Début juillet 2026, les autorités turques ont interdit à un navire de croisière organisé par Atlantis Events, réservé à une clientèle LGBT+, de faire escale dans le pays. Cette décision, prise au nom de la préservation des « standards moraux » du pays, a provoqué l’indignation du PDG de l’entreprise, qui dénonce une mesure discriminatoire. Comme le rapporte Ouest France, ce refus s’inscrit dans un contexte de restrictions croissantes envers les minorités sexuelles en Turquie.
Ce qu'il faut retenir
- Un navire organisé par Atlantis Events, spécialisé dans les croisières LGBT+, s’est vu refuser l’escale en Turquie début juillet 2026.
- Les autorités locales ont justifié cette interdiction par des raisons liées aux « standards moraux » du pays.
- Le PDG d’Atlantis Events a qualifié cette décision de « choquante » et a dénoncé une mesure discriminatoire.
Une croisière LGBT+ bloquée par les autorités turques
Le navire, affrété par Atlantis Events, une entreprise américaine spécialisée dans l’organisation d’événements dédiés à la communauté LGBT+, devait initialement faire escale dans un port turc début juillet 2026. Cependant, les autorités locales ont finalement interdit son accostage, invoquant des raisons liées aux valeurs morales du pays. « Nous avons été informés que cet événement était contraire aux standards moraux de la Turquie », a expliqué un responsable local à Ouest France.
Cette décision survient dans un contexte où la Turquie renforce ses restrictions envers les minorités sexuelles. En 2023, le président Recep Tayyip Erdoğan avait déjà qualifié les personnes LGBT+ de « perversion » et de « menace contre les valeurs familiales ». Depuis, plusieurs événements organisés par des associations LGBT+ ont été annulés ou interdits dans le pays.
Atlantis Events dénonce une mesure discriminatoire
Le PDG d’Atlantis Events, contacté par Ouest France, a exprimé sa consternation face à cette interdiction. « Nous sommes choqués par cette décision qui stigmatise une communauté entière », a-t-il déclaré. Selon lui, la croisière devait rassembler plusieurs centaines de participants, majoritairement issus de pays européens et américains, où les droits LGBT+ sont mieux protégés.
Cette croisière, organisée chaque année, est l’un des rares événements internationaux entièrement dédiés à la communauté LGBT+. Son annulation en Turquie pourrait avoir des répercussions sur les futures éditions, alors que d’autres pays méditerranéens, comme l’Espagne ou Malte, se positionnent comme des destinations plus accueillantes pour ce type d’événements.
Un contexte politique et social tendu en Turquie
Depuis plusieurs années, la Turquie adopte une ligne de plus en plus conservatrice sous la présidence d’Erdoğan. En 2025, une loi a été adoptée pour « protéger les familles et les valeurs nationales », souvent interprétée comme une attaque contre les droits des personnes LGBT+. Cette législation a entraîné l’interdiction de nombreuses associations et la dissolution de groupes militants. Autant dire que les organisateurs de cette croisière savaient que leur événement pourrait rencontrer des obstacles en Turquie. Pourtant, le refus d’escale intervient après des mois de négociations avec les autorités locales, qui avaient initialement donné leur accord avant de revenir sur leur décision quelques jours avant l’arrivée du navire.
Cette affaire illustre les tensions persistantes autour des droits des minorités sexuelles en Turquie, où les avancées sociales peinent à suivre le rythme des réformes politiques. Pour les participants de cette croisière, l’interdiction turque pourrait devenir un symbole de la lutte continue pour l’égalité des droits.
Les autorités turques ont justifié cette interdiction en invoquant des raisons liées aux « standards moraux » du pays, une formulation souvent utilisée pour justifier des restrictions envers les minorités sexuelles. Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de politiques conservatrices sous la présidence d’Erdoğan.