dans la pâte à papier, risque une liquidation judiciaire dès le 8 septembre 2026.
- La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, a demandé une nationalisation temporaire avec une participation de l’État à hauteur de 15 millions d’euros (5 M€ en capital et 10 M€ en trésorerie), assortie d’un apport régional de 13 millions d’euros.
- Cette mesure vise à offrir un délai de « trois à quatre mois » pour finaliser un partenariat industriel, notamment avec un investisseur étranger ayant visité l’usine mardi.
- Le Tribunal de commerce de Toulouse a exigé une amélioration de l’offre de reprise d’ici jeudi 4 septembre sous peine de prononcer la liquidation.
- L’usine emploie 270 salariés et est à l’arrêt depuis avril 2026. Son site de Tarascon (Bouches-du-Rhône) a déjà été placé en liquidation judiciaire le 29 juillet.
Une nationalisation temporaire pour sauver 270 emplois
Carole Delga a présenté cette demande de nationalisation temporaire comme une solution d’urgence pour éviter la fermeture définitive de l’usine Fibre Excellence. « Je demande une nationalisation temporaire de Fibre Excellence, avec une prise de participation de l’État, pour laisser le temps à un partenariat industriel de se former », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse. Selon ses propos rapportés par BFM Business, cette prise de participation serait « de la compétence du président de la République », ce qui implique une validation politique au plus haut niveau de l’État.
La présidente régionale a défendu cette approche en insistant sur l’urgence à agir : « Dans ce pays, il faut se battre, arrêter l’immobilisme. » Elle a également précisé que la participation financière de l’État se répartirait en 5 millions d’euros en capital et 10 millions en trésorerie, tandis que la région Occitanie apporterait 8 millions en capital et 5 millions en trésorerie, portant l’enveloppe totale à 28 millions d’euros.
Un sursis conditionné par une offre de reprise améliorée
L’avenir de l’usine dépend désormais d’une décision du Tribunal de commerce de Toulouse, qui doit trancher d’ici jeudi 4 septembre sur la recevabilité d’une offre de reprise. Carole Delga a indiqué qu’un industriel portugais avait visité l’établissement mardi, laissant entrevoir une piste de repreneur. Cependant, sans un délai supplémentaire, les chances de concrétiser ce partenariat s’amenuisent, alors que la liquidation judiciaire est programmée pour le 8 septembre.
La région Occitanie mise sur cette nationalisation temporaire pour donner « trois à quatre mois de plus » à l’usine, le temps de finaliser un accord industriel. Cette solution s’inscrit dans un contexte où les procédures classiques de redressement ne permettent pas, selon elle, de préserver l’emploi et l’outil de production. « Nous avons besoin de trois à quatre mois de plus pour trouver un investisseur étranger », a-t-elle affirmé, soulignant que les dispositifs actuels ne laissaient pas de marge de manœuvre suffisante.
Contexte industriel et enjeux économiques
L’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens est l’un des deux sites de production du groupe en France, aux côtés de celui de Tarascon (Bouches-du-Rhône), déjà placé en liquidation judiciaire le 29 juillet 2026. Ce dernier employait également des salariés, dont le sort reste aujourd’hui incertain. La fermeture de ces deux sites aurait un impact significatif sur l’emploi local et la filière papier en Occitanie, une région déjà marquée par des restructurations industrielles ces dernières années.
La crise que traverse le secteur s’inscrit dans un contexte plus large de tensions sur les matières premières et de concurrence accrue des pays émergents. Les industriels du papier en Europe doivent composer avec des coûts énergétiques élevés et une demande fluctuante, ce qui rend les repreneurs potentiels plus rares et plus exigeants. C’est pourquoi la région mise sur une intervention publique temporaire pour stabiliser la situation et attirer un partenaire industriel capable de relancer l’activité.
En attendant, les salariés et leurs représentants restent dans l’expectative, conscients que chaque jour compte. La présidente de région a indiqué qu’elle maintiendrait la pression sur les pouvoirs publics pour obtenir gain de cause, tandis que les organisations syndicales ont appelé à une mobilisation pour sauvegarder l’emploi industriel en Occitanie.
Selon Carole Delga, les procédures classiques du Tribunal de commerce ne permettent pas d’accorder le délai nécessaire pour trouver un repreneur industriel. Une nationalisation temporaire avec participation publique donnerait à l’État et à la région les moyens de stabiliser l’usine le temps de finaliser un partenariat, ce que les dispositifs actuels ne permettent pas.
La décision du Tribunal de commerce de Toulouse sur l’offre de reprise est attendue pour jeudi 4 septembre. Si celle-ci est rejetée, la liquidation judiciaire sera prononcée dès le 8 septembre. Dans le cas contraire, la région Occitanie et l’État disposeront de trois à quatre mois pour trouver un investisseur et relancer l’usine.