Selon Ouest France, les groupes armés malien repartent à l’offensive. Après des attaques coordonnées en avril contre les forces de Bamako, le Front de Libération de l’Azawad (FLA) — mouvement indépendantiste touareg — et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lié à Al-Qaïda, ont mené de nouvelles opérations armées ce samedi 5 juillet 2026. Ces actions visent directement les positions de la junte militaire au pouvoir, désormais soutenue par des forces russes. Une stratégie qui illustre la persistance de la menace sécuritaire dans une région déjà fragilisée par des années de conflits.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux groupes armés alliés : le FLA et le JNIM ont mené des attaques conjointes samedi 5 juillet contre les positions gouvernementales maliennes.
  • Objectif déclaré : affaiblir la junte militaire au pouvoir, en place depuis le coup d’État de 2020, et ses alliés russes engagés dans la lutte antiterroriste.
  • Méthode répétée : ces attaques s’inscrivent dans une stratégie de harcèlement visant à épuiser les forces régulières, comme lors des offensives d’avril 2026.
  • Contexte sécuritaire dégradé : le Mali reste en proie à une insurrection djihadiste et à des revendications autonomistes touarègues, malgré la présence de mercenaires russes.

Des offensives coordonnées pour fragiliser Bamako

D’après Ouest France, les assauts lancés samedi par les rebelles touaregs et les djihadistes ont ciblé plusieurs zones stratégiques, notamment dans le nord du pays. Ces régions, historiquement instables, sont devenues le théâtre de combats récurrents entre les groupes armés et les forces gouvernementales. Les combats, qui se poursuivent depuis l’aube, ont déjà fait plusieurs victimes parmi les militaires maliens et leurs alliés, selon des sources locales citées par le quotidien. « Les groupes armés cherchent à démontrer leur capacité à frapper à tout moment », a indiqué un analyste sécuritaire basé à Bamako, sous couvert d’anonymat.

La junte militaire, arrivée au pouvoir par un coup d’État en août 2020, tente depuis de consolider son autorité face à une opposition armée de plus en plus organisée. La présence de mercenaires russes du groupe Wagner — officiellement engagés pour soutenir les forces maliennes dans la lutte contre le terrorisme — n’a pas suffi à endiguer la progression des groupes armés. « L’alliance entre djihadistes et indépendantistes touaregs prend de l’ampleur, autant dire qu’elle représente un défi majeur pour Bamako », a souligné le même analyste.

Un défi sécuritaire persistant malgré les soutiens extérieurs

Depuis 2012, le Mali est confronté à une crise multidimensionnelle, mêlant insurrection djihadiste, revendications autonomistes et instabilité politique. Le JNIM, principal groupe djihadiste du pays et affilié à Al-Qaïda, a multiplié les attaques depuis 2017, visant aussi bien les forces maliennes que les civils. Côté touareg, le FLA milite pour l’indépendance de l’Azawad, une région du nord du Mali, et a déjà engagé des négociations avec Bamako dans le passé, avant de reprendre les armes.

« La junte a tenté de renforcer ses capacités militaires avec l’aide russe, mais la coordination entre les différents groupes armés rend la situation extrêmement volatile », a expliqué un responsable de l’ONU basé à Genève, contacté par Ouest France. Les attaques de samedi s’inscrivent dans une logique de « guerre d’usure » visant à épuiser les ressources de l’État malien, déjà affaibli par des années de crise économique et de sanctions internationales. Les djihadistes, quant à eux, profitent de cette instabilité pour étendre leur influence, notamment dans les zones rurales.

« La junte a cru pouvoir stabiliser le pays avec l’appui russe, mais la réalité est que les groupes armés, qu’ils soient djihadistes ou indépendantistes, ont su s’adapter et renforcer leurs alliances. C’est une menace qui ne faiblit pas. »

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une intensification des combats, alors que la junte malienne tente de mobiliser ses forces pour contrer cette nouvelle offensive. Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU est prévue ce mardi 8 juillet pour évoquer la dégradation de la situation au Mali. Par ailleurs, des sources diplomatiques à Bamako indiquent que des discussions seraient en cours entre la junte et certains groupes touaregs modérés pour tenter de désamorcer la crise. Reste à voir si ces efforts porteront leurs fruits, ou si le pays s’enfonce davantage dans le chaos.

La situation humanitaire, déjà préoccupante, risque de se détériorer encore, avec un risque accru de déplacements massifs de populations. Les acteurs internationaux, notamment la France et les pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), devraient être sollicités pour tenter de trouver une issue à ce conflit qui s’éternise.