Comme le rapporte Libération, les relations au sein du groupe Téléphone restent tendues près de quarante ans après sa séparation, notamment entre son chanteur emblématique Jean-Louis Aubert et sa bassiste Corine Marienneau.

Ce qu'il faut retenir

  • Le groupe Téléphone s'est séparé en 1986 après dix ans de carrière, marquant la fin d'une époque pour le rock français.
  • Les tensions entre Jean-Louis Aubert et Corine Marienneau portent principalement sur les droits d'auteur et la propriété du nom Téléphone.
  • Ces conflits juridiques et financiers ont persisté pendant des décennies, révélant des désaccords profonds entre les membres.
  • Corine Marienneau a toujours défendu une vision collective du groupe, tandis qu'Aubert a privilégié une approche plus personnelle dans ses projets solo.

Une séparation douloureuse et des rancœurs persistantes

Créé en 1976, Téléphone s'est imposé comme l'un des groupes phares du rock français, accumulant les tubes comme Hygiaphone, Ça (c'est vraiment toi) ou encore Un autre monde. Pourtant, comme le rappelle Libération, la séparation du groupe en 1986 a laissé des traces bien au-delà de la scène musicale. Les raisons de cette rupture restent officiellement floues, mais les tensions internes, notamment entre Aubert et Marienneau, ont joué un rôle majeur.

Dès les années 1990, les conflits ont pris une dimension juridique. Les droits d'auteur et la propriété du nom Téléphone sont devenus des sujets de discorde récurrents. Corine Marienneau, qui avait cofondé le groupe avec Aubert, a toujours insisté pour que les revenus liés au nom et aux œuvres soient partagés équitablement entre tous les membres originels. Une position que Jean-Louis Aubert n'a pas toujours validée, selon les proches du dossier rapportés par Libération.

Deux visions opposées du groupe

Côté Aubert, la carrière solo a pris le pas sur le passé collectif. Après la séparation de Téléphone, il a lancé des projets personnels comme les Visiteurs ou des albums en solo, exploitant parfois des mélodies ou des textes qui, pour Marienneau et d'autres, appartiennent à l'héritage commun du groupe. « Jean-Louis Aubert a toujours considéré que ses compositions relevaient de sa propriété individuelle », explique un observateur cité par Libération. Une position que Corine Marienneau a contestée à plusieurs reprises, estimant que ces œuvres étaient le fruit d'un travail d'équipe.

De son côté, Marienneau a toujours milité pour une reconnaissance de son rôle au sein du groupe. Dans une interview donnée en 2020, elle avait souligné : « Téléphone, c'était nous cinq, pas seulement lui ». Un rappel qui illustre l'ampleur des désaccords, même des décennies après la fin du groupe. Ces tensions ont été ravivées à chaque projet de reformation ou de compilation, comme celle sortie en 2020 pour les quarante ans du groupe.

Un héritage musical terni par les conflits

Si Téléphone reste une référence incontournable du rock français, son héritage est aujourd'hui entaché par ces querelles persistantes. Les fans, souvent divisés sur les raisons de la séparation, espèrent parfois une réconciliation. Pourtant, selon Libération, les positions restent figées. Aubert a toujours refusé de commenter publiquement ces tensions, tandis que Marienneau, plus loquace, a multiplié les prises de parole pour défendre sa vision.

Les enjeux financiers jouent un rôle central dans ce conflit. Les droits d'auteur sur les chansons de Téléphone génèrent encore des revenus importants, notamment via les streaming et les rééditions. En 2023, une compilation célébrant les 50 ans de la formation du groupe a relancé les débats, certains médias évoquant un possible boycott de la part de Marienneau et de ses alliés.

Et maintenant ?

Pour l'instant, aucune médiation officielle n'a été annoncée pour apaiser les tensions. Les prochaines rééditions ou projets autour de Téléphone pourraient, une fois de plus, attiser les rancœurs. Une date clé à surveiller reste 2026, année où le groupe aurait dû célébrer ses 50 ans — un anniversaire qui, si rien ne change, risque de se dérouler dans une ambiance tendue.

Reste à savoir si le temps, ou un nouveau projet commun, permettra de tourner la page. En attendant, l'histoire de Téléphone continue d'être écrite entre notes de musique et procédures judiciaires.

Les conflits portent principalement sur la propriété des droits d'auteur et l'exploitation du nom Téléphone. Corine Marienneau défend une vision collective du groupe, tandis que Jean-Louis Aubert considère que ses compositions lui appartiennent individuellement, ce qui a conduit à des désaccords juridiques et financiers récurrents.