Lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, le président russe Vladimir Poutine a reconnu que les attaques de drones ukrainiens contre des infrastructures stratégiques en Russie avaient causé des dégâts économiques estimés à environ 1% du PIB du pays, comme le rapporte BFM Business. Le chef du Kremlin a toutefois minimisé l’impact de ces préjudices, les qualifiant de « réels mais non critiques » pour l’économie russe.

Ce qu'il faut retenir

  • Les frappes ukrainiennes ont causé des dommages économiques estimés à 1% du PIB russe, selon Vladimir Poutine.
  • Les exportations de pétrole russe par voie maritime ont chuté de 15% sur la première quinzaine d’août, passant de 2,7 à 2,3 millions de barils par jour.
  • Le port de Novorossiïsk, principal terminal pétrolier de la mer Noire, a vu ses exportations diviser par deux en raison des frappes répétées.
  • La production de pétrole russe a reculé à 8,9 millions de barils par jour en juillet, et jusqu’à 45% des raffineries ont perdu une partie de leur capacité.
  • En juin, 90% des régions russes ont connu des pénuries de carburant, entraînant des restrictions locales.

Des infrastructures stratégiques ciblées par l’Ukraine

Depuis plusieurs mois, Kiev multiplie les attaques de drones contre des cibles essentielles au fonctionnement de l’économie russe. Selon les données rapportées par Bloomberg, ces offensives ont visé en priorité des raffineries, des ports et des dépôts pétroliers, notamment ceux situés en bordure de la mer Noire. Le port de Novorossiïsk, l’un des principaux points d’exportation des hydrocarbures russes, a été particulièrement touché. « Les Ukrainiens ont atteint leur objectif : fragiliser l’économie russe », soulignent les observateurs.

Les chiffres illustrent l’ampleur des dégâts. Sur la première quinzaine d’août, les exportations de pétrole russe par voie maritime ont reculé de 15% par rapport aux prévisions, passant de 2,7 à 2,3 millions de barils par jour. À Novorossiïsk, l’un des principaux terminaux du pays, les exportations sont tombées à 400 000 barils par jour, contre un million en début d’été. Cette baisse s’explique par les frappes répétées qui ont paralysé une partie des infrastructures.

Une production pétrolière en déclin et des raffineries en difficulté

La production de pétrole russe a également subi un recul notable. Selon les dernières estimations de l’OPEP, elle s’établissait à 8,9 millions de barils par jour en juillet, un chiffre en baisse continue depuis plusieurs mois. La campagne ukrainienne aurait, en outre, réduit jusqu’à 45% la capacité de production des raffineries russes, d’après le Financial Times. Les conséquences se font déjà sentir auprès des citoyens : en juin, 90% des régions russes ont connu des pénuries de carburant, forçant les autorités locales à imposer des restrictions sur les quantités vendues.

Vladimir Poutine a reconnu que seulement 10% des raffineries endommagées étaient déjà totalement remises en marche. Ces sites, indispensables au financement de la guerre en Ukraine, restent des cibles de choix pour Kiev. Malgré les dégâts, le président russe a réaffirmé que ces attaques ne représentaient pas un « préjudice critique » pour l’économie du pays, tout en reconnaissant leur impact réel.

Une économie russe sous pression

Plus largement, l’économie russe, dopée dans un premier temps par les dépenses militaires, montre des signes d’essoufflement. Après une croissance de 4,9% en 2024 et 1% en 2025, le PIB a même reculé de 0,2% au début de l’année 2026. Selon les dernières données de l’agence nationale de statistiques Rosstat, la Russie a enregistré une croissance de 1,3% sur un an au deuxième trimestre 2026, principalement portée par la hausse des prix du gaz. Cependant, les analystes soulignent que cette amélioration reste fragile.

Plusieurs problèmes structurels persistent. L’inflation reste élevée et incontrôlée, tandis que l’économie non militaire continue de ralentir. Les recettes énergétiques de Moscou, déjà amputées par les sanctions européennes et les frappes ukrainiennes, plafonnent désormais à 64% de leur niveau de 2024. Résultat : les finances publiques glissent dans le rouge, avec un déficit public qui pourrait doubler par rapport à l’année dernière, déjà deux fois supérieur à celui de 2024.

« Je pense qu'ils nous ont causé de réels dommages. Le préjudice global, selon nos estimations préliminaires, est assez important, environ 1% du PIB. »
Vladimir Poutine, lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai.

Kiev maintient la pression et annonce de nouvelles offensives

Face à cette situation, l’Ukraine ne compte pas relâcher la pression. Mardi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réaffirmé que Kiev poursuivrait ses offensives aériennes en Russie, tout en affirmant vouloir éviter des pertes civiles. « L’Ukraine ne veut pas que des vies innocentes soient perdues. C’est pourquoi nous avertissons nos partenaires : les jours sûrs dans le ciel russe sont révolus », a-t-il déclaré. « Le ciel au-dessus de la Russie est actuellement pour les drones. Pas pour l’aviation civile. Tant que la guerre continue. »

Zelensky a précisé que si l’aviation civile n’était « pas visée en soi », elle n’avait « pas sa place dans un ciel infesté de drones ». Ces propos illustrent la volonté ukrainienne de maintenir une pression constante sur les infrastructures russes, malgré les risques humanitaires. Les prochaines semaines pourraient donc voir une intensification des attaques, avec des conséquences économiques et sociales pour la Russie.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines devraient confirmer si les frappes ukrainiennes continuent de peser sur l’économie russe. Les analystes s’attendent à une baisse prolongée des exportations de pétrole, tandis que la capacité des raffineries pourrait mettre plusieurs mois à se rétablir totalement. La réaction du Kremlin, entre minimisation des dégâts et ajustements économiques, sera également à surveiller. Enfin, la poursuite des offensives aériennes ukrainiennes dépendra en grande partie de l’aide militaire occidentale et des capacités de production de drones de Kiev.

Ces développements surviennent alors que les tensions entre Moscou et Kiev restent à leur comble, sans perspective immédiate de négociation. Pour l’heure, les deux camps semblent déterminés à poursuivre leur stratégie de pression économique et militaire, avec des conséquences qui pourraient s’étendre bien au-delà des frontières ukrainiennes.

Ces infrastructures sont vitales pour l’économie russe, car elles permettent d’exporter du pétrole et des produits raffinés, générant des revenus essentiels au financement de la guerre. En les attaquant, l’Ukraine cherche à affaiblir la capacité financière de Moscou et à perturber son approvisionnement en carburant pour ses forces armées et sa population.