Le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a confirmé, ce mardi 1er septembre 2026, une mesure restrictive concernant les séjours sans visa pour les ressortissants de l’Union européenne. Selon nos confrères de Euronews FR, la durée autorisée sera réduite de moitié, passant de 60 à 30 jours à compter du 15 septembre. Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de contrôle renforcé des flux migratoires et de lutte contre les infractions commises par des étrangers.

Ce qu'il faut retenir

  • À partir du 15 septembre 2026, les touristes européens ne pourront plus séjourner en Thaïlande sans visa pendant 60 jours, mais seulement 30 jours.
  • Cette mesure concerne plus de 60 pays, dont les 27 États membres de l’UE, ainsi que d’autres territoires comme le Royaume-Uni, le Canada ou l’Australie.
  • Les voyageurs originaires du Pérou, du Brésil et de la Corée du Sud bénéficieront, à l’inverse, d’une extension de leur exemption, passant de 60 à 90 jours.
  • Les touristes européens pourront prolonger une fois leur séjour sur décision d’un agent de l’immigration, ou opter pour un visa Destination Thailand (DTV).
  • Le tourisme représente plus de 10 % du PIB thaïlandais, malgré une fréquentation encore en deçà des niveaux d’avant la pandémie.

Une décision motivée par des enjeux sécuritaires et économiques

Comme l’avait révélé Euronews FR en mai dernier, cette réduction des séjours sans visa avait été évoquée pour répondre à une série d’affaires criminelles impliquant des ressortissants étrangers. Plusieurs médias locaux rapportent en effet l’arrestation récente de plusieurs étrangers, soupçonnés de trafic de stupéfiants, d’exploitation sexuelle ou encore de gestion illégale d’établissements hôteliers et d’écoles. Ces incidents ont poussé les autorités thaïlandaises à durcir les conditions d’entrée sur le territoire.

Pourtant, le tourisme reste un pilier de l’économie du pays. Selon les dernières données disponibles, il contribue à hauteur de 10,2 % du PIB thaïlandais et représente l’une des principales sources de devises étrangères. Malgré une légère baisse de fréquentation en 2026 – avec 21 millions de visiteurs étrangers recensés depuis le début de l’année, soit une diminution de 3 % par rapport à 2025 –, la Thaïlande conserve une place centrale sur la scène touristique mondiale.

Des alternatives pour les voyageurs européens

Si la réduction des séjours sans visa peut sembler contraignante pour les Européens, ceux-ci conservent plusieurs options pour prolonger leur séjour. D’abord, les voyageurs peuvent demander une prolongation unique, accordée au cas par cas par un agent de l’immigration thaïlandaise. Cette pratique, déjà en vigueur, permet de gagner quelques jours supplémentaires, sous réserve de justificatifs (réservation d’hôtel, billet de retour, etc.).

Une autre solution consiste à opter pour le visa Destination Thailand (DTV), conçu pour attirer des profils spécifiques comme les télétravailleurs ou les investisseurs. Ce visa permet un séjour initial de 180 jours, renouvelable une fois pour une durée équivalente. Cependant, les critères d’éligibilité sont stricts : les demandeurs doivent justifier d’un solde bancaire d’au moins 500 000 bahts (13 000 €) et fournir un contrat de travail à l’étranger pour les travailleurs à distance.

Ces mesures reflètent une volonté de diversifier l’offre touristique, en ciblant des visiteurs aux profils plus aisés et moins susceptibles de troubler l’ordre public. Pour autant, elles pourraient aussi dissuader une partie des voyageurs souhaitant effectuer des séjours courts ou de transit.

Un régime différencié selon les nationalités

Contrairement à la majorité des pays concernés par cette mesure, certains États bénéficieront d’un traitement de faveur. C’est le cas du Pérou, du Brésil et de la Corée du Sud, dont les ressortissants verront leur exemption de visa passer de 60 à 90 jours. Une décision qui surprend d’autant plus que ces pays n’étaient pas initialement cités parmi les destinations à risque.

Pour les autres, le statut reste en suspens. Le département des affaires consulaires du ministère thaïlandais des Affaires étrangères n’a pas encore communiqué sur le sort réservé aux voyageurs issus d’une vingtaine de pays, dont la Chine, les États-Unis et l’Inde. Leurs ressortissants pourraient donc continuer à bénéficier de 60 jours de séjour sans visa, à moins qu’une décision ne soit prise d’ici le 15 septembre.

Et maintenant ?

D’ici le 15 septembre, les autorités thaïlandaises devraient publier les modalités précises de mise en œuvre de cette nouvelle règle, notamment pour les prolongations et les demandes de visa DTV. Une communication ciblée auprès des ambassades et des offices de tourisme est attendue pour éviter une baisse brutale du nombre de visiteurs européens. Par ailleurs, l’impact économique de cette mesure pourrait être évalué dans les prochains mois, alors que le secteur touristique tente de se relever des effets persistants de la pandémie.

Alors que la Thaïlande cherche à concilier attractivité touristique et sécurité, cette réforme soulève une question plus large : jusqu’où un pays peut-il restreindre l’accès à son territoire sans nuire à son économie ? Une équation délicate, surtout lorsque le tourisme représente une part aussi significative du PIB national.

Un dépassement du délai autorisé peut entraîner des amendes, une expulsion ou une interdiction d’entrée future. Les autorités thaïlandaises appliquent des contrôles stricts, notamment dans les aéroports et les postes-frontières. Les voyageurs en situation irrégulière s’exposent à des sanctions pouvant aller jusqu’à 50 000 bahts d’amende (environ 1 300 €) et une expulsion immédiate.