L’archevêché de Lyon a annoncé, ce mercredi 2 septembre 2026, avoir pris des sanctions disciplinaires contre le père Jean-Bernard Plessy, 63 ans, ancien directeur du groupe scolaire des Chartreux à Lyon et Saint-Étienne. Comme le rapporte le Figaro, Mgr Olivier de Germay, archevêque de Lyon, a révélé que le religieux entretenait une relation avec une étudiante majeure placée sous son autorité. Une situation qui a conduit l’autorité ecclésiastique à ouvrir une enquête canonique et à prononcer des mesures conservatoires immédiates.

Ce qu'il faut retenir

  • Le père Jean-Bernard Plessy, 63 ans, a été écarté de son poste de directeur des Chartreux après avoir entretenu une relation avec une élève majeure.
  • L’archevêque de Lyon, Mgr Olivier de Germay, a ordonné une enquête canonique dès juin 2026 et pris des mesures conservatoires.
  • Le père Plessy, qui dirigeait l’établissement depuis 27 ans, avait annoncé sa démission en juillet 2026.
  • Un signalement pénal a été transmis au procureur de la République de Lyon pour vérifications.
  • Le groupe scolaire des Chartreux compte 4 000 élèves, de la maternelle au post-bac.

Une relation sous autorité ecclésiastique

Selon le communiqué publié par l’archevêché, Mgr Olivier de Germay a été « informé en juin 2026 » de la relation entretenue par le père Jean-Bernard Plessy avec une étudiante majeure. Cette dernière était placée sous son autorité en tant que directeur du groupe scolaire des Chartreux, un établissement catholique accueillant 4 000 élèves, de la maternelle aux formations post-bac (BTS et licence). « Un signalement pénal a également été effectué auprès du procureur de la République de Lyon afin que des vérifications nécessaires puissent être diligentées », précise le communiqué mis en ligne sur le site de l’institution. Contacté par l’AFP, le parquet lyonnais n’a pas immédiatement répondu.

Dès l’annonce des faits, l’archevêché a pris des « mesures conservatoires » : le père Plessy a été retiré de ses fonctions de directeur et lui a été interdit de se rendre sur les sites du groupe scolaire, situés à Lyon et à Saint-Étienne. Ces décisions s’inscrivent dans le cadre d’une enquête canonique, procédure interne à l’Église catholique visant à évaluer les manquements éventuels aux règles morales et disciplinaires.

Un parcours ecclésiastique de plus de trois décennies

Ordonné prêtre du diocèse de Saint-Étienne en 1991, Jean-Bernard Plessy a été transféré dans le diocèse de Lyon en 1999. C’est dans ce dernier qu’il a pris la tête du groupe scolaire des Chartreux, un établissement historique de l’enseignement catholique lyonnais. Son mandat de 27 ans à la direction de l’institution s’est achevé par une démission annoncée aux parents d’élèves dans un courrier daté du 9 juillet 2026. « Il faut savoir partir dans la reconnaissance et le sentiment du devoir accompli », écrivait-il alors. Sa démission, intervenue avant les révélations sur sa relation avec l’étudiante, avait été présentée comme un choix personnel et professionnel.

Cette fin de mandat coïncide désormais avec une mise en cause disciplinaire lourde, qui pourrait avoir des répercussions sur l’image et le fonctionnement de l’établissement. Les Chartreux, l’un des groupes scolaires les plus réputés de la région Auvergne-Rhône-Alpes, se retrouvent ainsi au cœur d’une polémique mettant en lumière les tensions entre vie privée et responsabilité éducative dans un cadre religieux.

Les suites judiciaires et ecclésiastiques

Le signalement effectué auprès du procureur de la République de Lyon ouvre la voie à une éventuelle enquête pénale. Les faits, impliquant une personne majeure sous l’autorité du prêtre, pourraient être examinés sous l’angle des abus de faiblesse ou des conflits d’intérêts, bien que la relation en elle-même ne soit pas illégale en droit français si elle est consentie. « Des vérifications nécessaires » sont désormais attendues de la part du parquet, qui n’a pas encore communiqué sur l’avancement de cette procédure.

Côté ecclésiastique, l’enquête canonique devrait se poursuivre pour déterminer si le père Plessy a enfreint les règles internes de l’Église catholique, notamment celles relatives à la probité et à l’exemplarité des clercs. Mgr de Germay, qui a pris la décision de sanctions, n’a pas précisé si d’autres mesures, comme une suspension ou une exclusion définitive de l’état clérical, pourraient être envisagées. Ces procédures internes peuvent parfois aboutir à des sanctions symboliques ou à des exclusions, selon la gravité des manquements constatés.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront en partie des conclusions de l’enquête canonique, qui pourrait aboutir d’ici quelques semaines ou mois, ainsi que des suites données par le parquet lyonnais. Une décision judiciaire pourrait intervenir dans les prochains mois, tandis que l’Église catholique devrait rendre publics les résultats de son enquête interne. Pour l’établissement des Chartreux, la priorité sera de rassurer les familles et les élèves dans un contexte où la confiance dans l’institution pourrait être ébranlée.

Le groupe scolaire, qui a repris le chemin des cours depuis la rentrée, devra également gérer les conséquences de cette affaire sur son image et son fonctionnement. Aucune communication supplémentaire n’a été prévue pour l’instant, mais la direction de l’établissement a indiqué qu’elle restait à la disposition des parents d’élèves pour toute question.

Les sanctions peuvent aller d’une simple réprimande à une exclusion temporaire ou définitive de l’état clérical, selon la gravité des faits et leur caractère répété. L’Église catholique prévoit des procédures disciplinaires internes, comme l’enquête canonique, qui peuvent aboutir à des mesures de suspension ou de retrait des responsabilités pastorales. Dans les cas les plus graves, une laïcisation (exclusion de l’état clérical) peut être prononcée.