Alors que les départs en vacances s’intensifient avec l’été, une question pratique se pose pour les automobilistes : les rayons du soleil traversent-ils les vitres de la voiture et risquent-ils de causer des coups de soleil ? D’après Top Santé, la réponse n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Le Dr Isabelle Gallay, dermatologue et vice-présidente du Syndicat national des dermatologues-vénérologues, éclaire ce sujet souvent mal compris.

Ce qu'il faut retenir

  • Les vitres de voiture bloquent les UVB, responsables des coups de soleil, mais laissent passer une partie des UVA, qui pénètrent plus profondément dans la peau.
  • Le conducteur est plus exposé que les passagers arrière, car il est directement face au pare-brise, qui laisse passer plus de rayons que les vitres latérales.
  • Les UVA accélèrent le vieillissement cutané et augmentent le risque de cancers de la peau à long terme, même en l’absence de coup de soleil visible.
  • L’utilisation d’une crème solaire reste recommandée pour les trajets prolongés, surtout en cas d’exposition directe.
  • Les vitres teintées offrent une protection supplémentaire, mais leur efficacité varie selon leur niveau d’opacité.

Des UV qui traversent, mais pas tous de la même façon

Contrairement à une idée reçue, les vitres de voiture ne constituent pas une barrière totale contre les ultraviolets. Comme le rapporte Top Santé, elles filtrent bien les **UVB**, ces rayons courts responsables des coups de soleil immédiats. En revanche, elles laissent passer une grande partie des **UVA**, des rayons plus longs mais tout aussi dangereux. « Les UVA représentent 95 % des UV qui atteignent la peau à travers les vitres », précise le Dr Gallay. Ces derniers pénètrent plus profondément dans le derme et contribuent au vieillissement prématuré de la peau, tout en augmentant le risque de développer un mélanome à long terme.

Le conducteur, premier exposé sur la route

La position du conducteur le place dans une situation de vulnérabilité accrue. Le pare-brise, plus grand et souvent moins teinté que les vitres latérales, laisse passer davantage de rayons. « Une étude américaine a montré que les conducteurs avaient un risque accru de 30 % de développer un cancer de la peau du côté gauche du visage », explique la dermatologue. Cette asymétrie s’explique par l’exposition prolongée aux UVA pendant la conduite. Les passagers arrière, eux, bénéficient d’une protection relative, surtout si les vitres sont teintées ou légèrement opaques.

Pour limiter les risques, le Dr Gallay recommande d’appliquer une crème solaire à large spectre (indice 30 minimum) avant un long trajet, même par temps nuageux. « Les UVA traversent les nuages et les vitres », rappelle-t-elle. Les produits labellisés « anti-UVA » ou portant le logo UVA (un cercle entouré de la lettre U) sont particulièrement adaptés.

Les solutions pour se protéger efficacement

Plusieurs astuces permettent de réduire l’exposition aux UVA en voiture. L’installation de vitres teintées, homologuées et conformes à la réglementation française, est l’une des plus efficaces. En France, le taux de transmission lumineuse minimal pour les vitres avant est fixé à 70 %, mais des films protecteurs supplémentaires peuvent être apposés. « Ils bloquent jusqu’à 99 % des UVA », indique le Dr Gallay. Autre solution : éviter de rouler aux heures où le soleil est à son zénith (entre 12h et 16h), ou utiliser un pare-soleil intérieur pour les trajets de jour.

Les vêtements à manches longues et les accessoires comme les chapeaux ou les lunettes de soleil complètent cette protection. « Une chemise en coton léger protège mieux qu’une crème solaire appliquée en quantité insuffisante », souligne la spécialiste. Enfin, les conducteurs de véhicules électriques, souvent équipés de grandes surfaces vitrées, doivent redoubler de vigilance.

Et maintenant ?

À l’approche de l’automne, les dermatologues pourraient insister davantage sur les risques liés aux UVA, souvent sous-estimés. Une campagne de sensibilisation est prévue pour le mois d’octobre par le Syndicat national des dermatologues-vénérologues, afin d’informer le grand public sur les bonnes pratiques. En attendant, les automobilistes sont invités à vérifier l’état de leurs vitres et à adopter des réflexes simples pour limiter leur exposition.

Si la question des coups de soleil en voiture semble anodine, ses conséquences à long terme méritent une attention particulière. Avec plus de 15 000 nouveaux cas de mélanome diagnostiqués chaque année en France, la prévention reste le meilleur outil. En combinant vitres adaptées, crème solaire et horaires de conduite réfléchis, les vacanciers peuvent profiter du soleil sans mettre leur santé en danger.

Oui, mais sous conditions. Les vitres avant (pare-brise et vitres latérales avant) doivent respecter un taux de transmission lumineuse minimal de 70 %. Les vitres arrière et le pare-brise arrière peuvent être teintées sans restriction, à condition de ne pas gêner la visibilité du conducteur.