Kiev a officiellement alerté l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), une agence de l’ONU, pour signaler que l’espace aérien russe n’était plus sûr, en raison de l’augmentation de l’activité militaire dans la région. Cette annonce, formulée par le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriï Sybiga, intervient alors que les tensions entre les deux pays s’intensifient sur le front militaire et diplomatique. Selon nos confrères du Figaro, cette démarche s’inscrit dans un contexte d’escalade des frappes et de multiplication des incidents aériens impliquant des drones ukrainiens.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Ukraine a notifié à l’OACI que l’espace aérien russe n’était « pas sûr », invoquant une hausse de l’activité militaire.
  • Le président Zelensky a averti que le ciel russe devenait « extrêmement dangereux » en raison des drones ukrainiens.
  • La Russie qualifie ces avertissements d’« illégitimes » et d’« invalides », selon son autorité de l’aviation civile.
  • Les frappes des deux camps ont causé un nombre croissant de victimes civiles, plus de quatre ans après le début de l’invasion russe.
  • L’espace aérien ukrainien reste totalement fermé depuis février 2022, tandis que les vols russes subissent des interruptions répétées.

Le chef de la diplomatie ukrainienne a souligné, sur la plateforme X, que « sur fond d’escalade drastique de la terreur exercée par la Russie contre l’Ukraine, l’espace aérien russe devient de plus en plus dangereux ». Andriï Sybiga a appelé la communauté internationale à éviter cet espace aérien, tout en insistant sur le fait que « l’Ukraine ne veut pas que des vies innocentes soient perdues ». Ces déclarations interviennent après une série de frappes ukrainiennes ciblant des infrastructures logistiques et énergétiques en Russie, notamment des sites pétroliers et portuaires.

La veille de cette notification, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait lui-même mis en garde contre les dangers croissants du ciel russe. « Les jours sûrs dans le ciel russe sont révolus », a-t-il affirmé, ajoutant que l’aviation civile n’était pas une cible directe, mais qu’elle n’avait « pas sa place dans un ciel infesté de drones ». Zelensky a qualifié cette réponse de « juste », accusant Moscou de prolonger la guerre en semant la « terreur contre les civils ».

Une crise qui s’aggrave entre Kiev et Moscou

Les tensions se sont encore cristallisées lors d’une réaction du président russe Vladimir Poutine, qui a qualifié la déclaration ukrainienne de « terrorisme d’État ». « Si de telles tragédies se produisent, nous saurons comment répondre », a-t-il déclaré devant des médias russes à l’issue du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui s’est tenu lundi et mardi au Kirghizistan. Cette escalade verbale illustre l’impasse dans laquelle se trouve le conflit, quatre ans et demi après son déclenchement, et alors que les négociations diplomatiques restent au point mort depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Les frappes récentes ont ciblé des infrastructures civiles, entraînant des interruptions fréquentes du trafic aérien dans les grands aéroports russes, comme celui de Moscou. L’espace aérien ukrainien, quant à lui, est totalement fermé depuis le début de l’invasion en 2022. Les drones ukrainiens, de plus en plus utilisés pour des frappes profondes, perturbent également la navigation aérienne en Russie, selon plusieurs sources.

« Nous exhortons chacun à éviter l’espace aérien russe », a déclaré Andriï Sybiga, soulignant que cette mesure visait à protéger les civils et les compagnies aériennes.

L’OACI appelle à protéger les avions civils

Face à cette situation, l’OACI a publié un appel à tous ses États membres, les incitant à « protéger les avions civils » des risques liés aux zones de conflit. L’agence onusienne rappelle que les vols commerciaux ne doivent pas être exposés aux dangers des opérations militaires. « Les risques pour l’aviation civile dans ces zones sont réels et doivent être pris au sérieux », a indiqué une porte-parole de l’organisation.

En réponse aux critiques ukrainiennes, l’autorité russe de l’aviation civile a rejeté ces avertissements, les qualifiant d’« illégitimes » et d’« invalides ». Cette position reflète le désaccord persistant entre les deux pays sur la sécurité aérienne, alors que les incidents se multiplient. Les drones ukrainiens, en particulier, ont provoqué des perturbations majeures dans plusieurs régions russes, forçant des compagnies aériennes à annuler ou dérouter des vols.

Un conflit qui s’étend sur plusieurs fronts

Le conflit en Ukraine, qui dure depuis plus de quatre ans, continue de s’aggraver sur le plan humanitaire et militaire. Les frappes ukrainiennes et russes ont causé des milliers de victimes civiles, tandis que les infrastructures énergétiques et logistiques des deux pays sont régulièrement visées. Les efforts diplomatiques, notamment sous médiation américaine, restent paralysés depuis l’escalade au Moyen-Orient, limitant toute perspective de résolution rapide.

Dans ce contexte, la notification ukrainienne à l’OACI s’ajoute à une série de mesures prises par Kiev pour alerter la communauté internationale sur les dangers liés à la poursuite des hostilités. Les autorités ukrainiennes insistent sur le fait que ces actions visent à éviter des catastrophes humanitaires, tout en maintenant la pression sur Moscou.

Et maintenant ?

Pour l’heure, la Russie n’a pas annoncé de mesures spécifiques en réponse à l’avertissement ukrainien, se contentant de le qualifier de « terrorisme d’État ». L’OACI, de son côté, pourrait renforcer ses recommandations aux compagnies aériennes pour éviter l’espace aérien russe, mais aucune décision immédiate n’a été prise. La situation dépendra en grande partie de l’évolution des frappes et des réponses diplomatiques dans les semaines à venir.

La question reste entière : les compagnies aériennes vont-elles suivre les recommandations de Kiev, ou Moscou parviendra-t-il à convaincre la communauté internationale de la légitimité de ses actions ? Une chose est sûre : l’escalade militaire et les tensions diplomatiques ne montrent aucun signe d’apaisement.

Kiev invoque l’augmentation de l’activité militaire russe et l’utilisation croissante de drones ukrainiens pour frapper des cibles en profondeur sur le territoire russe. Ces drones, selon les autorités ukrainiennes, rendent le ciel russe imprévisible et risqué pour les vols civils.