Selon Le Monde, dans le cadre de sa série estivale « Voyages en Italie », le média explore cette semaine un joyau méconnu du littoral ligure : le jardin Hanbury, situé à quelques encablures de Vintimille, à deux pas de la frontière française. Ce domaine de près de 18 hectares, accroché aux falaises dominant la mer, perpétue depuis plus d’un siècle le rêve botanique d’un aristocrate britannique.

Ce qu'il faut retenir

  • Le jardin Hanbury est un domaine de 18 hectares situé près de Vintimille, à proximité immédiate de la frontière française.
  • Il a été fondé il y a plus d’un siècle par Sir Thomas Hanbury, un passionné de botanique britannique.
  • Le site abrite plus de 6 000 espèces végétales exotiques, dont certaines rares ou endémiques.
  • Le jardin est ouvert au public et offre une vue imprenable sur la mer Méditerranée.
  • Il fait partie des plus importants jardins botaniques d’Europe dans le domaine privé.

Un jardin né d’une passion britannique

À la fin du XIXe siècle, Sir Thomas Hanbury, un riche marchand britannique spécialisé dans les épices et les produits orientaux, décide de créer un jardin d’acclimatation sur ce promontoire rocheux exposé aux vents marins. Autant dire que le choix du site n’était pas anodin : la douceur du climat méditerranéen, protégée des gelées hivernales par la proximité de la mer, offrait des conditions idéales pour cultiver des espèces exotiques. « Ce jardin est né d’une obsession », explique Le Monde, « celle de rassembler des plantes venues des quatre coins du globe dans un écrin de verdure face à l’Italie ».

Une collection botanique unique au monde

Parmi les quelque 6 000 espèces recensées, on trouve des palmiers rares, des cactus géants, des fougères arborescentes ou encore des plantes médicinales. Le jardin abrite également des spécimens centenaires, comme certains oliviers ou agrumes, dont certains datent de l’époque de la création du domaine. « La diversité est telle qu’on y découvre encore aujourd’hui des variétés inconnues ailleurs en Europe », précise le quotidien. Les serres, autrefois utilisées pour protéger les plantes les plus fragiles en hiver, sont aujourd’hui reconverties en espaces d’exposition et d’éducation botanique.

Un écrin préservé entre mer et montagne

Perché à 120 mètres d’altitude sur les hauteurs de Mortola, le jardin Hanbury domine la baie de Vintimille. Le site est traversé par des sentiers ombragés qui serpentent entre les massifs de plantes, offrant des points de vue spectaculaires sur la Méditerranée. « On s’y croirait coupé du monde », confie un visiteur cité par Le Monde. Pourtant, cette impression d’isolement est trompeuse : le jardin est situé à moins de cinq kilomètres de la frontière française, près de Menton, et accessible depuis Nice en une heure de route.

Un héritage à préserver pour les générations futures

Depuis 1987, le jardin Hanbury est géré par l’Université de Gênes, qui en assure la conservation et la valorisation. Des programmes de recherche sont menés sur place pour étudier l’adaptation des plantes exotiques au climat méditerranéen. Le domaine organise également des ateliers pédagogiques et des visites guidées, attirant chaque année des milliers de passionnés de botanique. « L’enjeu est de concilier préservation du patrimoine et ouverture au public », souligne Le Monde, « sans quoi ce lieu unique pourrait perdre une partie de son âme ».

Autant dire que la tâche est ardue : les tempêtes hivernales, la sécheresse estivale ou encore l’érosion des sols menacent régulièrement l’équilibre délicat de ce jardin. Pourtant, les équipes en charge de sa gestion veillent à maintenir, coûte que coûte, l’esprit qui a présidé à sa création.

Et maintenant ?

Si le jardin Hanbury continue d’attirer des visiteurs du monde entier, son avenir dépendra en grande partie des financements alloués à sa préservation. Un plan de rénovation des infrastructures, prévu pour 2027, devrait permettre de sécuriser certaines zones et de moderniser les équipements dédiés à la conservation des plantes. Par ailleurs, une étude est en cours pour évaluer l’impact du changement climatique sur la biodiversité du site. Reste à savoir si ces efforts suffiront à sauvegarder ce joyau botanique pour les décennies à venir.

Une chose est sûre : tant que les cactus fleuriront et que les palmiers continueront de danser sous le vent, le rêve de Sir Thomas Hanbury perdurera.

Selon Le Monde, le printemps et l’automne sont les périodes idéales, lorsque les températures sont douces et la végétation en pleine floraison. L’été peut être très chaud, mais les vents marins atténuent quelque peu la chaleur. Il est recommandé de consulter le site officiel du jardin pour vérifier les horaires d’ouverture, qui peuvent varier selon la saison.