La production des missiles tactiques Atacms, jusqu’ici réservée aux États-Unis, va s’installer en Europe. Armin Papperger, président du directoire de Rheinmetall, et Dennis Goege, responsable pour l’Europe chez Lockheed Martin, ont signé mardi une déclaration d’intention en marge du sommet de l’Otan à Ankara. L’accord prévoit la création d’une coentreprise destinée à assembler ces missiles sur le site de Rheinmetall à Unterlüß, en Basse-Saxe, rapporte BFM Business.

Ce qu'il faut retenir

  • Première mondiale : si le projet aboutit, il s’agira de la première usine de production des missiles Atacms en dehors des États-Unis, où leur assemblage reste concentré à Camden, dans l’Arkansas.
  • Le site choisi, Unterlüß, emploie déjà quelque 4 000 salariés et produit des systèmes d’armes, des munitions et des véhicules chenillés. Une usine de moteurs-fusées y est en cours de finalisation et doit démarrer sa production en 2027.
  • Les deux groupes bénéficient du soutien explicite des gouvernements allemand et américain, soulignant l’enjeu stratégique pour la défense européenne et la résilience de l’Otan.

Un partenariat industriel aux ambitions transatlantiques

La coentreprise entre Rheinmetall et Lockheed Martin vise à répondre à la demande croissante des armées européennes en systèmes de défense modernes. Selon les deux industriels, ce projet s’inscrit dans une logique de renforcement de la base industrielle de défense du continent. Armin Papperger a salué, dans un communiqué, la création d’une « base industrielle nécessaire à des systèmes de défense modernes très demandés par les armées européennes ».

De son côté, Dennis Goege a qualifié cette initiative de « signal fort pour l’industrie européenne de défense et la résilience de l’Otan ». La production locale des Atacms doit ainsi contribuer à réduire les dépendances stratégiques tout en garantissant un approvisionnement rapide et adapté aux besoins des alliés européens. Selon BFM Business, Lockheed Martin prévoit de maintenir sa ligne de production américaine jusqu’à ce que le transfert industriel vers l’Europe soit pleinement opérationnel.

Des missiles aux capacités éprouvées, déjà utilisés en Ukraine et au Moyen-Orient

Le missile sol-sol Atacms, d’une portée pouvant atteindre 300 kilomètres, a été livré par Washington à l’Ukraine depuis 2023. Il a également été déployé lors du récent conflit impliquant l’Iran, démontrant sa polyvalence et son efficacité opérationnelle. Ce système d’arme, conçu pour frapper des cibles à haute valeur stratégique, s’ajoute à l’arsenal des forces de l’Otan et de ses partenaires européens.

Le site d’Unterlüß, l’un des plus importants de Rheinmetall en Allemagne, est déjà engagé dans la production d’équipements militaires. Outre les missiles, l’établissement fabrique des munitions et des véhicules blindés chenillés. Son expertise dans les systèmes d’armes guidées et les moteurs-fusées, dont la production doit débuter en 2027, en fait un site clé pour ce projet.

Un soutien politique déterminant pour concrétiser l’accord

La signature de cette déclaration d’intention intervient dans un contexte géopolitique marqué par la guerre en Ukraine et les tensions persistantes en Europe de l’Est. Les gouvernements allemand et américain ont apporté leur soutien officiel à ce projet, soulignant son importance pour la sécurité collective. « Avec nos partenaires de Lockheed Martin, nous créons désormais en Allemagne la base industrielle nécessaire à des systèmes de défense modernes », a déclaré Armin Papperger.

Cette coopération transatlantique s’ajoute à d’autres initiatives visant à renforcer les capacités de défense européennes, notamment après les annonces faites lors du sommet de l’Otan à Ankara. Les deux groupes n’ont pas communiqué de calendrier précis pour la mise en service de la nouvelle usine, mais ont confirmé que les discussions techniques et industrielles étaient déjà engagées.

Et maintenant ?

La prochaine étape consistera à finaliser les détails opérationnels de la coentreprise, notamment la répartition des investissements et la planification des premières productions. Une fois les autorisations réglementaires obtenues, les travaux pourraient débuter d’ici la fin de l’année, avec une mise en service progressive à partir de 2027, date à laquelle l’usine de moteurs-fusées d’Unterlüß doit entrer en activité. Le succès du projet dépendra aussi de la capacité des deux industriels à sécuriser des commandes supplémentaires auprès des armées européennes et de l’Otan.

Reste à voir si cette initiative inspirera d’autres partenariats similaires dans le secteur de la défense européenne. Pour l’heure, les regards se tournent vers Unterlüß, où une page de l’industrie militaire transatlantique pourrait s’écrire.

Les missiles Atacms ont une portée maximale de 300 kilomètres, ce qui leur permet de frapper des cibles stratégiques à longue distance. Ce système est utilisé pour des missions de frappe de précision contre des infrastructures ennemies ou des concentrations de troupes.

Le site de Rheinmetall à Unterlüß, en Basse-Saxe, est déjà un pôle industriel majeur pour la défense en Europe. Il emploie près de 4 000 salariés, dispose d’une expertise confirmée dans les systèmes d’armes et abrite une usine de moteurs-fusées en cours de finalisation. Ce choix permet aussi de répondre aux besoins croissants des armées européennes en réduisant les dépendances vis-à-vis des États-Unis.