Trente ans après avoir été découvert près du sommet de l’Everest, le corps d’un alpiniste surnommé « Green Boots » en raison de ses chaussures de couleur vive a enfin été identifié. Selon Le Figaro, cette découverte met un point final à une énigme qui hantait la communauté des grimpeurs depuis des décennies. Une expédition est désormais en préparation pour tenter de redescendre le corps de cette zone mortelle située à plus de 8 000 mètres d’altitude, où les conditions rendent toute opération de récupération extrêmement périlleuse.

Ce qu'il faut retenir

  • Un corps surnommé « Green Boots » a été identifié après 30 ans sur les pentes de l’Everest, selon Le Figaro.
  • Ce cadavre reposait depuis 1996 près du sommet, dans une zone où les températures et l’oxygène rendent toute intervention quasi impossible.
  • Plus de 340 alpinistes sont morts sur l’Everest depuis sa première ascension en 1953, dont beaucoup reposent pour l’éternité sur ses flancs.
  • Une expédition est en cours de préparation pour tenter de redescendre le corps, une opération considérée comme extrêmement risquée.

Un mystère vieux de trois décennies

Depuis 1996, année où ce corps a été aperçu pour la première fois, les alpinistes qui empruntaient la voie normale par le col Sud du côté népalais remarquaient régulièrement la silhouette recroquevillée d’un grimpeur, vêtu de chaussures vertes fluorescentes. Ce surnom de « Green Boots » s’est imposé naturellement dans le jargon des himalayistes, au point de devenir une référence macabre pour ceux qui s’aventurent sur le « toit du monde ». Le Figaro révèle que des analyses ADN ont finalement permis d’identifier cet homme, dont le nom n’a pas encore été divulgué publiquement.

Ce cadavre reposait à environ 8 500 mètres d’altitude, dans une zone surnommée la « zone de la mort » en raison des conditions extrêmes qui y règnent. À cette altitude, l’oxygène est rare, les températures chutent bien en dessous de zéro, et les vents violents rendent toute tentative de récupération presque suicidaire. Autant dire que, pour les alpinistes, cette montagne est devenue un cimetière à ciel ouvert, où les corps des défunts restent souvent en place pendant des années, voire des décennies.

L’Everest, un cimetière à plus de 8 000 mètres

L’Everest, bien que moins meurtrier que d’autres sommets himalayens comme le Nanga Parbat, reste une montagne dangereuse. Depuis sa première ascension réussie par Edmund Hillary et Tenzing Norgay le 29 mai 1953, plus de 340 personnes y ont trouvé la mort, selon les données compilées par les autorités népalaises et les associations d’alpinisme. La plupart de ces victimes n’ont jamais été redescendues, faute de moyens techniques et humains adaptés à ces altitudes extrêmes.

Parmi les corps les plus célèbres laissés sur place figurent celui de l’Allemande Hannelore Schmatz, morte d’épuisement en 1979 lors de sa descente, et celui du Néo-Zélandais Rob Hall, guide chevronné décédé en 1996 en tentant de sauver un client pris dans une tempête. Du côté tibétain, on trouve également les restes de George Mallory, disparu en 1924 lors d’une tentative d’ascension avec son compagnon Andrew Irvine, dont le sort reste encore aujourd’hui sujet à débats.

Une expédition périlleuse pour rapatrier les restes

L’identification de « Green Boots » relance désormais la question de la récupération des corps sur l’Everest, un sujet qui divise la communauté des alpinistes. Si certains estiment que ces dépouilles doivent rester sur place par respect pour ceux qui ont choisi cette montagne comme dernière demeure, d’autres soulignent les risques psychologiques et sanitaires liés à leur présence. Le Figaro indique qu’une expédition est actuellement en préparation pour tenter de redescendre le corps, mais les difficultés logistiques et le danger encouru par les équipes rendent l’opération incertaine.

Les autorités népalaises, qui encadrent chaque saison d’ascension, n’ont pour l’instant pas communiqué de date précise pour cette tentative. Cependant, plusieurs groupes de sherpas et d’alpinistes expérimentés ont déjà exprimé leur intention de participer à l’opération, malgré les risques évidents. « Descendre un corps de la zone de la mort est une entreprise extrêmement complexe, voire impossible dans certains cas », a précisé un responsable de l’association des guides de haute montagne, sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

Une fois l’identité du défunt confirmée et les autorisations obtenues auprès des autorités népalaises, l’expédition pourrait être lancée dès l’automne 2026, en profitant des fenêtres météorologiques favorables. Si l’opération aboutissait, elle marquerait un tournant dans la gestion des dépouilles sur l’Everest, où des dizaines de corps attendent encore d’être rapatriés. Reste à savoir si cette initiative inspirera d’autres tentatives similaires dans les années à venir.

Un débat éthique et logistique

La question de la récupération des corps sur l’Everest soulève des enjeux éthiques et pratiques. Pour les familles des victimes, voir leurs proches reposer pour toujours dans la montagne représente souvent une souffrance supplémentaire. À l’inverse, les tentatives de récupération exposent les sauveteurs à des risques mortels, sans garantie de succès. Certains alpinistes, comme le Britannique Kenton Cool, qui a déjà tenté de redescendre des corps par le passé, estiment que « chaque tentative, même infructueuse, mérite d’être entreprise pour redonner une sépulture digne à ceux qui ont tout sacrifié ».

Les autorités locales, quant à elles, doivent composer avec les impératifs touristiques et les réalités économiques. L’Everest représente en effet une manne financière majeure pour le Népal, qui délivre chaque année des centaines de permis d’ascension à plusieurs milliers de dollars chacun. Dans ce contexte, la gestion des risques et des corps laissés sur place reste un équilibre délicat à trouver.

Cette découverte rappelle une fois encore la dangerosité extrême de l’Everest, où la moindre erreur peut avoir des conséquences fatales. Pour les alpinistes, chaque ascension est une prise de risque calculée, mais aussi un hommage rendu à ceux qui n’en sont jamais revenus. « Green Boots » ne sera plus désormais qu’un nom et un visage, mais son histoire reste un témoignage poignant des sacrifices consentis pour conquerir les plus hauts sommets.

Redescendre un corps de l’Everest, surtout au-delà de 8 000 mètres, est une opération extrêmement périlleuse en raison des conditions extrêmes : manque d’oxygène, températures glaciales, vents violents et risques d’avalanches. Les équipes doivent également transporter des charges lourdes sur des pentes raides, ce qui limite leur capacité à manœuvrer en toute sécurité.