132 animateurs suspendus depuis le début de l’année à Paris, dont 52 pour suspicions de violences sexuelles ou sexistes : c’est sur ce constat alarmant que s’ouvre une mission d’information et d’évaluation (MIE) transpartisane dédiée à la protection des enfants dans les structures périscolaires de la capitale. Selon Le Figaro, cette mission, lancée à l’initiative du groupe d’opposition Paris Liberté !, coprésidé par Rachida Dati et Grégory Canal, débutera ses auditions les 6 et 10 juillet avant de rendre ses conclusions « au plus tard le 20 décembre ».
Ce qu'il faut retenir
- Une mission d’information et d’évaluation (MIE) transpartisane est créée pour analyser les violences sexuelles dans le périscolaire parisien.
- Les premières auditions sont prévues les 6 et 10 juillet, avec un rapport final attendu pour le 20 décembre au plus tard.
- 132 animateurs suspendus depuis janvier, dont 52 pour suspicions de violences sexuelles ou sexistes.
- La mission, présidée par Inès de Raguenel (LR) et rapportée par Alexandre Mennucci (PS), entend entendre les parties prenantes et proposer des réformes structurelles.
- La nouvelle directrice de la Dasco, Catherine Baratti-Elbaz, sera la première auditionnée.
Une mission née d’un contexte de crise et de suspicions multiples
La création de cette mission s’inscrit dans un contexte marqué par une série de suspensions d’animateurs dans les structures périscolaires parisiennes. Selon les chiffres communiqués par le groupe Paris Liberté !, 132 agents ont été suspendus depuis le début de l’année 2026, dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles ou sexistes. Ces révélations, qui ont émergé ces derniers mois, ont conduit les autorités parisiennes à revoir en profondeur les procédures de contrôle et de recrutement au sein de ces structures.
La mission d’information, dont les travaux doivent s’étaler sur plusieurs mois, a pour objectif affiché d’établir un bilan précis des dysfonctionnements et de formuler des propositions concrètes pour mieux protéger les enfants. Comme le précise Le Figaro, Inès de Raguenel, présidente de la MIE et conseillère LR de Paris, a souligné dans un communiqué : « Notre mission est claire : établir un bilan précis, entendre toutes les parties prenantes et formuler des propositions concrètes pour protéger les enfants parisiens. »
Une composition transpartisane pour une approche pluraliste
La mission, composée de 15 conseillers de Paris désignés à la proportionnelle des groupes politiques, reflète la volonté d’une approche pluraliste. Inès de Raguenel (LR), élue présidente, et Alexandre Mennucci (PS), désigné rapporteur, incarneront cette diversité politique. Leur objectif : mettre en lumière les lacunes des dispositifs actuels et proposer une refonte en profondeur du système périscolaire parisien.
Comme le rappelle Le Figaro, cette mission s’ajoute à d’autres initiatives parallèles, dont une commission indépendante présidée par l’ex-juge des enfants Antoine Garapon, ainsi qu’une mission d’information au Sénat. Ces démarches concomitantes illustrent l’urgence perçue par les pouvoirs publics pour remédier à une situation jugée préoccupante.
Des auditions élargies pour couvrir l’ensemble des acteurs concernés
Les auditions prévues dès ce 6 juillet s’annoncent comme un moment clé des travaux de la MIE. Elles doivent réunir un large éventail de parties prenantes : directions de la ville, représentants des familles, agents, organisations syndicales, associations, et experts de la protection de l’enfance. Catherine Baratti-Elbaz, nouvelle directrice de la direction des affaires scolaires (Dasco) de la ville de Paris, sera la première auditionnée. Son audition s’annonce particulièrement attendue, car elle avait déjà été rapporteure en 2015 lors d’une précédente mission similaire sur la politique du périscolaire parisien, dont les conclusions n’avaient finalement pas été suivies d’effet, selon la droite parisienne.
Les collectifs #MeTooÉcole et SOS Périscolaire, créés par et pour des familles de victimes, figurent également parmi les intervenants prévus. Leur participation est essentielle, car ils représentent une voix directe des parents et des enfants concernés par ces dysfonctionnements. Le Figaro souligne que seules quelques auditions feront l’objet d’une retranscription intégrale, le reste des échanges étant consigné de manière synthétique.
« Nos travaux doivent servir d’architecture à une nécessaire réforme en profondeur du périscolaire parisien. »
— Inès de Raguenel, présidente de la MIE et conseillère LR de Paris
Un héritage de dysfonctionnements à surmonter
La mission d’information s’inscrit dans un contexte où les failles du système périscolaire parisien sont régulièrement pointées du doigt. Catherine Baratti-Elbaz, qui sera entendue en premier, devra notamment présenter « un état des lieux précis de la situation », mais aussi exposer « l’architecture actuelle de la politique périscolaire parisienne, ses procédures internes, ses mécanismes de contrôle et les évolutions engagées depuis la précédente MIE de 2015 ».
Comme le relève Le Figaro, cette précédente mission, bien que documentée, n’a pas conduit à des changements significatifs dans la gestion des structures périscolaires. Les dysfonctionnements persistants, notamment en matière de recrutement et de supervision des animateurs, ont donc justifié la création d’une nouvelle instance, plus ambitieuse et mieux armée pour proposer des solutions durables.
En attendant, les familles parisiennes, déjà ébranlées par les révélations récentes, espèrent que cette fois-ci, les leçons seront enfin tirées. La protection des enfants, enjeu central de cette mission, dépendra de la capacité des autorités à transformer les constats en actions.
Les prochaines auditions sont prévues les 6 et 10 juillet, avec notamment celle de Catherine Baratti-Elbaz, nouvelle directrice de la Dasco. D’autres auditions suivront, notamment celles des collectifs #MeTooÉcole et SOS Périscolaire. Le rapport final doit être remis « au plus tard le 20 décembre ».