Le salon SEMICON, qui se tient actuellement à Taïwan, met en lumière l’importance stratégique de l’île dans la guerre mondiale des puces électroniques. Selon nos confrères de BFM Business, cette manifestation professionnelle, centrée sur l’industrie des semi-conducteurs, intervient dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes et de course technologique effrénée.

Ce qu'il faut retenir

  • Le salon SEMICON se déroule actuellement à Taïwan, un acteur majeur de la production mondiale de semi-conducteurs
  • L’émission Tech & Co de BFM Business a consacré une partie de son édition du 2 septembre à ce salon et à ses enjeux stratégiques
  • Les invités ont évoqué le rôle central de Taïwan dans l’écosystème des puces, notamment face aux tensions avec la Chine
  • OpenAI a annoncé la suspension de certains de ses modèles intégrés à Cursor, en raison du rachat de cette entreprise par des entités liées à Elon Musk
  • L’Australie a recommandé le floutage automatique des visages sur les lunettes connectées Ray-Ban Meta

Un salon stratégique dans un contexte géopolitique tendu

Le salon SEMICON, qui se tient du 2 au 4 septembre à Taïwan, est bien plus qu’une simple manifestation professionnelle. Il incarne les enjeux économiques et technologiques qui opposent les grandes puissances mondiales. Taïwan, via son géant TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company), produit en effet près de 60 % des semi-conducteurs mondiaux et domine le marché des puces les plus avancées. Cette position centrale en fait un territoire convoité, autant qu’un point de fragilité dans la chaîne d’approvisionnement globale.

Lors de l’émission Tech & Co diffusée le 2 septembre sur BFM Business, plusieurs experts ont souligné l’importance de ce salon pour comprendre les dynamiques du secteur. Jean-Baptiste Kempf, fondateur de Kyber et co-créateur de VLC, a rappelé que Taïwan reste « le cœur battant de l’industrie des semi-conducteurs », malgré les pressions politiques et économiques exercées par Pékin.

Les invités de l’émission et leurs analyses

L’émission a réuni François Sorel avec trois intervenants : Jean-Baptiste Kempf, Enguérand Renault, directeur de la rédaction de Satellifacts, et Philippe Dewost, Strategic Advisor chez Jolt Capital et président de Phileos. Leur discussion s’est concentrée sur deux axes principaux : l’importance du salon SEMICON et les tensions autour d’OpenAI et de ses partenariats.

Selon Enguérand Renault, le salon SEMICON est « un baromètre des innovations à venir dans le secteur ». Il a précisé que les annonces faites lors de cet événement pourraient « redessiner les alliances technologiques pour les cinq prochaines années ». De son côté, Philippe Dewost a mis en garde contre les risques de dépendance de l’Europe et des États-Unis vis-à-vis de Taïwan, qualifiant cette situation de « vulnérabilité majeure pour les industries occidentales ».

OpenAI et Cursor : une rupture liée à des enjeux géopolitiques

L’un des sujets les plus commentés lors de l’émission concerne la décision d’OpenAI de suspendre ses modèles intégrés à Cursor, un éditeur de code assisté par intelligence artificielle. Selon nos confrères de BFM Business, cette décision fait suite au rachat partiel de Cursor par des entités liées à Elon Musk, dont la société SpaceX. François Sorel a rappelé que « OpenAI a justifié cette mesure par des préoccupations liées à la gouvernance et à la conformité avec ses valeurs éthiques ».

Cette affaire illustre les tensions croissantes dans l’écosystème de l’IA, où les alliances technologiques sont de plus en plus influencées par des considérations géopolitiques. Jean-Baptiste Kempf a souligné que « cette rupture montre à quel point les acteurs de la tech doivent naviguer dans un paysage où les lignes entre concurrence économique et conflits politiques s’estompent ».

L’Australie et la Corée du Sud : deux approches opposées face à l’IA

Lors de l’émission, les invités ont également évoqué deux décisions récentes prises par l’Australie et la Corée du Sud, qui illustrent des approches radicalement différentes face à l’intelligence artificielle. D’un côté, l’Australie a annoncé qu’elle recommanderait le floutage automatique des visages des personnes filmées avec les lunettes connectées Ray-Ban Meta. Cette mesure s’inscrit dans un cadre légal visant à protéger la vie privée des citoyens, dans un contexte où les technologies de reconnaissance faciale soulèvent des inquiétudes croissantes.

De l’autre, la Corée du Sud a choisi d’adopter une stratégie inverse. Le pays a annoncé qu’il offrirait un accès gratuit à des outils d’IA à tous ses citoyens d’ici la fin de l’année 2026. Enguérand Renault a qualifié cette initiative de « pari audacieux pour accélérer l’adoption de l’IA dans la société sud-coréenne ». Il a ajouté que « cette approche pourrait servir de modèle pour d’autres pays cherchant à intégrer l’IA dans leur quotidien ».

Les autres sujets abordés lors de l’émission

L’émission Tech & Co du 2 septembre a également effleuré d’autres sujets d’actualité technologique. Parmi eux, la fin de l’ère Tim Cook à la tête d’Apple, prévue pour le 31 août 2026, et l’intronisation de John Ternus comme nouveau PDG. Philippe Dewost a rappelé que « ce changement à la tête d’Apple marque une transition importante pour l’entreprise, qui doit faire face à des défis majeurs dans un marché de plus en plus concurrentiel ».

Un autre point abordé concerne le contrat remporté par Bull, filiale d’Atos, pour livrer un supercalculateur à la Finlande. Ce projet, d’un montant estimé à plusieurs centaines de millions d’euros, confirme l’importance stratégique des infrastructures de calcul haute performance en Europe.

Et maintenant ?

Le salon SEMICON, qui se poursuit jusqu’à ce 4 septembre, devrait livrer de nouvelles annonces majeures dans les prochaines heures. Les observateurs s’attendent à ce que les grandes entreprises du secteur, comme TSMC, Samsung ou Intel, dévoilent des avancées technologiques destinées à renforcer leur position sur le marché. En parallèle, les tensions autour d’OpenAI et de ses partenariats devraient continuer à alimenter les débats sur la gouvernance de l’intelligence artificielle.

Côté réglementation, l’Australie et la Corée du Sud devraient poursuivre leurs politiques respectives en matière d’IA, avec des impacts potentiels sur les autres pays. Enfin, la transition à la tête d’Apple sera à suivre de près, alors que l’entreprise tente de maintenir son leadership face à une concurrence accrue.

Pour les professionnels du secteur, ce salon et les débats qu’il suscite pourraient bien préfigurer les grandes tendances technologiques des années à venir.

Taïwan, via son champion national TSMC, produit près de 60 % des semi-conducteurs mondiaux et domine le marché des puces les plus avancées, notamment celles utilisées dans les smartphones, les ordinateurs et les infrastructures 5G. Sa position centrale en fait un acteur incontournable, mais aussi une cible géopolitique majeure pour la Chine, qui revendique la souveraineté sur l’île.