En Tanzanie, les appels à manifester lancés mardi à l’occasion du « Saba Saba » ont donné lieu à une mobilisation plus discrète que prévu, selon RFI. Cette journée commémore la création, en 1954, du parti TANU (Tanganyika African National Union), qui a conduit le Tanganyika à l’indépendance en 1961. Le gouvernement tanzanien y voit un échec de la contestation, tandis que les activistes revendiquent une autre forme de succès : une perturbation limitée mais symbolique de l’activité économique, annonçant déjà la poursuite de leurs actions.
Ce qu'il faut retenir
- Le « Saba Saba », une journée historique commémorant la création du TANU en 1954, a servi de cadre à des appels à manifester en Tanzanie le 7 juillet 2026.
- Les autorités considèrent que la mobilisation a été timorée, voire quasi inexistante, estimant que l’appel à la contestation n’a pas trouvé d’écho significatif dans la population.
- Les activistes, de leur côté, estiment avoir atteint un objectif différent : ralentir l’activité économique à l’échelle nationale, même de manière limitée.
- Les organisateurs promettent de poursuivre la mobilisation, suggérant que cette journée marque le début d’une nouvelle stratégie de contestation plus diffuse.
Un rendez-vous historique détourné de son sens initial
Le « Saba Saba », littéralement « Sept-Sept », fait référence au 7 juillet 1954, date de la fondation du TANU par Julius Nyerere, figure emblématique de l’indépendance tanzanienne. Chaque année, cette date est l’occasion de célébrations officielles et de discours politiques, rappelant le rôle central de ce parti dans l’histoire du pays. Pourtant, en 2026, elle a surtout été marquée par des appels à manifester contre le gouvernement actuel, d’après RFI. Si les autorités espéraient une mobilisation massive, celle-ci s’est révélée bien plus modeste que prévu, limitant la portée des revendications.
Le gouvernement tanzanien se félicite d’une contestation « avortée »
Côté pouvoir, le bilan est présenté comme une victoire. Les autorités estiment que l’appel à manifester lancé par les opposants et les activistes n’a pas rencontré l’adhésion escomptée. « La population a choisi de ne pas répondre à ces provocations », a déclaré un porte-parole du gouvernement tanzanien, cité par RFI. Selon lui, cette absence de mobilisation témoigne de la confiance des citoyens dans les politiques menées par le régime en place. Aucune arrestation ni incident majeur n’a été rapporté, ce qui a été interprété comme un signe de stabilité.
Les activistes revendiquent une autre forme de victoire
Pourtant, les organisateurs de la contestation refusent de voir dans cette journée un échec. « Nous n’avons pas mobilisé des milliers de personnes, mais nous avons montré que nous pouvons perturber le pays quand nous le décidons », a affirmé un représentant du mouvement citoyen, sous couvert d’anonymat. Les activistes soulignent que des actions ciblées ont été menées dans plusieurs villes, comme Dar es Salam ou Arusha, perturbant temporairement les activités commerciales et les transports. « Ralentir l’économie, ne serait-ce que pendant quelques heures, envoie un message fort au gouvernement », a-t-il ajouté. Ils promettent désormais d’intensifier leurs actions, sans préciser de calendrier.
Ce tournant dans les méthodes de contestation pourrait, à terme, redéfinir les rapports de force entre le pouvoir et l’opposition en Tanzanie. Pour l’instant, le gouvernement semble confiant dans sa capacité à contenir ces initiatives, mais la vigilance des activistes laisse présager de nouvelles tensions dans les semaines à venir.