Port-Vila, Vanuatu – Le différend territorial opposant Vanuatu à la France concernant deux îlots du Pacifique Sud, Matthew et Hunter, vient de franchir une nouvelle étape. Selon nos confrères du Monde – Politique, l’archipel océanien a déposé, ce mardi 1er septembre 2026, un recours devant la Cour internationale de Justice (CIJ), basée à La Haye. Une démarche qui marque une escalade dans une querelle persistante depuis des décennies, alors que Port-Vila revendique la souveraineté sur ces deux territoires administrés par la France.
Ce qu'il faut retenir
- Le 1er septembre 2026, Vanuatu a déposé un recours auprès de la Cour internationale de Justice pour trancher son différend frontalier avec la France concernant les îlots Matthew et Hunter.
- Ces deux territoires, administrés par la France depuis plus d’un siècle, sont revendiqués par Port-Vila, qui les considère comme faisant partie intégrante de son territoire national.
- Le litige porte sur une zone stratégique dans le Pacifique Sud, riche en ressources halieutiques et potentiellement en hydrocarbures.
- La France a toujours considéré que Matthew et Hunter, inhabités, relevaient de sa souveraineté, sans que cette position ne soit contestée officiellement jusqu’à présent.
- Cette saisine intervient dans un contexte où Vanuatu renforce sa stratégie diplomatique pour faire valoir ses revendications territoriales en mer.
- La CIJ devra désormais examiner la recevabilité du recours avant d’entamer une procédure éventuelle sur le fond.
Un différend historique ravivé par des enjeux modernes
Le conflit entre Vanuatu et la France au sujet des îlots Matthew et Hunter remonte à plusieurs décennies. Ces deux récifs coralliens, situés à environ 300 kilomètres au nord-est de l’île d’Anatom – la plus méridionale de l’archipel de Vanuatu –, sont administrés par la France depuis 1929. Pourtant, Port-Vila n’a jamais abandonné sa revendication, estimant que ces territoires, bien que minuscules, s’inscrivent dans la continuité géographique de son espace maritime. Selon Le Monde – Politique, cette nouvelle étape judiciaire s’inscrit dans une stratégie plus large de Vanuatu pour sécuriser ses frontières maritimes, notamment face à des tensions récurrentes avec la France sur des questions de pêche et d’exploitation des ressources.
Les enjeux ne sont pas seulement symboliques. Les eaux autour de Matthew et Hunter sont réputées riches en poissons, et des études géologiques évoquent la possible présence de gisements d’hydrocarbures. « Pour Vanuatu, il s’agit de protéger ses intérêts économiques futurs », a précisé un diplomate océanien sous couvert d’anonymat. La France, de son côté, n’a pas encore réagi officiellement à cette saisine, mais les observateurs s’attendent à une défense ferme de sa position.
Une procédure internationale aux multiples inconnues
La saisine de la CIJ par Vanuatu ne garantit pas une issue rapide. La Cour devra d’abord se prononcer sur sa compétence et la recevabilité du recours avant d’entamer, le cas échéant, l’examen au fond. « Cela peut prendre des années », souligne un juriste spécialisé en droit international. Le traité de 1982 sur le droit de la mer, ratifié par les deux pays, prévoit des mécanismes de règlement des différends, mais leur application reste souvent lente.
Parmi les scénarios possibles, une médiation ou un compromis pourrait être trouvé avant un jugement. Cependant, Paris n’a jusqu’à présent montré aucune volonté de négocier, préférant s’en remettre aux procédures internationales. « La France considère que sa souveraineté sur ces îlots est incontestable », a rappelé un haut fonctionnaire du ministère des Outre-mer, cité par Le Monde – Politique. Vanuatu, lui, mise sur une décision de la CIJ pour légitimer sa revendication et faire pression sur la France, notamment dans les instances régionales comme le Forum des Îles du Pacifique.
Dans un contexte où les rivalités géopolitiques dans le Pacifique se multiplient, cette affaire illustre les défis posés par les litiges territoriaux en mer, alors que les ressources et les zones économiques exclusives deviennent des enjeux cruciaux pour les États insulaires.
Vanuatu considère que ces deux îlots, situés à proximité de ses eaux territoriales, font partie intégrante de son espace maritime national. La revendication s’appuie sur des arguments géographiques et historiques, bien que la France les administre depuis près d’un siècle.