Neuf avions bombardiers d’eau ont été mobilisés lundi 8 août 2026 en Grèce pour soutenir les pompiers dans la lutte contre plusieurs incendies ravageant des zones situées à moins de 70 kilomètres au nord-ouest d’Athènes, a indiqué un responsable des services de secours à l’AFP, selon Le Figaro. Cette intervention survient au lendemain de la mort de deux pilotes d’hélicoptère lors d’une collision alors qu’ils intervenaient sur un front de feu près du village de Psatha.

Ce qu'il faut retenir

  • Neuf bombardiers d’eau ont décollé tôt lundi, profitant d’une accalmie des vents pour appuyer les moyens terrestres et aériens déjà en place.
  • Les feux, actifs sur trois fronts principaux (Psatha, Kryo Pigadi et Kandyli), ont déjà détruit plus de 12 000 hectares de forêts et terres agricoles en une semaine.
  • Un helicoptère Bell, loué à l’entreprise australienne McDermott Aviation, s’est écrasé dimanche, causant la mort de deux pilotes (un Danois et un Grec) et blessant grièvement deux autres membres d’équipage.
  • Tous les hélicoptères du même modèle sont cloués au sol en attendant les résultats de l’enquête ouverte par les autorités.
  • Le niveau de risque d’incendie est classé à 4/5 en Attique et en Béotie, où la protection civile grecque redoute de nouveaux départs de feu malgré la saison touristique.

Une intervention aérienne tardive, mais cruciale

Les bombardiers d’eau ont pu décoller tôt lundi après que les vents, soufflant jusqu’à 130 km/h la veille, ont connu une accalmie significative. Neuf appareils ont ainsi rejoint neuf hélicoptères et 450 pompiers déployés sur le terrain, selon le responsable cité par l’AFP. Les opérations se concentrent dans les départements de Béotie et d’Attique, où les flammes menacent notamment la station balnéaire de Porto Germeno, évacuée depuis vendredi. « Aujourd’hui, nous faisons face à trois fronts difficiles, à Psatha, Kryo Pigadi et Kandyli », a précisé le responsable du bureau de presse des pompiers.

Les évacuations se poursuivent, avec de nouvelles consignes données lundi matin près du village de Kandyli, situé à 45 km à l’ouest de la capitale. Les autorités restent en alerte maximale, d’autant que la région d’Attique, où se trouve Athènes, est classée en niveau 4 sur une échelle de risque d’incendie allant jusqu’à 5, selon la Protection civile grecque.

Un bilan humain lourd et des enquêtes en cours

La Grèce paie un lourd tribut humain dans cette lutte contre les flammes. Trois pompiers ont déjà péri en une semaine, et deux pilotes d’hélicoptère sont morts dimanche lorsque leur appareil Bell est entré en collision avec un autre hélicoptère alors qu’ils intervenaient sur le front de Psatha. Parmi les survivants, le pilote britannique et le copilote grec ont été hospitalisés dans un état grave. Tous les hélicoptères Bell présents sur zone ont été immobilisés en attendant les conclusions de l’enquête ouverte par les autorités grecques.

L’hélicoptère impliqué dans l’accident appartenait à la société australienne McDermott Aviation, qui collabore avec la Grèce depuis sept ans pour la lutte contre les incendies. Dans un communiqué, l’entreprise a exprimé son soutien aux autorités et aux familles des victimes, sans préciser si d’autres appareils du même type pourraient être mobilisés dans l’immédiat.

Un contexte climatique aggravant et des départs de feu suspects

La Grèce, jusqu’ici relativement épargnée par les grands feux de forêt en début d’été contrairement à la France ou à l’Espagne, subit cette année une crise climatique sans précédent. Les données du programme européen Copernicus, citées par plusieurs médias, confirment que plus de 12 000 hectares de forêts, de maquis et de terres agricoles ont été ravagés en une semaine dans le pays. Le pourtour méditerranéen, particulièrement exposé aux vagues de chaleur et à la sécheresse, subit une pression accrue cette saison.

À Porto Germeno, un village côtier du golfe de Corinthe très prisé des Athéniens pour ses résidences secondaires, de nombreuses maisons ont été détruites. Deux employés d’une compagnie d’électricité locale ont été interpellés en lien avec le feu qui s’est déclaré vendredi dans la zone. Selon les premières investigations, le sinistre aurait été provoqué par une étincelle provenant d’un câble électrique.

Une saison touristique sous haute tension

La crise intervient en pleine haute saison touristique, ce qui aggrave la pression sur les autorités. Kostas Katsafados, vice-ministre de la Protection civile et de la Crise climatique, a reconnu que « la lutte contre les feux est inégale » et que le risque de nouveaux départs de feu reste « très élevé » en Attique et en Béotie. Les autorités appellent à la prudence, notamment auprès des touristes et des résidents secondaires, nombreux dans ces zones.

Les pompiers et les moyens aériens, bien que renforcés, doivent composer avec des conditions météo toujours instables. Les rafales de vent, capables de propager les flammes en quelques minutes, restent un facteur de risque majeur. Les évacuations préventives se multiplient, tandis que les services de protection civile appellent à éviter toute activité susceptible de provoquer un départ de feu, comme les barbecues ou les travaux agricoles utilisant des machines génératrices d’étincelles.

Et maintenant ?

Les autorités grecques devraient maintenir une vigilance accrue au moins jusqu’à la fin de la semaine, alors que les prévisions météo annoncent des températures élevées et des vents changeants. Les résultats de l’enquête sur la collision des hélicoptères pourraient entraîner une réévaluation des protocoles de sécurité pour les vols de lutte contre les incendies. Par ailleurs, une réunion d’urgence du comité national de gestion des crises climatiques est prévue mercredi 10 août pour faire un point sur la situation et ajuster les moyens déployés.

En attendant, les Grecs et les touristes présents dans les zones menacées sont invités à se tenir informés via les canaux officiels et à respecter strictement les consignes de sécurité. La saison des incendies, qui s’étend traditionnellement jusqu’à la fin septembre, reste sous haute surveillance.

Les vents violents, atteignant jusqu’à 130 km/h dans la région d’Athènes, avaient rendu les opérations aériennes trop dangereuses dimanche. Une accalmie lundi matin a permis aux neuf bombardiers d’eau de décoller pour appuyer les moyens terrestres.