Selon Libération, deux responsables d’ONG israéliennes, Ori Givati de B’Tselem et Miriam Azem d’Adalah, dénoncent systématiquement l’impunité dont bénéficie l’armée israélienne dans le traitement des Palestiniens. Leurs critiques s’appuient sur des années de documentation des violences et des abus, où les civils palestiniens sont souvent réduits à des « cibles » plutôt qu’à des êtres humains aux droits fondamentaux. « Les Palestiniens sont systématiquement présentés comme une menace existentielle plutôt que comme des personnes ayant droit à la protection internationale », a expliqué Miriam Azem lors d’un entretien avec le journal.
Ce qu'il faut retenir
- B’Tselem et Adalah, deux ONG israéliennes de défense des droits humains, accusent l’armée israélienne d’impunité dans ses opérations en territoire palestinien.
- Les deux organisations soulignent que les Palestiniens sont souvent perçus comme des « cibles » plutôt que comme des civils méritant une protection.
- Les responsables dénoncent un discours militarisé qui déshumanise les Palestiniens, facilitant selon eux des violences non justifiées.
- Les critiques visent des pratiques documentées depuis des années, sans que les responsables israéliens ne soient tenus pour responsables.
Des ONG israéliennes en première ligne de la critique
Ori Givati, responsable des relations internationales de B’Tselem, une organisation israélienne fondée en 1989 pour documenter les violations des droits humains dans les territoires occupés, a souligné que « l’impunité est un pilier du système qui permet à l’armée israélienne d’agir sans crainte de conséquences ». D’après ses observations, les enquêtes internes de l’armée israélienne aboutissent rarement à des sanctions contre les soldats impliqués dans des violences contre des civils palestiniens. Miriam Azem, en charge du plaidoyer pour Adalah – une organisation qui défend les droits des Palestiniens en Israël –, a rappelé que « le droit international est souvent ignoré au profit d’une logique sécuritaire qui justifie tout ».
Un discours militarisé qui déshumanise les Palestiniens
Les deux militantes ont pointé du doigt un phénomène récurrent dans le discours israélien : la réduction des Palestiniens à une « menace » permanente. « Dans les rapports militaires, les termes utilisés pour décrire les Palestiniens sont souvent ceux d’ennemis à neutraliser plutôt que de civils à protéger », a précisé Azem. Ce langage, selon elle, sert à légitimer des actions militaires disproportionnées, comme les frappes aériennes ou les arrestations massives, sans que les victimes ne bénéficient d’aucune reconnaissance en tant que telles. « Quand un enfant palestinien de 12 ans est tué lors d’une opération militaire, il est immédiatement présenté comme un “terroriste potentiel” plutôt que comme un enfant ayant le droit de vivre », a-t-elle ajouté.
L’impunité comme outil de perpétuation des violences
Les deux ONG insistent sur le fait que cette impunité n’est pas le résultat d’un hasard, mais d’un système conçu pour protéger les soldats et les décideurs. Givati a rappelé que sur les milliers de plaintes déposées contre l’armée israélienne pour violences contre des Palestiniens depuis 2000, moins de 2 % ont abouti à des condamnations. « Les enquêtes internes sont menées par les mêmes institutions qui sont censées rendre des comptes. Autant dire qu’elles sont une farce », a-t-il déclaré. Pour Adalah, cette situation perpétue un cycle de violence où les civils palestiniens paient le prix fort, tandis que les responsables israéliens échappent à toute sanction.
Les critiques de B’Tselem et Adalah s’inscrivent dans un débat plus large sur la militarisation de la société israélienne et son impact sur les relations avec les Palestiniens. Tant que l’impunité persistera, les appels au respect du droit international resteront lettre morte.