Alors que son nouvel album Héritage vient de paraître en mai 2026, Pascal Obispo a accordé une série d’entretiens au Monde d’Élodie sur Franceinfo. L’artiste revient sur les racines de sa carrière, marquées par le rock et les rencontres qui ont façonné son univers musical. Entre influences littéraires, collaborations et quête d’authenticité, Obispo livre une réflexion sur l’écriture et sa propre évolution artistique.
Ce qu'il faut retenir
- Pascal Obispo a commencé sa carrière musicale dans le rock à Rennes, inspiré par des groupes comme les Marquis de Sade.
- Il a fait ses débuts en première partie de Killing Joke au milieu des années 1980, dans une salle remplie de skinheads et de punks.
- Son album Héritage (2026) marque une nouvelle étape avec des titres inédits interprétés en collaboration avec des artistes proches.
- La chanson Tombé pour elle illustre sa capacité à exprimer des émotions nuancées, remplaçant initialement un projet sur Jérusalem.
- Obispo révèle avoir écrit Chlore, une chanson personnelle sur la séparation de ses parents, mais celle-ci n’a jamais été publiée.
Les débuts dans le rock et l’influence des années 1970
C’est indirectement que Pascal Obispo s’est tourné vers la musique. Enfant, il a découvert un « choc culturel » en regardant les émissions de Maritie et Gilbert Carpentier, avant de se passionner pour le rock lors de son adolescence à Rennes. « Je pense que j’ai gardé la douceur des années 70 et un peu le côté cash des années rock », a-t-il déclaré à Franceinfo. Son premier contact avec la scène musicale concrète remonte à ses débuts dans un groupe inspiré par les Marquis de Sade, un groupe emblématique de la new wave française.
En 1984 ou 1985, il assure la première partie de Killing Joke dans une salle où le public est composé de skinheads et de punks à crête. « Tu baisses un peu les yeux, tu fais ton truc et puis tu te casses », raconte-t-il sobrement. Pourtant, cette expérience lui a permis de forger une scène rock où la mélodie primait sur les textes, un équilibre qu’il a conservé tout au long de sa carrière.
La révélation de l’écriture et les chansons restées dans l’ombre
Si des titres comme Tombé pour elle ont marqué le grand public, Pascal Obispo a révélé à Franceinfo l’existence de chansons bien plus personnelles, jamais publiées. Parmi elles, Chlore, extraite de son deuxième album, évoque un moment précis de son enfance : l’annonce de la séparation de ses parents. « Mon père m’a dit qu’il avait été à la piscine, c’est la raison pour laquelle il avait les yeux rouges en m’annonçant qu’il quittait le foyer », explique-t-il. « Cette chanson est quasiment ma première chanson réelle. »
Autre projet avorté, une chanson intitulée Jérusalem, écrite après un voyage dans la ville sainte. Son équipe lui avait déconseillé de l’inclure dans l’album, faute de légitimité sur le sujet. « J’ai compris à ce moment-là, grâce à Christine Bonnet, que si je voulais perdurer un peu dans mon métier, il fallait que je commence à dire des choses vraies », confie-t-il. Tombé pour elle, inspiré par l’Île aux Oiseaux dans le bassin d’Arcachon, est devenu le titre phare de l’album, remplaçant ainsi un projet plus ambitieux mais trop risqué.
« Tombé pour elle, en fait, a remplacé Jérusalem, parce que mon histoire, ce n’est pas Jérusalem, c’est l’Île aux Oiseaux. Mes vacances, ma famille, apprendre à nager là-bas, ma région, mon bassin d’Arcachon. »
L’évolution de son rapport à l’écriture et aux collaborations
Obispo reconnaît avoir privilégié la composition musicale à l’écriture textuelle dans sa jeunesse. « Je ne me sentais pas forcément la capacité de traduire un sentiment et de décrypter un artiste avec mes mots à moi », explique-t-il. Son talent pour les mélodies rapides contrastait avec la lenteur de ses collègues auteurs, comme Etienne Daho, qui a influencé son approche des textes. « C’est grâce à Etienne Daho que j’ai trouvé ce gimmick », précise-t-il en évoquant son style d’écriture.
Pourtant, l’artiste assume aujourd’hui une certaine fainéantise passée, motivée par une compétition amicale avec ses collaborateurs. « J’avais envie de produire plus, faire beaucoup de chansons et je voulais écrire pour les autres », indique-t-il. Aujourd’hui, il se sent davantage capable d’écrire ses propres textes, bien qu’il continue à s’inspirer de poètes comme Marceline Desbordes-Valmore, dont il admire la capacité à « mettre en exergue des talents exceptionnels, surtout des souffrances exceptionnelles ».
L’album Héritage et ses collaborations
Sorti en mai 2026, Héritage marque une nouvelle étape pour Pascal Obispo, qui y interprète des titres inédits en duo avec des artistes proches. Cet album, fruit d’une réflexion sur son parcours, reflète aussi ses questionnements sur l’authenticité dans la création. « Il faut toujours trouver des nouveaux gimmicks et je crois que c’est grâce à Etienne Daho que j’ai trouvé ce gimmick », souligne-t-il, évoquant ainsi l’équilibre entre tradition et innovation dans son travail.
Parmi les titres phares, Tombé pour elle se distingue par son ancrage régional et sa dimension autobiographique. Obispo y joue sur les mots avec une référence à l’Île aux Oiseaux, transformant une expérience personnelle en une chanson universelle. « Comme c’était une île, en fait, je me suis dit que j’allais essayer de faire un petit jeu de mots à la Zazie, "Tombé pour elle, l'île aux oiseaux", enfin bref, une espèce de petite pirouette un peu marrante », raconte-t-il avec autodérision.
Son parcours, marqué par le rock, les collaborations et une quête d’authenticité, continue de s’écrire. Comme il l’a confié à Franceinfo, « il fallait que je commence à dire des choses vraies » — une maxime qui résume à elle seule l’évolution de sa carrière.
Franceinfo - Culture n’a pas précisé les noms des artistes ayant collaboré à l’album. Seuls les titres inédits interprétés avec des proches sont mentionnés.
La chanson Chlore, bien que personnelle et puissante, n’a jamais été publiée. Obispo l’a décrite comme sa « première chanson réelle », mais elle est restée dans ses archives, peut-être en raison d’un manque de cohérence avec ses albums précédents ou d’un choix artistique personnel.