La réouverture, dimanche 6 juillet 2026, de la frontière entre Goma, en République démocratique du Congo (RDC), et Gisenyi, au Rwanda, a été accueillie avec un soulagement palpable par les populations des deux côtés. Cette décision, prise par les autorités locales de Gisenyi, met un terme à plus de trente jours d’isolement imposé en raison de l’épidémie d’Ebola qui sévit dans la région. Selon RFI, les restrictions ont été assouplies dès hier, permettant à nouveau les échanges commerciaux et les déplacements entre les deux villes frontalières.
Ce qu'il faut retenir
- La frontière entre Goma (RDC) et Gisenyi (Rwanda) a été rouverte le 6 juillet 2026 après plus d’un mois de fermeture.
- La décision a été prise par les autorités locales de Gisenyi, qui ont assoupli les mesures sanitaires.
- L’épidémie d’Ebola avait motivé la fermeture des deux côtés de la frontière.
- Les populations des deux villes frontalières ont exprimé un soulagement immédiat.
Une réouverture attendue par les habitants et les commerçants
Côté congolais comme rwandais, la nouvelle a été perçue comme une bouffée d’oxygène. À Goma, les marchés informels, souvent alimentés par les échanges transfrontaliers, pourront enfin reprendre une activité normale. « Depuis plus d’un mois, nos revenus ont chuté de moitié », confie un marchand de légumes interrogé par RFI. « La réouverture va nous permettre de subvenir aux besoins de nos familles ». Du côté rwandais, les petits commerçants espèrent aussi une reprise des ventes de produits frais, comme les fruits et légumes congolais, réputés pour leur qualité.
Les autorités sanitaires des deux pays restent cependant vigilantes. « Nous maintenons une surveillance accrue aux points de passage », a indiqué un responsable du ministère de la Santé rwandais. « Les contrôles thermiques et les tests aléatoires seront maintenus pendant encore plusieurs semaines ». Côté congolais, le gouverneur de la province du Nord-Kivu a salué cette décision tout en rappelant l’importance de respecter les gestes barrières.
Un contexte sanitaire toujours fragile dans la région
L’épidémie d’Ebola en RDC, qui a débuté en mai 2026, a déjà fait plusieurs dizaines de morts dans la région de Goma. Les autorités sanitaires locales avaient justifié la fermeture de la frontière comme une mesure de précaution pour limiter la propagation du virus. « La décision de rouvrir a été mûrement réfléchie », a expliqué un porte-parole du gouvernement rwandais. « Les indicateurs épidémiologiques montrent une stabilisation de la situation ».
Pour autant, la prudence reste de mise. Les deux pays collaborent étroitement avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour éviter une résurgence de l’épidémie. Des campagnes de sensibilisation sont en cours pour rappeler aux populations les risques persistants. « Nous ne pouvons pas baisser la garde », a souligné un épidémiologiste contacté par RFI. « Ebola reste une menace réelle dans cette région ».
Cette réouverture intervient alors que la région de l’Est congolais fait face à une crise humanitaire persistante, marquée par des conflits armés et des déplacements massifs de populations. Les échanges transfrontaliers jouent un rôle clé dans l’approvisionnement en denrées de base pour des milliers de familles. Autant dire que la décision prise hier à Gisenyi pourrait avoir des répercussions bien au-delà des questions sanitaires.
Les autorités rwandaises et congolaises prévoient une réunion conjointe d’ici la fin du mois de juillet pour évaluer l’impact de cette réouverture. Des contrôles sanitaires renforcés seront maintenus dans les semaines à venir, et les restrictions pourraient être réintroduites en cas de résurgence de l’épidémie d’Ebola.