Alors que le film « La Frappe », centré sur le destin de deux jeunes adultes victimes de violences intrafamiliales, sort ce mercredi 1er septembre au cinéma, plusieurs acteurs du milieu judiciaire, médical et associatif, aux côtés de victimes, alertent sur l'absence criante de politiques publiques de prévention face à ce fléau. Selon nos confrères de Libération, cette carence s'illustre particulièrement dans la gestion des affaires de pédocriminalité et d'inceste, où les violences intrafamiliales représentent la majorité des atteintes sexuelles commises sur des mineurs.
Ce qu'il faut retenir
- Le film « La Frappe », sorti ce 1er septembre 2026, met en lumière le parcours de deux victimes de violences intrafamiliales commises par leur propre père.
- Experts, victimes et professionnels dénoncent un manque flagrant de politiques publiques de prévention face aux violences sexuelles sur mineurs.
- Les violences intrafamiliales constituent la majorité des atteintes sexuelles sur mineurs, un phénomène qualifié de « tabou » par les acteurs interrogés.
- Psychiatres, avocats, élus et artistes s'associent à cette mobilisation pour alerter sur l'aveuglement des pouvoirs publics.
Réalisé par des professionnels du cinéma et du documentaire, « La Frappe » s'inspire de témoignages réels pour explorer les conséquences à long terme des violences intrafamiliales. Comme le rapporte Libération, le long-métrage offre une plongée dans les mécanismes de résilience des victimes, tout en soulignant les lacunes persistantes dans l'accompagnement institutionnel. Parmi les intervenants, on retrouve des psychiatres spécialisés dans la prise en charge des traumatismes, des avocats engagés dans la défense des victimes, ainsi que des élus locaux et nationaux impliqués dans les questions de protection de l'enfance.
Les professionnels interrogés par nos confrères de Libération insistent sur un point central : la majorité des affaires de violences sexuelles sur mineurs impliquent un membre de la famille ou un proche. Selon une étude récente, environ 70 % des agressions sexuelles commises sur des enfants sont perpétrées par une personne connue de la victime, souvent un parent ou un proche. « Ces chiffres montrent que le danger vient rarement de l'extérieur, mais bien souvent de l'intérieur du foyer », a souligné un psychiatre présent lors de l'entretien. Cette réalité, pourtant documentée, reste insuffisamment prise en compte dans les stratégies de prévention et de répression.
« On parle beaucoup de pédocriminalité en ligne, mais les violences intrafamiliales restent un angle mort des politiques publiques. Pourtant, c'est là que se joue la majorité des drames. »
— Une victime interrogée par Libération
Face à ce constat, les associations de victimes et les professionnels de santé appellent à une mobilisation urgente. D'après Libération, ces derniers réclament notamment la mise en place de campagnes de sensibilisation ciblées, ainsi que le renforcement des moyens alloués aux structures d'accueil et d'accompagnement psychologique des victimes. « Il est impératif d'agir en amont, car une fois le drame installé, les séquelles sont souvent irréversibles », a rappelé un avocat spécialisé dans la défense des mineurs.
Du côté des élus, les réactions restent mesurées. Certains reconnaissent l'urgence d'agir, tandis que d'autres minimisent l'ampleur du problème. Comme le précise Libération, aucun engagement concret n'a encore été annoncé pour répondre à cette demande de prévention. Pourtant, des initiatives locales commencent à émerger, portées par des associations ou des collectivités territoriales. « Nous travaillons sur des ateliers de prévention dans les écoles et les centres sociaux, mais nous manquons cruellement de moyens pour étendre ces dispositifs », a expliqué une élue locale interrogée par nos confrères.
Pour l'heure, les victimes et leurs soutiens appellent à une mobilisation collective. Comme le conclut Libération, c'est en brisant le silence autour de ces violences que la société pourra enfin protéger ses membres les plus vulnérables. Dans l'attente de mesures fortes, le film « La Frappe » pourrait bien devenir un outil de sensibilisation indispensable pour faire évoluer les mentalités.
Les associations demandent principalement des campagnes de sensibilisation ciblées, le renforcement des moyens alloués aux structures d'accueil et d'accompagnement psychologique des victimes, ainsi que la mise en place de programmes éducatifs dans les écoles pour repérer les signes de violences intrafamiliales.