Manija, une cheffe d’origine tadjike, a troqué une carrière diplomatique contre l’ouverture de sa pizzeria parisienne, Pizza Sorelle, où elle marie recettes italiennes et spécialités de son pays d’origine. Selon Franceinfo - Culture, son parcours illustre une reconversion professionnelle motivée par la passion culinaire et le désir de transmettre un héritage culturel.
Ce qu'il faut retenir
- Manija, née au Tadjikistan, a exercé comme diplomate avant de se reconvertir dans la cuisine en France.
- Son restaurant, Pizza Sorelle, ouvert en octobre 2024 à Paris, propose des pizzas et des spécialités tadjikes comme les samboussa carvati ou les mantu.
- Après un début difficile en 2026, elle a bénéficié d’un élan de solidarité grâce aux réseaux sociaux, lui permettant de stabiliser son activité.
- Son objectif est d’embaucher des femmes dans sa cuisine et d’ouvrir un second restaurant dédié aux spécialités tadjikes, confié à sa mère.
Une carrière diplomatique marquée par les inégalités
Née au Tadjikistan, Manija a d’abord travaillé comme diplomate au ministère des Affaires étrangères, plus précisément au bureau des protocoles. « J’ai vu des hommes être promus après moi, alors que rien ne changeait pour moi », a-t-elle expliqué à Franceinfo - Culture. Cette expérience l’a convaincue de quitter son pays pour la France, où elle a tenté de représenter son pays à l’Unesco. Sans succès, elle a enchaîné les petits boulots — commerciale, photographe — avant de se tourner vers une reconversion radicale.
C’est en 2020, pendant le premier confinement lié à la pandémie de Covid-19, qu’elle a pris le temps de réfléchir à ses aspirations profondes. « J’étais en apnée, je vivais pour les attentes des autres », confie-t-elle. C’est à ce moment qu’elle se souvient de sa passion d’enfant pour les pizzas, un rêve qu’elle avait mis de côté pour des raisons financières. Une révélation qui allait tout changer.
La pizza, un rêve d’enfance devenu réalité
L’histoire de Manija avec la pizza remonte à son enfance en Union soviétique, où ce plat était quasi inconnu. « Je me souviens d’un film où une part de pizza dégoulinait de fromage. Ça m’a marqué à vie », raconte-t-elle. Ce souvenir lointain est devenu une obsession, puis un projet professionnel. Après avoir suivi une formation de pizzaiolo à Rome, elle a complété son apprentissage en France avant d’ouvrir son restaurant à Paris en octobre 2024.
À Pizza Sorelle, elle propose des pizzas classiques, mais aussi des plats inspirés de sa culture d’origine. Parmi eux, les samboussa carvati, des feuilletés à la viande ou aux légumes, ou encore les mantu, des raviolis traditionnellement servis lors des fêtes familiales au Tadjikistan. « Chaque plat a une signification et une histoire », souligne-t-elle, voyant dans sa cuisine un moyen de partager sa culture avec le public parisien.
Un début d’activité difficile, mais une issue positive
Les premiers mois de Pizza Sorelle n’ont pas été faciles. Manija a dû faire face à la fermeture temporaire de son établissement, une épreuve qui aurait pu mettre fin à son aventure entrepreneuriale. Pourtant, c’est grâce à des influenceurs culinaires que son restaurant a gagné en visibilité sur les réseaux sociaux. Cette exposition a déclenché un élan de solidarité, lui permettant de rebondir et de poursuivre son activité.
Aujourd’hui, elle se concentre sur la stabilisation de son entreprise et nourrit un projet ambitieux : embaucher des femmes dans sa cuisine. « Je constate qu’elles n’ont pas assez accès aux postes en restauration », explique-t-elle. Un engagement qui s’inscrit dans une démarche plus large de promotion de l’égalité professionnelle dans son secteur.
Un deuxième projet : un restaurant 100 % tadjik à Paris
Manija ne compte pas s’arrêter là. Elle rêve d’ouvrir un second établissement entièrement dédié aux spécialités tadjikes, une idée qui lui tient particulièrement à cœur. « Ma mère, policière au Tadjikistan, est réputée pour sa cuisine », raconte-t-elle. En effet, sa mère est souvent sollicitée pour préparer des repas lors des fêtes et des mariages, au point que les voisins la désignent comme « celle qui a la main qui a du goût ». Un héritage culinaire que Manija souhaite perpétuer en France en confiant les rênes du futur restaurant à sa mère.
Pour l’heure, elle se donne pour mission de pérenniser son premier établissement et de concrétiser ce second projet, qui pourrait voir le jour d’ici quelques années. Une façon de concilier réussite professionnelle et transmission culturelle, deux piliers de son parcours.
Son histoire illustre une tendance croissante chez les professionnels de la restauration : allier passion, héritage culturel et entrepreneuriat. Une démarche qui répond à une demande des consommateurs pour des expériences culinaires authentiques et diversifiées.
Le restaurant propose notamment les samboussa carvati, des feuilletés à la viande ou aux légumes, ainsi que les mantu, des raviolis traditionnels servis lors des fêtes familiales au Tadjikistan.
Après une carrière de diplomate marquée par des inégalités professionnelles, elle a redécouvert sa passion pour la pizza lors du confinement de 2020. Ce déclic l’a poussée à se former et à ouvrir son restaurant en octobre 2024.