L’ancien commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Valeri Zaloujny, actuellement ambassadeur à Londres, s’apprête à se présenter à l’élection présidentielle ukrainienne face au président sortant Volodymyr Zelensky, selon Euronews FR. Cette annonce intervient alors que la confiance des Ukrainiens envers le chef de l’État reste stable, mais que d’autres figures militaires bénéficient d’un soutien encore plus marqué.

Ce qu'il faut retenir

  • Valeri Zaloujny, héros national après la défense de Kyiv en 2022, confirme sa candidature à la présidentielle ukrainienne, malgré son absence passée d’ambition politique.
  • Début juin 2026, 61 % des Ukrainiens faisaient encore confiance à Zelensky, un niveau stable depuis avril, selon l’Institut international de sociologie de Kyiv (KIIS).
  • Zaloujny enregistre un taux de confiance de 73 %, le plaçant comme le principal rival potentiel de Zelensky.
  • Le général, limogé en février 2024 après l’échec de la contre-offensive, avait alors exprimé sa frustration dans une tribune sur « l’incapacité des institutions étatiques ».
  • Parmi les autres figures militaires, Robert « Magyar » Brovdi (70 %) et Kyrylo Boudanov (70 %) bénéficient d’une popularité élevée, sans afficher d’ambition politique pour l’instant.

Selon Ukraïnska Pravda, cité par Euronews FR, Valeri Zaloujny a été convoqué à Kyiv à la mi-juin 2026. Le président Zelensky lui aurait demandé s’il envisageait de se présenter à l’élection présidentielle si celle-ci devait se tenir à l’automne. Zaloujny a répondu par l’affirmative, précisant dans ses déclarations : « Je n’ai jamais cherché à faire carrière en politique, mais de nombreuses personnes placent leurs espoirs en moi. Je ne saurais expliquer pourquoi je devrais ignorer cette confiance. »

Cette candidature potentielle s’inscrit dans un contexte où la popularité de Zelensky, bien que stable, est désormais contestée par des figures militaires dont l’influence grandit. Début juin 2026, l’Institut international de sociologie de Kyiv (KIIS) révélait que 61 % des Ukrainiens lui faisaient encore confiance, un chiffre inchangé depuis avril. Parmi les responsables politiques, le maire de Kharkiv, Ihor Terekhov, arrivait en tête avec 52 % d’opinions favorables, mais restait loin derrière le président.

En revanche, plusieurs militaires jouissent d’une popularité bien plus élevée. Le commandant des forces ukrainiennes de systèmes sans pilote (drones), Robert « Magyar » Brovdi, recueillait 70 % de confiance. Son bilan, marqué par des frappes de drones de moyenne et longue portée contre des cibles russes — dont Moscou et la Crimée occupée —, explique en grande partie cette adhésion. Kyrylo Boudanov, chef de cabinet de Zelensky et ancien directeur du renseignement militaire (HUR), bénéficiait lui aussi de 70 % d’opinions favorables, un score qui s’est renforcé pendant sa direction du HUR. Aucun des deux n’a pour l’instant exprimé publiquement une volonté de se lancer en politique.

Zaloujny, lui, affiche un taux de confiance de 73 %, soit le plus élevé du pays. Son parcours explique largement cette popularité. Nommé commandant en chef en juillet 2021, six mois avant l’invasion russe, il a joué un rôle clé dans la défense de Kyiv face à l’assaut de février 2022. Peu médiatisé à l’époque, son nom est devenu synonyme de résistance, notamment après la libération éclair de Kharkiv en 2022. Son limogeage en février 2024, officiellement justifié par la nécessité de « renouveler le commandement » après l’échec de la contre-offensive de 2023, avait alors suscité des spéculations sur ses ambitions politiques. Dans une tribune publiée avant son départ, il avait dénoncé « l’incapacité des institutions étatiques ukrainiennes à renforcer les effectifs de nos forces armées sans recourir à des mesures impopulaires ».

Quelques semaines plus tard, Zaloujny était nommé ambassadeur à Londres, un poste qu’il occupe toujours. Zelensky avait alors assuré qu’il lui avait confié vouloir s’engager dans la diplomatie. Depuis, l’ancien général est resté discret, évitant toute critique publique à l’encontre du président. Pourtant, son statut de héros national, préservé malgré son absence de la scène politique, pourrait désormais se transformer en une candidature crédible. Euronews FR souligne que sa popularité, bien supérieure à celle de Zelensky, en fait un adversaire sérieux si une élection anticipée devait se tenir.

Cette situation rappelle les tensions entre les deux hommes lors du limogeage de Zaloujny. Selon des sources citées par Euronews FR, des rumeurs circulaient alors selon lesquelles Zelensky voyait dans la popularité croissante de son ancien commandant en chef une menace pour sa propre position. Depuis, Zaloujny a toujours évité de s’exprimer sur ces tensions, préférant se concentrer sur sa mission diplomatique. Son silence apparent n’a pas empêché sa popularité de continuer à progresser, au point de devenir un enjeu électoral potentiel.

Et maintenant ?

La prochaine étape dépendra des décisions de la commission électorale ukrainienne concernant le calendrier et les candidats autorisés à se présenter. Si l’élection présidentielle devait avoir lieu à l’automne 2026, comme évoqué par Zelensky lors de son entretien avec Zaloujny, les prochains mois pourraient être marqués par des déclarations officielles et des stratégies de campagne. La capacité de Zaloujny à convertir sa popularité militaire en soutien politique sera déterminante. De son côté, Zelensky devra composer avec une opposition militaire mieux armée en termes de confiance populaire, ce qui pourrait influencer ses choix stratégiques dans les semaines à venir.

Cette annonce intervient alors que l’Ukraine reste engagée dans un conflit avec la Russie, un contexte qui rend toute élection présidentielle particulièrement sensible. Les prochains sondages, ainsi que les prises de position des autres figures politiques et militaires, seront scrutés de près par les observateurs internationaux et la population ukrainienne.

Zaloujny est devenu une figure emblématique après avoir dirigé la défense de Kyiv en février 2022, lors de l’invasion russe. Son rôle dans la libération de Kharkiv en 2022 a renforcé sa réputation de leader déterminé. Malgré son limogeage en février 2024, sa popularité n’a cessé de croître, atteignant 73 % de confiance début juin 2026, selon le KIIS.