Selon RFI, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a atterri mardi 7 juillet à Addis-Abeba, en Éthiopie, pour une visite de travail dans le cadre d’une tournée diplomatique en Afrique. Cette escale africaine marque une étape supplémentaire dans les efforts de Moscou pour renforcer ses partenariats sur le continent, alors que la guerre en Ukraine et les tensions géopolitiques internationales redessinent les alliances.

Ce qu'il faut retenir

  • Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’est rendu mardi 7 juillet à Addis-Abeba, en Éthiopie.
  • Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une tournée africaine visant à consolider les relations diplomatiques et économiques de la Russie sur le continent.
  • Lavrov est attendu ce mercredi 8 juillet au Niger, où il doit poursuivre ses échanges avec les autorités locales.
  • Cette tournée s’inscrit dans un contexte de réaffirmation de l’influence russe en Afrique, face à la présence d’autres acteurs internationaux.

Une étape clé dans la stratégie africaine de Moscou

La présence de Sergueï Lavrov à Addis-Abeba n’est pas anodine. L’Éthiopie, qui abrite le siège de l’Union africaine, constitue un passage obligé pour tout diplomate cherchant à s’imposer comme un acteur majeur sur le continent. Selon RFI, cette visite doit permettre de discuter des enjeux sécuritaires, économiques et énergétiques, dans un contexte où plusieurs pays africains multiplient les partenariats avec la Russie.

« La Russie continue de jouer un rôle central dans les discussions sur la sécurité et le développement en Afrique », a rappelé un observateur politique interrogé par RFI. Depuis le début de l’année 2026, Moscou a multiplié les initiatives pour renforcer son influence, notamment en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, où la junte au pouvoir au Niger a récemment rompu ses liens avec la France pour se rapprocher de Moscou.

Le Niger, nouvelle étape d’une tournée diplomatique

Après son escale éthiopienne, Sergueï Lavrov doit se rendre ce mercredi 8 juillet à Niamey, capitale du Niger. Ce déplacement intervient alors que le pays, dirigé par une junte militaire depuis juillet 2023, a basculé dans une nouvelle phase de ses relations internationales. En mars 2026, les autorités nigériennes ont annoncé la fin des accords militaires avec la France et un rapprochement marqué avec la Russie, notamment dans les domaines de la sécurité et de l’énergie.

Les discussions prévues entre Lavrov et les dirigeants nigériens devraient porter sur plusieurs sujets, dont la livraison d’équipements militaires, l’exploitation des ressources naturelles et la coopération dans le secteur de l’énergie. « Le Niger est un partenaire stratégique pour la Russie en Afrique de l’Ouest », a souligné un responsable russe sous couvert d’anonymat.

Un contexte géopolitique en pleine recomposition

Cette tournée africaine de Sergueï Lavrov s’inscrit dans un contexte où la Russie cherche à contrebalancer l’influence occidentale sur le continent. Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en 2022, Moscou a multiplié les partenariats en Afrique, en particulier avec les régimes militaires qui ont pris le pouvoir ces dernières années, comme au Mali, au Burkina Faso ou au Niger. Ces pays ont souvent rompu leurs accords avec la France et se sont tournés vers des alternatives, dont la Russie.

« La Russie mise sur des alliances solides avec des régimes qui partagent une vision similaire de l’ordre international », a expliqué un analyste basé à Paris. Cette stratégie s’accompagne d’un discours anti-colonial et anti-occidental, qui trouve un écho certain dans plusieurs capitales africaines.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de cette tournée diplomatique de Lavrov pourraient inclure des visites dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest ou centrale, où la Russie cherche à étendre son influence. Une rencontre avec les représentants de l’Union africaine à Addis-Abeba pourrait également être organisée pour discuter des enjeux continentaux. Sur le plan bilatéral, les résultats concrets de ses échanges avec les autorités nigériennes devraient se concrétiser dans les semaines à venir, notamment en matière de sécurité et d’économie.

Selon les observateurs, cette tournée confirme la volonté de Moscou de maintenir une présence active en Afrique, malgré les sanctions internationales et les tensions géopolitiques persistantes. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact réel de ces initiatives sur les équilibres régionaux.

Le Niger représente un partenaire stratégique en Afrique de l’Ouest pour plusieurs raisons. D’une part, le pays dispose de ressources naturelles importantes, notamment de l’uranium, essentiel à l’industrie nucléaire russe. D’autre part, la junte au pouvoir depuis 2023 a rompu ses accords avec la France et se tourne vers des alternatives, dont la Russie, pour sécuriser son régime. Enfin, Niamey pourrait servir de base logistique pour étendre l’influence russe dans la région, notamment au Sahel.