Plusieurs centaines de milliards d’euros d’investissements en équipements de défense doivent être annoncés cette semaine lors du sommet de l’OTAN à Ankara, selon Euronews FR. Ce rassemblement, qui s’ouvre ce mardi 7 juillet 2026, s’inscrit dans un contexte de tensions accrues avec Moscou et d’une montée en puissance des budgets militaires européens.
Ce qu'il faut retenir
- Les pays membres de l’OTAN qui ne tiennent pas leurs engagements en matière de dépenses militaires seront soumis à des pressions accrues lors du sommet d’Ankara.
- L’objectif de consacrer 5 % du PIB à la défense a été réaffirmé par la ministre néerlandaise de la Défense, Dilan Yeşilgöz-Zegerius, comme seul moyen de contrer la menace russe.
- En 2025, les dépenses de défense de l’Europe et du Canada ont bondi de 139 milliards de dollars (+20 %), mais trois alliés (Albanie, République tchèque, Slovénie) n’ont toujours pas atteint le seuil de 2 % du PIB.
- Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a exigé des plans « clairs, concrets et crédibles » pour atteindre l’objectif des 5 % lors de ce sommet.
- Parmi les équipements prioritaires figurent les systèmes Patriot, les drones et les munitions, avec des contrats estimés à plusieurs dizaines de milliards d’euros.
Une pression accrue sur les alliés récalcitrants
À l’ouverture du sommet de l’OTAN à Ankara, la question des dépenses militaires domine les débats. Les pays membres qui ne respectent pas leurs engagements en matière de budgets de défense s’exposent à des pressions de la part de leurs partenaires, a averti la ministre néerlandaise de la Défense, Dilan Yeşilgöz-Zegerius, dans un entretien accordé à Euronews FR.
Pour elle, l’objectif de 5 % du PIB consacré à la défense n’est pas négociable. « Nous avons une guerre à nos portes. Vladimir Poutine est un ennemi face à nous, et il est essentiel que nous soyons capables de lui tenir tête », a-t-elle déclaré, soulignant que la crédibilité de l’Alliance passait par des actes concrets. « L’an dernier à La Haye, nous avons fait beaucoup de promesses. Mais ces promesses n’ont de valeur que si nous les tenons », a-t-elle ajouté.
Mark Rutte exige des plans « crédibles » pour atteindre 5 %
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a lui aussi martelé l’urgence d’agir lors d’une conférence de presse précédant l’ouverture du sommet. « Ici, à Ankara, j’attends des nations qu’elles présentent des plans clairs, concrets et crédibles pour atteindre l’objectif de 5 % », a-t-il insisté. Il a rappelé que des « dizaines de milliards » de nouveaux contrats seraient annoncés, portant sur des équipements essentiels comme les systèmes de défense Patriot, les technologies de drones et les munitions.
Ces investissements visent à renforcer la dissuasion face à la Russie, mais aussi à préparer l’Alliance à d’éventuels conflits futurs. « Nous devons avoir les équipements dont nous avons besoin pour nous défendre », a-t-il martelé. Selon lui, ces annonces permettront de combler les lacunes capacitaires identifiées ces dernières années.
Des progrès notables, mais des lacunes persistantes
Les chiffres publiés par l’OTAN montrent une progression significative des dépenses de défense en Europe et au Canada. En 2025, celles-ci ont augmenté de 139 milliards de dollars (+20 %), portant le total à 122 milliards d’euros. Cette hausse reflète une volonté affichée de la plupart des alliés de renforcer leurs capacités militaires dans un contexte géopolitique tendu.
Pourtant, trois pays membres peinent toujours à respecter l’ancien seuil minimal de 2 % du PIB consacré à la défense : l’Albanie, la République tchèque et la Slovénie. Ces États, qui devraient être particulièrement ciblés par les pressions exercées à Ankara, devront présenter des trajectoires crédibles pour éviter d’être marginalisés au sein de l’Alliance.
Un sommet sous haute tension géopolitique
Ce sommet de l’OTAN intervient dans un contexte international marqué par l’invasion russe en Ukraine et les tensions croissantes entre Moscou et les pays occidentaux. La question ukrainienne devrait occuper une place centrale dans les discussions, alors que Kiev espère une nouvelle aide militaire de la part des alliés.
Par ailleurs, les tensions entre les États-Unis et certains membres européens, notamment sur la question des contributions financières, devraient resurgir. Donald Trump, dont les positions sur l’OTAN ont souvent divisé, a récemment exigé une « ordonnance restrictive » contre la Première ministre italienne Giorgia Meloni avant le sommet, selon des sources proches du dossier. Une demande qui pourrait compliquer les négociations.
En marge du sommet, les dirigeants devraient également aborder la question de l’élargissement de l’OTAN, avec une attention particulière portée à la candidature de l’Ukraine. Kiev espère une accélération de son processus d’adhésion, mais cette perspective se heurte aux réticences de plusieurs membres, notamment en raison des risques d’escalade avec la Russie.
Dans ce contexte, la crédibilité de l’OTAN dépendra de sa capacité à traduire les promesses en actions. Les prochains mois diront si les alliés sont prêts à assumer pleinement leurs responsabilités face à un environnement sécuritaire de plus en plus complexe.
Cet objectif, adopté en 2024, reflète une volonté de l’OTAN de renforcer massivement ses capacités de défense face à la menace russe. Il vise à combler les lacunes capacitaires et à moderniser les arsenaux des pays membres, notamment en matière de systèmes anti-aériens, de drones et de munitions. Selon les experts, ce seuil est jugé nécessaire pour assurer une dissuasion crédible à long terme.