Plusieurs localités du nord et du centre du Mali ont été le théâtre de combats ces dernières 48 heures, selon France 24. Gao, Anéfis et Sévaré ont particulièrement été touchées par des affrontements, confirmant une recrudescence de l’insécurité dans une région déjà fragilisée. Ces incidents surviennent alors que la junte militaire au pouvoir à Bamako tente de maintenir son contrôle face à une insurrection jihadiste persistante et à des tensions communautaires récurrentes.
Ce qu'il faut retenir
- Des combats ont éclaté à Gao, Anéfis et Sévaré, entraînant des pertes civiles et militaires.
- Les autorités maliennes n’ont pas encore fait de bilan officiel des victimes.
- Ces violences s’inscrivent dans un contexte de résurgence des attaques jihadistes au Sahel.
- La junte de Bamako, au pouvoir depuis 2020, fait face à une multiplication des défis sécuritaires et politiques.
Un regain de violences dans le nord du Mali
À Gao, des échanges de tirs entre groupes armés et forces de sécurité ont été rapportés en début de semaine, sans que l’on puisse déterminer avec certitude l’origine exacte des attaques. D’après les premiers témoignages recueillis par France 24, des positions militaires auraient été ciblées par des engins explosifs improvisés, avant que des combats rapprochés n’éclatent dans les quartiers périphériques de la ville. Les forces de l’État, en sous-effectif, tentent de sécuriser les axes routiers principaux, mais peinent à couvrir l’ensemble du territoire.
Les affrontements se sont également étendus à Anéfis, où des milices locales, parfois alliées à l’armée régulière, auraient affronté des éléments présumés jihadistes. Cette localité, située à la frontière entre le nord et le centre du pays, est un point stratégique pour le contrôle des trafics et des ressources. Les combats y ont duré plusieurs heures, avant que les forces pro-gouvernementales ne parviennent à repousser les assaillants, sans pour autant revendiquer une victoire totale. Les habitants, pris entre deux feux, ont massivement fui vers des zones plus sûres.
Sévaré, nouveau foyer de tension au centre du Mali
Plus au sud, Sévaré, déjà éprouvée par des années de violences intercommunautaires, a connu une escalade des tensions ce week-end. Des combats entre groupes armés rivaux ont éclaté en marge d’un marché local, faisant plusieurs morts parmi les civils. Les autorités locales, contactées par France 24, ont évoqué des « affrontements sporadiques » sans préciser l’identité des belligérants. Un responsable municipal, sous couvert d’anonymat, a déclaré : « On assiste à une multiplication des groupes armés qui profitent du vide sécuritaire pour s’affronter ».
La situation à Sévaré illustre la porosité des frontières entre crises sécuritaires et tensions intercommunautaires, une problématique récurrente au Mali. Les milices d’autodéfense, souvent composées de membres de la communauté peule ou dogon, sont régulièrement pointées du doigt pour leur rôle dans les violences. Pourtant, aucune déclaration officielle n’a encore attribué ces derniers affrontements à un groupe en particulier.
Un contexte sécuritaire toujours plus dégradé
Ces violences surviennent alors que la junte malienne, dirigée par le colonel Assimi Goïta, tente de consolider son pouvoir tout en luttant contre les groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à l’État islamique au Grand Sahara. Depuis le coup d’État de 2020, le Mali a rompu avec ses partenaires internationaux traditionnels, notamment la France, et s’est tourné vers des alliés comme la Russie, via le groupe Wagner. Cette reconfiguration géopolitique a laissé un vide que certains groupes armés exploitent pour étendre leur influence.
Selon des analystes cités par France 24, « la fragmentation des groupes armés et l’affaiblissement des capacités de l’État malien rendent toute solution durable improbable à court terme ». Les déplacements de populations, déjà massifs depuis 2012, risquent de s’aggraver avec ces nouvelles violences. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) estimait, en juin 2026, que plus de 400 000 Maliens étaient déplacés à l’intérieur du pays en raison des conflits.
Ces événements rappellent, une fois de plus, l’urgence d’une solution politique globale au Mali. Entre l’absence de légitimité démocratique de la junte, la multiplication des acteurs armés et l’effritement de l’autorité de l’État, le pays semble engagé dans une spirale de violences dont les civils paient le prix fort.