Seuls deux films réalisés par des femmes figurent dans la compétition principale de la 83e édition de la Mostra de Venise, qui s’est ouverte le 27 août 2026. Une situation qui a poussé Maggie Gyllenhaal, présidente du jury, à s’interroger sur les critères de sélection du festival italien. Selon nos confrères de Libération, celle qui occupe ce rôle pour la première fois depuis le début de sa carrière cinématographique a pointé du doigt la rareté des projets portés par des réalisatrices.
Ce qu'il faut retenir
- Deux films de femmes en compétition principale sur la sélection officielle de la Mostra de Venise 2026, dont le festival s’est ouvert le 27 août.
- Maggie Gyllenhaal, présidente du jury, a questionné la sélection en soulignant le manque de candidatures féminines.
- Le directeur artistique de la Mostra, Alberto Barbera, défend la sélection en évoquant le faible nombre de soumissions issues de réalisatrices.
Une sélection en demi-teinte pour les réalisatrices
Sur les vingt films retenus pour la compétition principale de cette édition, à peine deux sont l’œuvre de femmes. Un constat qui a surpris plus d’un observateur, d’autant que Maggie Gyllenhaal, nommée à la présidence du jury, n’a pas manqué de le souligner. « Qui décide de ce qui a de la valeur ? », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse, interrogeant ainsi les mécanismes de reconnaissance des talents féminins dans l’industrie cinématographique. Le festival italien, l’un des plus prestigieux au monde, se retrouve donc au cœur d’un débat sur l’équité dans la sélection des œuvres.
D’après Libération, Alberto Barbera, le directeur artistique de la Mostra, a tenté de justifier cette faible représentation. Selon ses propos rapportés par le quotidien, le manque de films réalisés par des femmes en compétition s’expliquerait avant tout par un déséquilibre dans les candidatures reçues. « Le problème ne vient pas de notre sélection, mais du fait que très peu de réalisatrices soumettent leurs films », a-t-il précisé.
Un débat récurrent dans le cinéma mondial
Cette polémique n’est pas nouvelle dans le paysage cinématographique. Chaque année, les festivals internationaux sont pointés du doigt pour leur sous-représentation des réalisatrices, malgré des avancées notables ces dernières années. En 2025, par exemple, seulement trois films de femmes avaient été sélectionnés en compétition officielle à Cannes. Autant dire que le problème persiste, malgré les engagements affichés par l’industrie.
Maggie Gyllenhaal, dont le parcours en tant qu’actrice et réalisatrice est reconnu, n’est pas la première à interroger ces mécanismes. En 2023, la réalisatrice Justine Triet avait remporté la Palme d’or à Cannes pour Anatomie d’une chute, mais la compétition comptait alors seulement deux films réalisés par des femmes. Côté, la situation semble similaire, avec des chiffres qui peinent à évoluer significativement.
Pour l’heure, la polémique rappelle que, malgré les progrès, l’industrie cinématographique a encore du chemin à parcourir pour atteindre une parité réelle dans la reconnaissance des talents féminins. Un débat qui dépasse largement les frontières de Venise et s’inscrit dans une réflexion globale sur la place des femmes dans le 7e art.
Selon Alberto Barbera, directeur artistique de la Mostra, la faible représentation s’explique par un manque de candidatures de la part des réalisatrices. Une explication qui laisse sceptiques certains observateurs, pointant plutôt les biais historiques et structurels du secteur.