Un faux organisme, se présentant comme le Presidential Foreign Intervention Promotion Council (PFIPC), a été démantelé à Abuja après avoir mené des échanges officiels avec des agences gouvernementales nigérianes. Selon RFI, ce « Conseil présidentiel de promotion des investissements étrangers » n’était en réalité qu’une structure fictive, dirigée par un directeur autoproclamé dont l’existence s’est révélée être une supercherie.
Ce qu'il faut retenir
- Le PFIPC a mené des échanges avec des institutions nigérianes sous couvert d’une légitimité présidentielle
- Les autorités nigérianes ont confirmé que cette structure n’avait aucune existence légale
- Un faux directeur aurait été à la tête de ce prétendu conseil
- L’affaire a été révélée alors que le Nigeria cherche à attirer davantage d’investissements étrangers
- Les autorités ont engagé des investigations pour identifier les responsables de cette fraude
Une arnaque aux relents d’institution officielle
Le Presidential Foreign Intervention Promotion Council (PFIPC) s’était présenté comme un organisme gouvernemental chargé de faciliter les investissements étrangers au Nigeria. Selon les informations recueillies par RFI, ce conseil aurait mené des échanges avec plusieurs agences nigérianes, laissant croire à une reconnaissance officielle. Pourtant, les autorités ont rapidement démenti toute affiliation avec cette structure, confirmant son caractère frauduleux.
D’après les premières investigations, le PFIPC aurait été créé de toutes pièces par un individu se faisant passer pour un haut responsable. Ce dernier aurait utilisé des documents officiels et des correspondances pour donner une apparence de légitimité à son organisation. Une enquête a été ouverte pour déterminer l’ampleur de l’escroquerie et identifier les complices éventuels, a indiqué un porte-parole du gouvernement nigérian.
Un contexte économique sous tension
Cette affaire survient alors que le Nigeria, première économie d’Afrique, tente de relancer son attractivité pour les investissements étrangers. Le pays mise sur des réformes structurelles et des partenariats internationaux pour stimuler sa croissance, alors que son économie reste fragilisée par la chute des prix du pétrole et une inflation persistante. Un scandale de cette nature risque d’entacher la crédibilité des institutions nigérianes, déjà régulièrement pointées du doigt pour leur manque de transparence, souligne un analyste basé à Lagos.
Les autorités nigérianes ont assuré que des mesures seraient prises pour renforcer les contrôles sur les organismes se réclamant du gouvernement. «
Nous allons traquer toutes les structures qui abusent de notre nom pour tromper des partenaires potentiels. La réputation du Nigeria est en jeu», a déclaré un haut fonctionnaire sous couvert d’anonymat. Les échanges avec les agences étrangères concernées font désormais l’objet d’un audit interne.
Un précédent inquiétant pour les investisseurs
Cette affaire rappelle d’autres scandales récents impliquant des intermédiaires douteux se présentant comme des relais officiels. En 2024, plusieurs entreprises étrangères avaient été victimes d’arnaques similaires, perdant des millions de dollars dans des projets fantômes. Le Nigeria, qui cherche à séduire de nouveaux investisseurs, doit désormais rassurer sur sa capacité à garantir un cadre sécurisé, estime un économiste basé à Abuja.
Les autorités nigérianes ont appelé les entreprises étrangères à vérifier systématiquement la légitimité des interlocuteurs locaux avant d’engager des partenariats. Une plateforme en ligne, prévue pour septembre 2026, devrait permettre de confirmer l’authenticité des organismes se réclamant du gouvernement. Pour l’heure, les investigations se poursuivent, sans que l’identité du faux directeur n’ait été officiellement révélée.
Cette escroquerie met en lumière les défis auxquels fait face le Nigeria dans sa quête d’investissements. Entre corruption endémique et manque de transparence, le pays doit prouver qu’il est capable de garantir un environnement fiable pour les acteurs économiques internationaux.
Les responsables pourraient encourir des poursuites pour escroquerie, usurpation de fonctions et faux en écriture publique. Les peines maximales au Nigeria prévoient jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et des amendes pouvant atteindre plusieurs millions de nairas, selon le code pénal nigérian. Les complices, s’ils sont identifiés, pourraient également être poursuivis.
Le gouvernement nigérian recommande de consulter le site officiel de la présidence ou des ministères concernés, ou de contacter directement les services compétents via des canaux vérifiés. Une plateforme en ligne devrait être lancée en septembre 2026 pour centraliser ces vérifications.