Six mois après son lancement officiel, l’organe conçu par l’administration Trump pour superviser l’avenir de Gaza peine à s’imposer. Selon Libération, ce « Conseil de la paix » – officiellement présenté comme un outil de reconstruction et de stabilisation – n’a jusqu’ici rassemblé que quelques millions de dollars et un soutien très limité sur le terrain. Pourtant, Donald Trump compte bien en faire un levier pour promouvoir sa vision de l’après-guerre, malgré des résultats initiaux décevants.
Ce qu'il faut retenir
- Seulement quelques millions de dollars ont été réunis depuis le lancement du Conseil de la paix, loin des milliards initialement évoqués pour la reconstruction de Gaza.
- Le soutien international et local reste faible, avec peu d’acteurs régionaux ou locaux impliqués dans le projet.
- Donald Trump compte pourtant utiliser ce Conseil comme un outil politique pour légitimer sa position sur le conflit israélo-palestinien.
Un projet né dans un contexte de guerre
Le Conseil de la paix a été officiellement lancé en janvier 2026, alors que la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza entrait dans sa deuxième année. Conçu sous l’égide de l’administration Trump, il devait servir de plateforme pour coordonner les efforts de reconstruction et préparer une solution politique à long terme. Pourtant, dès ses premiers mois d’existence, le projet a peiné à convaincre.
D’après Libération, les promesses financières n’ont pas suivi : sur les 10 milliards de dollars évoqués initialement par certains responsables américains, seuls quelques millions ont été effectivement engagés. « Les engagements restent très en deçà des besoins », a souligné un diplomate européen cité par le quotidien. « Sans un soutien financier massif, le Conseil risque de rester un symbole sans réel impact. »
Un manque de soutien régional et local
Autre obstacle majeur : l’absence de partenaires crédibles sur place. Ni l’Autorité palestinienne, affaiblie, ni les factions armées à Gaza n’ont adhéré au projet. Les pays arabes voisins, traditionnellement impliqués dans les dossiers palestiniens, ont également montré peu d’enthousiasme. « Pourquoi ferions-nous confiance à une initiative portée par Trump, alors que sa politique a souvent été perçue comme pro-israélienne ? » s’interroge un analyste du Moyen-Orient interrogé par Libération.
Le Conseil a tenté de se doter d’une légitimité en intégrant des figures palestiniennes modérées, mais celles-ci peinent à s’imposer dans un contexte de fragmentation politique. « Nous sommes là pour construire l’avenir, mais sans moyens concrets, c’est impossible », a déclaré Majed Bamya, un responsable palestinien impliqué dans les discussions, à Libération.
Donald Trump mise sur le Conseil pour assoir son héritage
Malgré ces difficultés, l’administration Trump ne semble pas prête à abandonner son projet. Le président américain y voit un moyen de marquer l’histoire comme l’artisan d’une paix durable au Proche-Orient, un dossier qui a échappé à ses prédécesseurs. « Ce Conseil est notre chance de montrer que les États-Unis peuvent apporter une solution juste et durable », a affirmé Donald Trump lors d’un discours en mai 2026.
Pourtant, les observateurs doutent que l’initiative survive sans un soutien international plus large. « Un Conseil sans financement et sans partenaires locaux, c’est comme un château de cartes », estime un expert en géopolitique. « Trump peut toujours en faire un outil de communication, mais les réalités sur le terrain sont bien différentes. »
Le Conseil de la paix illustre ainsi les défis auxquels se heurte toute tentative de reconstruction politique dans une région aussi divisée. Autant dire que, pour l’heure, le pari américain peine à décoller.
Le Conseil inclut des responsables américains, des représentants palestiniens modérés et quelques figures internationales, mais aucun membre du Hamas ou de l’Autorité palestinienne n’a officiellement rejoint l’initiative, selon Libération.