Quand un patient se plaint de vertiges, les causes peuvent être multiples : une simple baisse de tension, un trouble de l’oreille interne, ou encore une pathologie cardiaque sous-jacente. Une cardiologue américaine, le Dr Nicole Harkin, explique dans les colonnes de Top Santé qu’elle commence toujours par poser une question précise pour affiner son diagnostic. Une approche qui permet d’orienter rapidement la prise en charge et d’éviter des erreurs médicales.

Ce qu'il faut retenir

  • Les vertiges peuvent cacher des causes variées, allant du bénin au grave, selon l’American Heart Association.
  • Le Dr Nicole Harkin, cardiologue aux États-Unis, utilise une méthode simple pour distinguer les origines possibles.
  • La première question posée par le médecin peut éviter des diagnostics erronés et accélérer la prise en charge.

Des symptômes qui ne trompent pas… mais qui cachent souvent des réalités différentes

Le terme « vertige » recouvre en réalité des réalités très différentes. Certains patients décrivent une sensation de rotation, comme s’ils étaient sur un manège, tandis que d’autres évoquent une impression de déséquilibre ou de flottement, comme s’ils allaient s’évanouir. Selon une étude publiée par l’American Academy of Neurology, près de 20 % des adultes aux États-Unis rapportent avoir déjà ressenti des vertiges au cours de leur vie. Une donnée qui montre à quel point ce symptôme est répandu, mais aussi à quel point il peut être trompeur.

Côté causes, les étiologies sont multiples : troubles de l’oreille interne (comme la névrite vestibulaire), hypotension orthostatique, migraines vestibulaires, ou encore des problèmes cardiaques. Pour le Dr Harkin, interrogée par Top Santé, l’enjeu est de ne pas se contenter de traiter le symptôme, mais bien d’en identifier la racine. « Ce n’est pas la même chose qu’un patient dise qu’il a la tête qui tourne parce qu’il s’est levé trop vite, ou parce qu’il souffre d’une arythmie cardiaque », précise-t-elle. Autant dire que la nuance change tout.

La question qui change tout : un réflexe diagnostic simple et efficace

Face à un patient se plaignant de vertiges, le Dr Nicole Harkin commence systématiquement par une question : « Quand vous ressentez ces vertiges, avez-vous aussi des palpitations ou une sensation d’oppression dans la poitrine ? ». Cette interrogation, en apparence anodine, permet de faire le tri entre une origine bénigne et une cause potentiellement cardiovasculaire. « Cela prend dix secondes, mais cela peut sauver des vies », explique-t-elle dans une interview accordée à Top Santé.

Selon la cardiologue, cette première étape est cruciale. « Les vertiges liés à un problème cardiaque s’accompagnent souvent d’autres signes : essoufflement, fatigue intense, ou douleurs thoraciques. Si le patient répond par l’affirmative, on sait immédiatement qu’il faut approfondir du côté cardiologique », ajoute-t-elle. À l’inverse, si la réponse est négative, le médecin peut écarter cette piste et se concentrer sur d’autres causes, comme un trouble vestibulaire ou une hypotension.

« Ce n’est pas la même chose qu’un patient dise qu’il a la tête qui tourne parce qu’il s’est levé trop vite, ou parce qu’il souffre d’une arythmie cardiaque. »
— Dr Nicole Harkin, cardiologue

Pourquoi cette approche séduit-elle les professionnels de santé ?

La méthode du Dr Harkin s’inscrit dans une logique de médecine personnalisée et de gain de temps. Dans un système de santé où les consultations sont parfois limitées à quelques minutes, chaque seconde compte. « En posant cette question en premier, on évite de perdre du temps à explorer des pistes inutiles », confirme le Dr Harkin. Une approche qui a déjà convaincu de nombreux confrères, notamment aux États-Unis, où les maladies cardiovasculaires restent la première cause de mortalité.

En France, les vertiges représentent également un motif fréquent de consultation aux urgences. Selon les données de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, ils représentent près de 3 % des passages aux services d’urgence chaque année. Un chiffre qui souligne l’importance d’un diagnostic rapide et précis. Pour autant, les recommandations officielles en France ne mentionnent pas encore cette question spécifique comme un réflexe systématique. « Cela pourrait changer si les études démontrent son efficacité à grande échelle », confie un médecin urgentiste parisien, sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

Pour l’instant, la méthode du Dr Harkin reste une initiative individuelle, bien que de plus en plus de professionnels s’y intéressent. Une étude clinique est en cours aux États-Unis pour évaluer l’impact de cette question sur le taux de diagnostics erronés liés aux vertiges. Les résultats sont attendus pour la fin de l’année 2026. En France, si l’expérience se révélait concluante, elle pourrait être intégrée aux bonnes pratiques des urgences d’ici 2027.

En attendant, les patients souffrant de vertiges ont tout intérêt à décrire leurs symptômes avec précision à leur médecin. Et les professionnels de santé, eux, gagneraient à s’inspirer de cette approche simple mais efficace. Une chose est sûre : dans un domaine où chaque détail compte, poser la bonne question en premier peut faire toute la différence.

Les vertiges peuvent avoir plusieurs origines : troubles de l’oreille interne (comme la névrite vestibulaire ou la maladie de Ménière), hypotension orthostatique, migraines vestibulaires, anémie, déshydratation, ou encore des problèmes cardiaques ou neurologiques. Une prise en charge médicale est recommandée pour identifier la cause exacte.